Jean-Max Causse, une vie de cinéma

Jean-Max Causse, une vie de cinéma

14 janvier 2026
Cinéma
Jean-Max Causse
Jean-Max Causse Ivan Guéorguiev Canetti

Grande figure de l’exploitation parisienne, Jean-Max Causse a œuvré sa vie durant à promouvoir et défendre un cinéma exigeant. Longtemps à la tête des cinémas Action avec Jean-Marie Rodon, celui qui fut également réalisateur, distributeur et acteur, a poursuivi son engagement au sein de La Filmothèque du Quartier Latin aux côtés de son fils François. Il s’est éteint le 2 janvier 2026.


Jean-Max Causse nous a quittés le 2 janvier 2026 à l’âge de 85 ans, emportant avec lui tout un pan de l’histoire de la cinéphilie parisienne. Ce natif de Bourg-en-Bresse démarre sa carrière dans le milieu en 1966 quand il fonde, aux côtés de son comparse Jean-Marie Rodon (1938-2016), son premier cinéma, l’Action Lafayette, dans le 9e arrondissement de Paris. La première pierre d’un réseau – l’Action République, l’Action Christine, l’Action Christine bis, le Grand Action et Action Écoles – que le duo va développer au fil des années et rendre mythique aux yeux des cinéphiles de la capitale.

Dès son arrivée à Paris, Jean-Max Causse fréquente assidument la Cinémathèque française. Il y rencontre son cocréateur Henri Langlois, qui devient un de ses fervents inspirateurs. Dans la lignée de ce dernier, Jean-Max Causse, féru de cinéma classique notamment américain – western en tête – déploie au sein du réseau Action une programmation ambitieuse et novatrice, faisant (re) découvrir aux spectateurs de la capitale des classiques oubliés.

Inlassable passeur

Chaque ressortie au sein du réseau est événementialisée et attire les foules à l’image de la première présentation française en 3D du Crime était presque parfait (1954) d’Alfred Hitchcock, de la venue du réalisateur américain Douglas Sirk pour la reprise de Mirage de la vie (1959) ou encore de la ressortie en grande pompe du classique The Shop Around the Cornor (1940) d’Ernst Lubitsch, œuvre majeure longtemps oubliée après sa distribution à la va-vite en 1945. Jean-Max Causse soutient également la restauration de pépites comme celle de Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah (1973), qu’il va projette par la suite. Mais sous sa houlette et celle de Jean-Marie Rodon, les cinémas Action font aussi la part belle aux premiers films, accueillant les débuts de jeunes cinéastes comme Jim Jarmush, Gaspar Noé, ou encore Isild Le Besco.

Quand le duo d’exploitants se sépare en 2004, Jean-Max Causse reprend avec son fils François le cinéma Quartier latin dans le 5e arrondissement. Tous deux le rénovent et le rebaptisent La filmothèque du Quartier latin. Le cinéma, qui se compose de deux salles, offre une programmation éclectique, diffusant des œuvres en version restaurée tout en accueillant des rétrospectives mais également des festivals.

Tout au long de sa carrière, Jean-Max Causse a joué un rôle de passeur, faisant découvrir à des générations entières les grands classiques du cinéma. L’exploitant est également passé derrière la caméra à plusieurs reprises, d’abord en coréalisant avec Roger Taverne, en 1972, Le Franc-tireur, film de guerre et récit des derniers jours de la Résistance dans la France occupée de 1944, puis en signant des courts métrages, dont le dernier, Cinéma, en 2019. Il est apparu par ailleurs dans plusieurs films, notamment Charly d’Isild Le beso, en 2007.

Enfin, Jean-Max Causse a égaement exercé en tant que distributeur, via la société La Filmothèque Distribution (ex Ciné Sorbonne), continuant à œuvrer encore et toujours en faveur de la promotion d’un cinéma ambitieux et de son accès au plus grand nombre.