Remise du rapport de René Bonnell : Le financement de la production et de la distribution cinématographiques à l’heure du numérique

Paris, le 8 janvier 2014

Il y a un an, en janvier 2013, se réunissaient à la demande de la Ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, les premières « Assises pour la diversité du cinéma français ».

Ces débats entre tous les acteurs de la profession ont rappelé la force et la pertinence du modèle de financement et de développement de notre industrie cinématographique. Mais ils ont aussi confirmé la nécessité de l’adapter, de le moderniser.

D’une part, il s’agissait de préserver ses principes fondateurs, qui ont démontré leur force et leur efficacité, en corrigeant les difficultés actuelles : manque de fonds propres du secteur, hausse du coût de certains films, partage des risques non équilibré, concentration des financements et de la diffusion, bipolarisation de la production, difficulté d’exposition des films fragiles.

D’autre part, il fallait adapter le cinéma à la révolution numérique qui bouleverse complètement le mode de diffusion et de consommation des œuvres, et qui permet l’arrivée de nouveaux acteurs, puissants et mondialisés.

L’année 2013 a donc été celle d’une réflexion stratégique et collective sur le financement de la production et de la distribution cinématographique à l’heure du numérique.

Une trentaine de personnalités du monde du cinéma ont, au sein du groupe de travail, partagé leur vision prospective et stratégique pour maintenir, à l’heure du numérique, une pluralité de la production fondée sur des modèles économiques durables. Leur réflexion a largement nourri le rapport de René Bonnell, sans que ce rapport ne prétende résumer ou synthétiser la diversité des positions exprimées dans le groupe.

Dans le même temps, le CNC a mené, sous l’égide d’un comité d’experts, une étude approfondie sur l’évolution de l’économie des films français sur 8 ans (plus de 1200 films soit 92% des sorties, entre 2004 et 2011) qui a alimenté les travaux du groupe de suivi.

Le rapport présenté s’articule autour de trois axes majeurs :
  • un constat approfondi sur l’économie du secteur (production, distribution, exploitation, vidéo, télévision) et la situation des relations entre les différents acteurs de la filière économique ;
  • les perspectives d’évolution des différents marchés, de l’industrie cinématographique (salles, vidéo, TV, exploitation, internet) et de l’alimentation du fonds de soutien à moyen terme ;
  • les orientations stratégiques souhaitables pour adapter le système de financement et de développement du cinéma à l’ère du numérique.
 
A ces travaux, se sont ajoutés ceux du groupe de 18 professionnels – réalisateurs, producteurs, techniciens – réunis autour de Pascal Ferran et de Katell Quillévéré. Ils ont élaboré un document de réflexion et une vingtaine de propositions pour un meilleur financement du cinéma d’auteur.

L’ensemble de ces travaux constitue une base de travail majeure pour les discussions à venir.
Dans son rapport, René Bonnell présente une vision globale de l’évolution du secteur, et met en avant 50 mesures concrètes pour améliorer, moderniser l’économie de la filière et le fonds de soutien, préserver ses principes fondamentaux et adapter le cinéma à la révolution numérique.

Ces mesures portent principalement sur :
  • un partage de risques plus équilibré, fondé sur une transparence accrue (rendus de comptes, audits à rendre plus fréquents) et une maîtrise des coûts de production (présentation modifiée des devis, modulation des financements encadrés en fonction des pratiques) ;
  • Le financement de la production : lutte contre la bipolarisation grâce notamment à la réorientation du préfinancement (préachat des chaines de télévision, SOFICA, soutien public) et l’apport de capitaux complémentaires (crowdfunding, modèle alternatif de production intégrant la distribution) ;
  • La diffusion des films sur les différents marchés : chronologie des médias, aménagement de la distribution des films de la diversité dans les salles, soutien et contribution accrue de la vidéo à la demande et de l’export dans l’économie des films.
Ces mesures, qui relèvent de champs différents (pratiques professionnelles, réglementation, soutien public), seront, après une large concertation auprès des organisations professionnelles, l’objet de décisions courant 2014.

Dès la fin du mois seront mis en place plusieurs groupes de travail reprenant les principaux axes du rapport. L’ensemble des propositions seront étudiées et discutées dans ce cadre. A l’issue de ces travaux et de cette concertation, les mesures retenues seront prises par voie d’accord interprofessionnel, par voie réglementaire ou législative.

Ce rapport constitue une feuille de route stratégique pour construire collectivement notre vision du cinéma de demain. Il nous offre l’opportunité de réaffirmer les grands principes fondateurs du système, mais aussi de l’adapter à un environnement numérique et mondialisé.

Consulter le rapport :
> rapport de René Bonnell "Le financement de la production et de la distribution cinématographiques à l’heure du numérique"

Consulter les documents présentés à l'occasion des Assises
:

> L'étude "L’économie des films d'initiative
> La présentation de l'étude "L’économie des films d'initiative française"