Cinéma et tourisme font bon ménage à Dunkerque

Cinéma et tourisme font bon ménage à Dunkerque

26 janvier 2018
Cinéma
Dunkirk
Photo du film Dunkirk Copyright Agence / Bestimage
La sous-préfecture du Nord a su bénéficier et tirer profit du tournage de « Dunkirk », le dixième long métrage de Christopher Nolan.

Christopher Nolan aura-t-il un jour une rue portant son nom à Dunkerque ? La sous-préfecture du département du Nord a en tout cas bénéficié (et su tirer parti) de la dernière réalisation du cinéaste américain. Avec plus de 20 millions d'entrées en Europe et 21 millions aux Etats-Unis, Dunkirk, nominé huit fois aux Oscars,est un réel succès mondial qui offre à la ville des Hauts-de-France une véritable vitrine à l'international. L'effet positif du film pour la ville a été évoqué au cours de la table ronde Tournages et tourisme organisée par le CNC et Film France à l'occasion du Paris Images Tradeshow.

Selon un sondage réalisé par l'office du tourisme de la ville, 32 % des touristes de l'été 2017 ont vu le film. 28 % sont venus grâce à celui-ci et 24 % ont souhaité découvrir les lieux de tournage (sorties en mer pour voir les épaves, Dynamo Tour en minibus…). La fréquentation de la ville a nettement augmenté et s’est internationalisée : +176% de touristes anglais en juillet, +536% en août, ainsi qu’une progression des touristes allemands, belges et néerlandais. Le musée de la ville a, lui, accueilli deux fois plus de visiteurs et a bénéficié d’un petit lifting pour l’occasion (changement de nom, nouvelle muséographie).

Un « effet Dunkirk » dont ne peut que se réjouir Sabine L’Hermet, la directrice de l’Office de tourisme de la ville. « Le tournage a été un événement en soi, se souvient-elle. Il y a des films qui ont par la suite d’importantes retombées économiques et connaissent un succès en salles, mais dont les tournages sont beaucoup plus intimistes – par exemple Bienvenue chez les Ch’tis, filmé dans la région, n’avait pas été un événement particulier ». Cela n’a, ici, pas été le cas. « Christopher Nolan a une grosse renommée, dans le monde entier, et il a complètement transformé, pour les besoins de son film, le front de mer. Il y avait 1500 figurants… C’était un spectacle en soi : Dunkerquois et étrangers se sont déplacés en nombre pour le voir ! ». La municipalité estime les retombées économiques du tournage sur place à près de 9 millions d’euros.

Balades touristiques, parfum et ours en peluche

La municipalité a très tôt pris conscience de l’aubaine que représentait le film et décidé d’en tirer parti, insistant notamment auprès du réalisateur pour que le tournage ait lieu sur les lieux des événements, ou encore que le nom de la ville figure dans le titre. Une cellule cinéma a été mise en place pour accompagner le tournage, du début à la fin. Mais l’action ne s’est pas arrêtée là. « Les prises de vues ont eu lieu en mai-juin 2016, presque entièrement sur le site de l’Opération Dynamo, poursuit Sabine L’Hermet. Dès le mois de septembre 2016, un comité de pilotage a été mis en place pour prolonger l’événement, notamment au moment de la sortie du film (juillet 2017). Nous avons fortement préparé celle-ci, à partir du mois de mai ».

A partir de cette date, tout un panel d’actions et d’activités a été proposé pour créer un écosystème autour de Dunkirk. Un programme de découverte intitulé « Dunkerque Dynamo : Terre-Air-Mer » en cohésion, donc, avec l’approche thématique et visuelle de Nolan dans son long métrage,  a été mis en place. Il inclut balades à pied, visites guidées sur les lieux du tournage et des événements en minibus, bateau et avion léger. Une exposition, « L’envers du décor » propose également jusqu’en juillet 2018 de découvrir certains décors du film, que la municipalité est parvenue à conserver.

Opération Dynamo

Un visuel reprenant les codes de l’Opération Dynamo a également été créé et décliné sur toute une gamme de produits (t-shirts, sweats, tote-bags, magnets…). Un concours photo a été organisé pour valoriser celui-ci. « Cela pourrait sembler bassement mercantile, mais c’est un moyen pour les habitants et les touristes de s’approprier l’Histoire et la ville, et d’afficher avec fierté le nom de Dunkerque, alors que ce n’était pas forcément gagné d’avance », sourit Sabine L’Hermet. Un parfum a même été créé pour l’occasion, ainsi qu’une série d’ours en peluche à l’approche des fêtes de fin d’année.

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