Comment rendre un tournage écolo ?

Comment rendre un tournage écolo ?

05 juin 2019
Cinéma
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Illustration environnement
Illustration environnement Bela Geletneky/Pixabay
La Journée Mondiale de l’Environnement, que l’on célèbre ce mercredi 5 juin, est l’occasion de s’interroger sur les pratiques éco-responsables des productions audiovisuelles. Un tournage écolo, ça existe. Voilà comment ça marche.

Limiter et recycler les déchets

Le principal problème sur les tournages est le gâchis. Des gobelets en plastique aux repas, des décors aux impressions de papier pour les contrats et scénarii, une grande partie de ce qui fait le quotidien des productions génère des déchets. Ecoprod, une démarche collective lancée en 2009 par des acteurs du secteur audiovisuel, qui vise à réduire l’impact environnemental de l’industrie, a mis au point un guide de l’éco-production. Parmi les mesures proposées, on trouve nombre de conseils astucieux : imprimer recto-verso systématiquement et privilégier la dématérialisation des documents, instaurer un portant à gobelets afin que chacun garde le sien pour éviter ainsi de les jeter systématiquement, éviter les bouteilles d’eau en plastique, et enfin, pour réduire le gaspillage alimentaire, donner les restes du jour aux membres du tournage qui le désirent ou à des associations locales.

Être vigilant sur la consommation d’énergie

Le bilan carbone du secteur audiovisuel est lourd. Il émet environ 1 million de tonnes équivalent CO2 dans l'atmosphère chaque année – soit l’équivalent de 410 000 Paris- New-York !-, et ce, sans compter la fabrication des télévisions. Environ le quart est directement lié aux tournages : le transport et la consommation d’électricité sont les deux principaux responsables. Au préalable, il est nécessaire d’évaluer cette consommation. Cela peut se faire grâce à un outil mis en place par Ecoprod pour aider les entreprises audiovisuelles à réduire leur impact sur l’environnement : le Carbon’Clap.
Quelques mesures simples peuvent mettre la production plus en accord avec l’environnement comme privilégier les visioconférences afin de limiter les déplacements. Pour le transport des équipes, avoir plutôt recours aux voitures hybrides -particulièrement intéressantes en ville- et pas vraiment plus coûteuses à la location. Il faut aussi penser à organiser le gardiennage des camions quand on tourne plusieurs jours d’affilée dans un même lieu.
En ce qui concerne les tournages en extérieurs qui demandent l’apport d’un groupe électrogène, Ecoprod conseille de questionner les municipalités sur l’existence des branchements forains.

Pour les décors, penser à la récup’

Les décors et les costumes d’un film sont uniques par nature. Et pourtant, avec un peu d’effort, il est possible de réutiliser certains éléments existants sans trahir sa direction artistique. Des organismes comme « la réserve des arts » en région parisienne ou « ArtStock » en région PACA sont spécialisés dans la récupération et le reconditionnement des décors, costumes et accessoires.
Si on ne peut pas échapper à la construction, mieux vaut utiliser pour les décors du bois labellisé durable et veiller à recycler les chutes de matériaux.

Faire appel à un référent « développement durable »

C’est la dernière mode aux Etats-Unis ! Les « sustainable manager » font désormais partie des studios et des équipes. Il ne s’agit pas de se donner bonne conscience en employant un « gendarme Vert » sur chaque tournage qui viendra trier la table régie. Le rôle du référent est de penser en amont aux économies d’énergie possibles, et donc d’envisager des économies budgétaires. Ainsi, l’éco-superviseur Emellie O’Brien a annoncé qu’elle avait permis à Sony de faire 400 000 dollars d’économies sur le tournage de The Amazing Spider Man : Le destin d’un héros.
Certains consultants sont même engagés en amont pour « verdir » le scénario. Le mieux n’est-il pas de donner l’exemple à l’écran ? On pourra donc désormais admirer dans le nouveau James Bond, en tournage, le célèbre agent secret au volant d’une Aston Martin… 100% électrique.