Rapport d'activité 2016

Rapport d'activité 2016

Rapport d'activité 2016
  • Type de publication : Bilan
  • Année : 22/02/2018

Ce rapport d'activité annuel du CNC détaille les mesures mises en œuvre par le Centre pour remplir l'ensemble de ses missions dans le champ du cinéma, de la création audiovisuelle et de la création numérique, de l'innovation, de la vidéos, des industries techniques et des univers interactifs, que ce soit en matière de soutien à la création, de diffusion culturelle, d'accompagnement des nouveaux talents, de politique territoriale, de protection du patrimoine cinématographique ou de promotion et de la défense du cinéma en Europe et dans le monde.

70 ans après la création du CNC, la France est, de loin, le premier marché européen du cinéma, en nombre de salles (dont plus de la moitié sont classées art et essai), en fréquentation, avec encore un record historique de 213 millions d’entrées en 2016, soit le deuxième plus haut niveau depuis 50 ans. C’est la preuve d’un attachement profond aux salles et la marque qu’elles ont su répondre aux attentes du public, aux aspirations nouvelles de la société, de toutes ses générations, notamment par une offre diversifiée de films.

70 ans après la création du CNC, notre secteur, cinéma et audiovisuel réunis, est une filière économique considérable pour notre pays. Il représente près de 1 % du PIB, soit plus que l’industrie pharmaceutique ou l’industrie automobile. Mais dans un contexte de vive concurrence fiscale entre les pays, il fallait armer notre filière pour consolider cette réussite économique. Nous avons pour cela augmenté massivement, grâce au Parlement, le crédit d’impôt. Cette mesure a eu un succès spectaculaire puisqu’elle a permis, en un an, de relocaliser 500 M€ de dépenses, et de créer près de 20 000 emplois sur tout notre territoire.
De même, l’animation française, filière d’excellence qui connait une compétition internationale féroce, devait être renforcée. Nous l’avons fait par une réforme de notre soutien visant à relocaliser notamment les tâches créatives et de fabrication et par la revalorisation du crédit d’impôt. Là aussi, les effets ont été immédiats : une dizaine de studios d’animation ont été créés en 2016 à Lyon, Valence, Paris ou à Angoulême…
et de nombreux producteurs ont rapatrié tout ou partie de leur fabrication en France.

Il fallait aussi réussir à intégrer pleinement les géants du numérique à notre écosystème. Fin 2016 le Parlement a adopté le principe de la taxe dite « YouTube », pour que les plateformes gratuites, au même titre que les payantes, soient soumises à la taxe vidéo afin de financer la création. Ce fut une victoire importante, rassemblant des parlementaires de tous bords, convaincus que le sort de l’exception culturelle se jouait sur YouTube aujourd’hui, Facebook, Snapchat et bien d’autres encore, demain.

La globalisation nous imposait aussi de revoir notre stratégie à l’international. La France est le deuxième exportateur de films au monde, mais il nous faut aujourd’hui être présent sur tous ces nouveaux marchés qui se développent très rapidement en Asie, en Amérique latine, ou en Afrique. C’est le sens de la réforme très ambitieuse à l’export que nous venons de lancer, et qui multiplie par quatre les soutiens à la diffusion internationale des oeuvres, pour aider tous les films à mieux s’exporter.

Enfin, nous avons donné un nouveau souffle à notre politique territoriale, grâce au tour de France que nous avons réalisé tout au long de l’année à la suite de la réforme territoriale, afin d’élaborer avec les élus, une nouvelle génération de conventions État-CNC-Régions qui élargissent et renforcent la politique cinématographique et audiovisuelle en région.
Comme conclusion, j’aimerais citer Pedro Almodovar : « La France est le seul pays d’Europe inspiré par une véritable volonté politique d’aider le secteur cinématographique… Au bout du compte, tous les pays regardent la France comme une espèce de rêve improbable. » Toute notre action est orientée vers la préservation, vers l’agrandissement même, de ce rêve qui met la création au coeur de la puissance économique et culturelle de notre pays.

Très bonne lecture !
Frédérique Bredin
Présidente du CNC