Claude Bolling, une carrière multiple à la longévité exceptionnelle

Claude Bolling, une carrière multiple à la longévité exceptionnelle

31 décembre 2020
Cinéma
Tags :
Claude Bolling
Claude Bolling DR
Les mondes du cinéma et du jazz sont endeuillés par la disparition à 90 ans du célèbre compositeur, pianiste, chef d’orchestre et arrangeur.

Boris Vian (pour qui il avait composé les musiques de J’suis snob, La java des bombes atomiques ou encore On n’est pas là pour se faire engueuler) l’avait rebaptisé « Bollington ». Et nul surnom n’aurait pu mieux raconter Claude Bolling, immense pianiste, chef d’orchestre, compositeur et arrangeur de jazz, disciple du grand Duke Ellington, disparu ce mercredi 30 décembre à l’âge de 90 ans. Un véritable enfant prodige qui a débuté sa prolifique carrière aux côtés d’un certain Lionel Hampton alors qu’il n’avait que 14 ans, avant d’enregistrer son premier disque à 18 ans et de créer en 1956 le Claude Bolling Big Band à la longévité exceptionnelle puisqu’il n’y mettra fin que lorsqu’il décidera de se retirer de la scène en 1994. Son amour du jazz l’a conduit au fil de toutes ces années au sommet du Billboard américain pendant… 530 semaines avec Suite pour Flûte et Jazz Piano Trio  (associé au célèbre flûtiste français Jean-Pierre Rampal) comme dans les salles les plus mythiques tel le Carnegie Hall à New-York.

Mais cet amour n’était pas exclusif. Claude Bolling a aussi exercé son talent sur le terrain de la variété en travaillant pour Juliette Greco, Henri Salvador ou encore Brigitte Bardot pour laquelle il arrangea La Madrague. Il participa aussi à la création d’un des groupes les plus populaires des années yé- yé, Les Parisiennes, et ses célèbres tubes d’Il fait trop beau pour travailler à L’Argent ne fait pas le bonheur. Années yé-yé dont il composa aussi en quelque sorte l’un des hymnes avec le générique de l’émission télé d’Albert Reisner, Âge tendre et têtes de bois.

Claude Bolling, c’est 180 disques, 150 chansons, plus de mille concerts mais aussi 110 musiques de films. Une love story avec le grand écran entamée en 1955 avec le court métrage documentaire musical de Jacques Guillon, Bonjour cinéma, dont il a composé la musique en compagnie de Sidney Bechet. Après cette introduction, il travaille en solo pour Edmond T. Gréville (Les Mains d’Orlac), René Clément (Le Jour et l’heure), Pierre Granier-Deferre (Les Aventures de Salavin) puis de voir son destin basculer en 1970 avec le Borsalino de Jacques Deray, pour lequel Alain Delon,  qui y faisait ses débuts de producteur, a tenu à ce qu’il en signe la BO. Une œuvre qui a traversé les époques et les générations, tout comme sa musique de la série Les Brigades du Tigre. Edouard Molinaro (La Mandarine) Philippe De Broca (Le Magnifique), René Goscinny et Morris (Lucky Luke), Pierre Tchernia (La Gueule de l’autre) mais aussi quelques Américains comme Herbert Ross (California Hôtel avec Jane Fonda) et Paul Mazursky (Willie & Phil avec Margot Kidder) ont par la suite fait appel au talent de Bolling. Ce dernier fut nommé deux fois aux César, la première en 1986 pour On ne meurt que deux fois de son complice Jacques Deray et la seconde en 1999 pour Hasard et coïncidences de Claude Lelouch qu’il avait co-composé avec Francis Lai. S’il ne remporta finalement aucun César, il fut par contre lauréat d’un 7 d’Or en 1989 pour La Garçonne, un téléfilm dont Marie Trintignant tenait le rôle principal.