De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman

De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman

De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman

Lycéens et apprentis au cinéma, dossier maître

On le sait peu, mais Paul Newman, loin des rôles hollywoodiens qui lui ont valu son statut d'icône dès les années 1950, a lui-même réalisé quelques films — des portraits âpres et touchants de relations entre père et fils ou mère et fille. Tourné avec sa femme, l'actrice Joanne Woodward, et leur fille aînée Nell Potts, De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites raconte le quotidien d'une mère veuve au bord de la crise de nerfs et de ses deux filles adolescentes qui aimeraient bien grandir sereinement. La cadette, passionnée de sciences à l'école, se lance dans une expérience sur les effets de la radioactivité sur les fleurs. Paul Zindel, l'auteur de la pièce qu'adapte Newman, a trouvé dans ce jardinage sous rayons une métaphore idéale : comment échapper aux névroses de ses parents ? Ancré dans un réalisme psychologique hérité du théâtre de Tennessee Williams que Newman et Woodward connaissaient bien, le rôle de Beatrice Hunsdorfer, mère possessive et femme désillusionnée, prêtait au huis clos théâtral. Mais Newman l'aère pour saisir sur pellicule une Amérique nixonienne à la veille d'une crise économique. Le film ne transige pas avec la violence des relations humaines qu'il met en jeu, mais il invente par la mise en scène, entièrement tournée vers les actrices, une douceur qui tranche avec les spécimens les plus « rentre-dedans » du cinéma du Nouvel Hollywood.