Petit lexique du cinéma d’animation

Petit lexique du cinéma d’animation

29 mai 2020
Cinéma
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La Planète sauvage de René Laloux
La Planète sauvage de René Laloux Films Armorial - DR - TCD
De « Character Design » à « CGI » en passant par « Cut-Out », quelques mots-clés pour tout comprendre du langage employé dans le cinéma d’animation.

Animation en volume

Technique d’animation qui permet de créer un mouvement à partir d’objets immobiles (marionnettes, pâte à modeler, figurines…) filmés image par image après avoir été légèrement déplacés. Les poulets de Chicken Run, film de Nick Park et Peter Lord pour les studios Aardman, procèdent de cette technique. Pour ce film, il a fallu modeler plus de 400 poulets. Les protagonistes possédaient une quarantaine de becs correspondant aux sons des dialogues.

Animation 3D

Cette technique d’animation utilise des logiciels spécifiques qui permettent de créer des images de synthèse en volume. Le dessin n’est plus en deux dimensions mais en trois dimensions, les personnages et les décors ont du relief. C’est sous la houlette d’Ed Catmull et Alvy Ray Smith, avec le Pixar, un ordinateur spécialement conçu pour traiter et modéliser les images, que l’animation 3D prend son envol au milieu des années 80. Le premier court métrage réalisé entièrement avec cette technique est Luxo Jr (1986) de John Lasseter. Le premier long, Toy Story réalisé en 1995 par le même John Lasseter, viendra révolutionner le genre.

Animation de sable

Cette technique utilise du sable disposé sur une plaque de verre. A l’aide d’un pinceau l’animateur dessine une figure et décompose les mouvements qu’il veut créer. La caméra est placée au-dessus de la plaque de verre éclairée, quant à elle, par en dessous. L’animateur joue ensuite avec les ombres et la lumière pour accentuer l’impression de mouvement.

Anime

Au Japon, le terme « Anime » (prononcer « animé ») désigne tout ce qui se rapporte à l’animation. Mais dans le reste du monde, le terme recouvre exclusivement l’animation japonaise, qu’elle soit diffusée à la télévision sous forme de séries ou projetée au cinéma sur grand écran.

CGI – Computer Generated Imagery ou Effets spéciaux numériques

Il s’agit de la création d’un contenu visuel immobile ou animé avec un logiciel d’images de synthèse. Les effets spéciaux numériques ont des applications dans de nombreux domaines comme l’architecture, le design, l’ingénierie, le jeu vidéo mais aussi la réalité virtuelle. La génération d’images par ordinateur peut se faire via plusieurs méthodes. La plus courante consiste à utiliser des algorithmes pour générer des formules mathématiques fractales complexes. Ainsi au cours des années, l’augmentation des processeurs a permis d’accélérer les techniques de calcul et de simuler des éléments réputés irréalisables comme l’eau (Dragons), la fourrure (Monstres et Cie) ou la glace (La Reine des Neiges).

Character Design

Le terme englobe tout ce qui se rapporte à la conception d’un personnage, à la fois dans le cinéma d’animation et dans le jeu vidéo. Sa conception visuelle, ses accessoires, ses costumes, ses expressions corporelles et faciales, son environnement (lieux, véhicules, symboles favoris…). On peut également inclure dans le « Character Design » tout ce qui a trait à sa psychologie et son historique, afin que les animateurs puissent avoir le maximum de matière. Généralement, des animateurs s’occupent exclusivement d’un ou de plusieurs personnages.

Cut-out

Technique particulière d’animation image par image où les objets animés sont constitués de morceaux de papier découpés (« cut-out paper » en anglais). Dans son aspect le plus basique, c’est l’une des formes les plus économiques du cinéma d’animation puisqu’il ne s’agit que de photographier les papiers dans des positions différentes. Mais le cut-out peut être très raffiné : René Laloux a utilisé une technique de cut-out dans La Planète sauvage tandis que Michel Ocelot dans Princes et princesses essaie d’obtenir un rendu proche du théâtre d’ombres (des silhouettes de marionnettes en papier éclairées par derrière) mais avec l’aide de l’ordinateur.

Cellulo

Abréviation de « celluloïd », le terme désigne en réalité des feuilles de plastique transparent (acétate de cellulose) sur lesquelles les animateurs peuvent peindre directement. Leur superposition permet de contrôler en permanence le résultat d’une animation. Il suffit ensuite de les photographier et de les reproduire sur pellicule à la vitesse voulue pour animer un film. Avec l’arrivée des outils informatiques, la technique des cellulos a été très largement abandonnée au début du XXIème siècle.

Key Animator (ou chef animateur)

Il supervise les chartes graphiques de taille et de proportion pour chacun des personnages individuellement, puis collectivement, ainsi que pour les décors. Il dirige les équipes d’animateurs qui travaillent en parallèle à la conception définitive des personnages et des décors et définit le rythme de production. Le chef animateur veille aussi à la continuité.

Layout

Dans la conception du film animé, le layout est l’étape qui suit le storyboard. La personne qui en est chargée - on parle de layout man - doit dissocier tous les plans du story-board en éléments indépendants (qu’il s’agisse des personnages, des décors, des éléments fixes, des mouvements de caméra…) afin de faciliter le travail des animateurs, qui pourront ensuite fabriquer réellement l’image animée.

Peinture animée

Comme son nom l’indique ce procédé utilise la technique de la peinture ou du dessin. Avant même que les frères Lumière n’inventent le cinéma, Emile Reynaud peignait sur des plaques de verre des dessins qu’il accrochait ensuite sur un long ruban de tissus. Il faisait ensuite défiler le tout pour créer l’illusion du mouvement. Ces « pantomimes lumineuses » sont les ancêtres du cinéma d’animation. La peinture animée a bien sûr évolué avec le temps. Outre la peinture sur verre, il existe la rotoscopie qui prend comme base des images préexistantes retouchées ensuite par le cinéaste.

Rotoscopie

La rotoscopie consiste à dessiner directement, et image par image, sur des prises de vue réelle. Les animateurs tracent les contours et les formes des personnages et des décors. Ce travail se faisait à l’origine à la main, sur un panneau de verre dépoli (le rotoscope). On utilise désormais l’ordinateur et des logiciels dédiés à cette tâche. L’un des plus récents exemples d’utilisation de cette technique est La Passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman.

Stop motion

Technique d'animation qui consiste à animer physiquement des objets (personnages en pâte à modeler, marionnettes…) en prenant des photos de leurs différentes positions. Chaque geste sera ainsi découpé en de nombreux clichés, qui mis bout à bout et joués rapidement donnent l’impression d’un mouvement fluide.

Story-board

En animation comme dans le cinéma traditionnel, le story-board est une étape indispensable de la pré-production. Il prend la forme d’une succession de vignettes dessinées, permettant de planifier l’ensemble des plans du film (la durée, le cadre, l’échelle, les décors, les effets spéciaux, les personnages présents et leurs déplacements, les mouvements de caméra…).