"Werewolf : The Apocalypse – Earthblood", du jeu de rôle au jeu vidéo

"Werewolf : The Apocalypse – Earthblood", du jeu de rôle au jeu vidéo

29 janvier 2021
Jeu vidéo
Werewolf : The Apocalypse – Earthblood
"Werewolf : The Apocalypse" – Earthblood Cyanide/Nacon/Bigben Interactive
Le studio français Cyanide s’apprête à sortir l’adaptation très attendue du jeu de rôle Loup-garou : L’Apocalypse, sous le titre Werewolf : The Apocalypse – Earthblood. Un titre d’action-RPG (Role Playing Game) dont le réalisateur, Julien Desourteaux, nous raconte l’élaboration.

Comment est né Werewolf : The Apocalypse – Earthblood ? S’agissait-il d’une commande ou d’un projet initié en interne ?

Nous étions plusieurs à Cyanide à être fans de l’univers World of Darkness – auquel se rattache Loup-garou : L’Apocalypse – et de leurs jeux de rôles, et cela faisait un moment que nous rêvions d’en tirer un jeu vidéo. Quand nous avons eu l’opportunité de créer le premier jeu adapté de Loup-garou : L’Apocalypse, nous avons sauté sur l’occasion et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous avons proposé notre vision de cette adaptation. Elle a été très bien accueillie à la fois par White Wolf Publishing [la société qui édite le jeu de rôle, NDLR] et notre éditeur [Bigben Interactive, NDLR].

Qu’est-ce qui vous semblait pouvoir faire un bon jeu vidéo dans la mythologie et l’univers de Loup-garou : L’Apocalypse ?

L’univers sombre et mature du jeu nous intéressait particulièrement, et surtout, cette fiction dans laquelle on joue le monstre nous permettait de dénoncer des problèmes environnementaux qui sont d’actualité depuis plusieurs décennies.

De plus, le fait que les loups-garous soient en capacité de changer de forme nous offrait des possibilités intéressantes à exploiter au niveau du gameplay. Cela permet de donner au joueur une certaine liberté d’approche dans les situations qu’il rencontre tout au long de son aventure.

Durant l’élaboration du jeu, vous avez travaillé avec White Wolf Publishing, qui édite le jeu de rôle original. Comment s’est déroulée cette collaboration et à quel point ont-ils été impliqués ?

Ce fut une collaboration très cordiale, à travers laquelle nous avons pu travailler main dans la main. Ils nous ont prodigué conseils, retours et validations tout au long de la production. En phase de préproduction, nous avons fait des workshops afin de définir l’histoire que nous allions raconter et faire ressortir l’essence même de la licence Werewolf.
Nous avons aussi été invités à une réunion regroupant beaucoup d’autres acteurs participant à l’enrichissement et au développement de l’univers World of Darkness, afin de pouvoir échanger. Ils sont également venus nous soutenir durant les présentations à l’E3 [Electronic Entertainment Expo, NDLR]. Et nous avons eu l’occasion d’échanger avec des fans venus à la PDXCON [organisée par l’éditeur de jeux vidéo Paradox, NDLR] afin de s’assurer que la direction de notre jeu était la bonne.

Comment résumeriez-vous le scénario et le principe du jeu ?

C’est l’histoire de Cahal, un vétéran « garou » de la tribu Fianna, qui à la suite d’un événement tragique doit quitter son clan. Au service de la cause environnementale en tant que ronin (mercenaire solitaire), il apprend que son ancienne meute est en danger et décide de revenir défendre leur territoire envahi par Endron, une multinationale pétrolière qui détruit la nature en implantant de multiples structures visant à exploiter la moindre ressource naturelle. En protégeant ce territoire, Cahal sera embarqué dans une quête plus personnelle qui l’amènera à voyager et à découvrir la partie immergée de l’iceberg.

Werewolf : The Apocalypse - Earthblood Cyanide/Nacon/Bigben Interactive/DR

 

Je crois savoir que vous avez hésité pendant un certain temps avant de définir le genre du jeu. En quoi l’action-RPG correspondait le mieux à cette adaptation ?

Pas tout à fait, puisque dès notre première proposition nous savions que nous voulions un jeu plutôt orienté action avec des composantes de RPG, car le combat et la rage sont l’essence même des loups-garous. De plus, les trois formes proposées dans le jeu (le loup, l’humain et le loup-garou) et les mécaniques gameplay qui en découlent, correspondent vraiment au genre action-RPG.

La question de la rage et de la colère semble effectivement être centrale dans Werewolf : The Apocalypse – Earthblood. Comment cela se traduit-il à la fois dans le gameplay et dans le scénario ?

La rage est la composante principale d’un garou. Je ne vais pas trop en révéler, mais si elle se fait sentir dans l’histoire, c’est surtout dans le gameplay qu’on verra concrètement ses effets : il s’agit d’une véritable ressource que le joueur devra gérer et construire, afin de la libérer en utilisant des capacités particulières.

Il y a quelque chose de très industriel dans la direction artistique du jeu, de quelle façon l’avez-vous imaginée ? Le design du personnage principal, quand il se transforme en loup-garou, a-t-il été un casse-tête ?

Pour la direction artistique, nous voulions un contraste fort entre la beauté vibrante de la nature et le côté froid et insalubre de l’industriel. Nous avons utilisé des machineries vétustes, datées et austères pour la plupart des installations d’Endron, afin de forcer encore plus le trait et justifier la volonté du joueur à attaquer ce genre de structures, qui ont vocation à détruire ce qui était autrefois un sanctuaire naturel, dévasté et souillé par l’avidité humaine. Concernant les transformations du héros, nous voulions dès le départ quelque chose de rapide, qui n’arrête pas le mouvement initial du personnage lorsqu’elles se produisent. L’idée était de conserver la dynamique dans laquelle le joueur se trouve. Après quelques mois de recherches, nous sommes parvenus à la technique consistant à partir d’un squelette commun entre les trois formes qui se transforme, quel que soit le mouvement dans lequel se trouve le personnage. Cette méthode, couplée à du morphing et un changement progressif de textures, nous a permis de parvenir au résultat escompté.

Capcom et DreamForge Intertainment ont tenté par le passé de développer des jeux autour de Loup-garou : L’Apocalypse, mais finalement aucun n’a vu le jour. Vous êtes-vous inspiré de ce qui avait été fait par vos confrères, et y avait-il chez vous une peur que le projet soit «  maudit  » ?

Ah, la fameuse malédiction du loup-garou ! (Rires.) Nous savions que de nombreuses tentatives, très ambitieuses pour l’époque, avaient été avortées. Nous les avions d’ailleurs suivies dans le passé. Mais n’étant pas de nature superstitieuse, nous y avons plutôt vu une belle opportunité de réaliser la première adaptation de cette licence que nous aimions, et aussi de faire notre premier jeu dans lequel le combat aura une place primordiale.

Werewolf : The Apocalypse – Earthblood, disponible le 4 février sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series et PC.