Cinq films qui ont marqué l’histoire du cinéma luxembourgeois

Cinq films qui ont marqué l’histoire du cinéma luxembourgeois

22 août 2019
Cinéma
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Gutland
Gutland Novak Productions - Les Films Fauves - Propeller Film
Le Luxembourg succède à Haïti comme pays mis à l’honneur au Festival du film francophone d’Angoulême qui se tient jusqu’au 25 août.  L’occasion de donner un coup de projecteur sur cinq films qui ont marqué l’histoire du cinéma luxembourgeois.

Troublemaker d’Andy Bausch (1987)

Il faut attendre le début des années 80 pour que se développent réellement des productions cinématographiques au Luxembourg. Cette comédie policière signée Andy Bausch est l’une des premières à rencontrer un gros succès populaire intra muros, malgré un tournage mouvementé interrompu près d’un an par manque de financements. On y suit deux repris de justice qui se lient d’amitié derrière les barreaux et rêvent ensemble d’Amérique. Troublemaker fait découvrir Thierry van Werveke, qui débute alors sa carrière d’acteur. Il s’illustre par la suite dans Le Temps du loup de Michael Haneke avant de s’éteindre prématurément en 2009 à l’âge de 50 ans. Considéré encore aujourd'hui comme LE film culte luxembourgeois, Troublemaker connaît deux suites : Back in trouble en 1997 et Le Club des chômeurs en 2003.

Schacko Klak de Paul Kieffer et Frank Hoffmann (1989)

Ce film est celui de toutes les premières. Premier long métrage luxembourgeois en 35 mm et première production dans laquelle le gouvernement du Grand-Duché décide d’investir pour fêter le 150ème anniversaire de l’indépendance du pays. Schacko Klak raconte le quotidien d’un petit village luxembourgeois en 1942 sous l’occupation nazie. A l’instar d’Un village français quelques décennies plus tard, cette adaptation du roman de Roger Manderscheid était envisagée au départ comme une série de 4x52 minutes qui aurait narré la vie de cette bourgade de 1936 à 1944. Mais faute de moyens, les réalisateurs durent recentrer le récit sur une seule année, et le raconter en 90 minutes. Le film rencontra néanmoins un franc succès au Luxembourg et poussa le gouvernement à développer et intensifier sa politique de soutien au septième art

Nuit de noces de Pol Cruchten (1992)

Mort brutalement au cours de l’été 2019 à l’âge de 55 ans, Pol Cruchten, formé à l’ESEC en France, était l’une des figures majeures du cinéma luxembourgeois. Il reste à ce jour le seul cinéaste du Grand-Duché à avoir été invité en sélection officielle au Festival de Cannes pour son premier long métrage de fiction, projeté dans la section Un Certain Regard en 1993. Cruchten y plongeait dans l’enfer d’un couple de jeunes mariés (l’héritière d’une famille bourgeoise et son époux issu d’un milieu beaucoup plus modeste) rongé par leur addiction à la drogue. Nuit de noces, tout comme Black Dju (avec Philippe Léotard) font partie de la sélection des films luxembourgeois projetés cette année à Angoulême.

Mr Hublot de Laurent Witz et Alexandre Espigares (2013)

En mars 2014, Laurent Witz et Alexandre Espigares entrent dans l’histoire du cinéma luxembourgeois en apportant au Grand-Duché son tout premier Oscar. Celui du court métrage d’animation pour ce Mr Hublot, portrait d’un vieux garçon célibataire dont la vie bien réglée et solitaire est perturbée par l’arrivée d’un chien dans son appartement. Ce film de douze minutes, qui a mis trois ans à voir le jour, est inspiré par une statuette créée par le sculpteur belge Stéphane Halleux.

Gutland de Govinda Van Maele (2018)

Quelques mois avant d’aller tourner Phantom Thread de Paul Thomas Anderson qui allait la révéler aux yeux du monde entier, la comédienne luxembourgeoise Vicky Krieps s’est illustrée devant la caméra de son ami d’enfance, Govinda Van Maele. Gutland, premier long de Van Maele, est un thriller dans lequel un fugitif tente de s’intégrer dans une communauté villageoise qui le considère en intrus. Doublement sacré (film et actrice) lors de l’équivalent des César luxembourgeois en 2019, Gutland a représenté son pays dans la course à l’Oscar 2019 du meilleur film en langue étrangère.