L’image de la semaine : quand Georges Méliès visait la Lune

L’image de la semaine : quand Georges Méliès visait la Lune

19 juillet 2019
Cinéma
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Le Voyage dans la Lune
Le Voyage dans la Lune
Alors que le monde célèbre les 50 ans de la mission Apollo 11 de la Nasa, au cours de laquelle des hommes ont marché pour la première fois sur la Lune, retour sur Le Voyage dans la Lune, le premier film sur la conquête spatiale.

« Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité ». 21 juillet 1969. Devant des centaines de millions de téléspectateurs dans le monde, Neil Armstrong devient le premier homme à poser un pied sur la Lune. Il est suivi quelques minutes plus tard de Buzz Aldrin, le deuxième des trois astronautes de la mission Apollo 11 de la Nasa (Michael Collins est lui resté dans l’espace pendant l’alunissage).

Si La Lune a fait rêver des ingénieurs, astronautes et anonymes du monde entier, elle a également inspiré de nombreux réalisateurs, dont Georges Méliès. Bien avant l’exploit de la Nasa, le cinéaste dévoilait sa vision de la conquête spatiale dans Le Voyage dans la Lune, en s’inspirant de deux classiques : First Man in the Moon de H.G. Wells et De la Terre à la Lune de Jules Verne. Réalisé en 1902 par ce pionnier du septième art, ce court métrage d’un peu plus de dix minutes suit l’organisation par plusieurs savants d’une expédition sur la Lune, leur alunissage et leur rencontre avec des extraterrestres, les Sélénites.

Premier film de science-fiction – et premier film évoquant la conquête de cet objet céleste -, Le Voyage dans la Lune est une œuvre révolutionnaire. Considéré comme l’inventeur des effets spéciaux, l’ancien prestidigitateur qu’est Georges Méliès déploie dans ce film une large palette de trucages, alors même que le film sort moins de dix ans après l’invention du cinéma (le brevet déposé par les frères Lumière date de 1895). Il utilise ainsi la surimpression ou encore la « substitution par arrêt de prises de vue » qui consiste, après avoir arrêté de tourner, à enlever ou remplacer un élément de la scène avant de reprendre la prise de vue.

Trois mois de tournage, et une équipe composée de comédiens, danseuses du ballet du Théâtre du Châtelet et acrobates des Folies Bergères, ont été nécessaires pour tourner les trente tableaux de ce court métrage muet plein de fantaisie – la Lune avec une fusée dans l’œil en témoigne -, de fantastique et de poésie. Succès populaire à sa sortie, ce film ressorti en 2008 en version colorisée et tombé dans le domaine public en 2009, est une pierre angulaire de l’histoire du 7e art.