John Cassavetes en 5 films

John Cassavetes en 5 films

04 juin 2019
Cinéma
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Gloria
Gloria DR - T.C.D
À l’occasion de la rétrospective qui lui est consacrée à la Cinémathèque française (jusqu’au 22 juin), retour en cinq films sur la carrière de John Cassavetes.

SHADOWS (1959)

Avec son premier film, John Cassavetes pose les bases du cinéma indépendant américain qui allaient déboucher sur l’émergence du Nouvel Hollywood dix ans plus tard. Acteur de formation, vu notamment dans L’Homme qui tua la peur de Martin Ritt (1957), Cassavetes a tourné Shadows au sein d’un club de théâtre qu’il a monté à New York. Avec ses comédiens noirs (là encore un geste précurseur), il imagine un canevas autour d’une bande d’amis tentés par la vie de bohème. Spontané et improvisé avec un budget réduit, Shadows est le cousin américain -et le contemporain- d’À bout de souffle de Jean-Luc Godard.

 

HUSBANDS (1970)

Le film du grand tournant pour John Cassavetes qui tourne sans sa femme Gena Rowlands mais trouve deux de ses comédiens fétiches (le troisième étant Seymour Cassel) : Ben Gazzara et Peter Falk. Ils incarnent avec Cassavetes un trio d’amis atteints par la crise de la quarantaine à la suite du décès d’un quatrième larron. Lorsque Harry (Gazzara), après une dispute avec sa femme, veut rallier Londres, Gus (Cassavetes) et Archie (Falk) décident de le suivre. Un grand film de potes sur le sens de la vie, de l’amour et de l’amitié, véritable bouillonnement d’émotions contradictoires.

 

UNE FEMME SOUS INFLUENCE (1974)

Mariée à Cassavetes depuis 1954, Gene Rowlands se voit offrir par son époux le premier de ses très grands rôles, l’archétype de son emploi chez lui : celui d’une femme très belle et très névrosée. En l’occurrence une mère de famille ne supportant plus la vie étriquée que lui propose son ouvrier de mari (Peter Falk). Le mythe Rowlands s’est véritablement mis en place à partir de ce film-étalon, l’un des plus célèbres et des plus aboutis de Cassavetes.

 

OPENING NIGHT (1977)

Les cinéphiles se battent encore pour savoir qui d’Une femme sous influence ou d’Opening night contient la plus grande performance de Gena Rowlands. Les deux films se valent en termes d’intensité de jeu et d’implication de l’actrice qu’on sent au bord du gouffre tant elle est habitée par ses personnages. Elle incarne ici une star de théâtre que la mort d’une admiratrice va plonger dans un abîme de doutes et de perplexité quant à son statut et à sa vie personnelle. Grand film sur la dépression et l’alcoolisme, Opening night est le chef d’œuvre du couple Cassavetes-Rowlands.

 

GLORIA (1980)

De tous les films de Cassavetes, c’est le plus « grand public », celui où le cinéaste abandonne momentanément le registre de la chronique dramatique et du portrait de femme incandescent pour le cinéma de genre. Gena Rowlands y joue une call-girl qui prend sous son aile un enfant pourchassé par des mafieux. Cassavetes n’étant pas Scorsese, le film de poursuite avec ses figures imposées est moins tendu que le portrait de femme, explosif. Et Gloria prouve que, même dans un cadre ultra codifié, Cassavetes était capable de rester lui-même.