« Action… Formation ! » : Sensibiliser les professionnels de demain à l’éco-production

« Action… Formation ! » : Sensibiliser les professionnels de demain à l’éco-production

20 juillet 2023
Professionnels
Action-Formation

Dispensé depuis la rentrée 2022 gracieusement auprès de 19 écoles volontaires, le module Action… Formation ! s’insère dans le plan ACTION ! mis en œuvre par le CNC. Son objectif : permettre aux futurs professionnels du secteur cinématographique, audiovisuel et des industries techniques de mieux appréhender les enjeux environnementaux et d’apprécier les actions concrètes qu’ils pourront décliner dans leurs métiers.


Sensibiliser les étudiants aux enjeux climatiques et les initier aux bonnes pratiques en faveur des productions d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles écoresponsables. Tel est le défi lancé par le CNC à travers le plan ACTION !. Depuis juin 2021, cette politique publique a pour ambition d’accompagner les professionnels du cinéma, de l’audiovisuel et des industries techniques dans leur transition écologique et énergétique.

Un atelier interactif, ludique et pédagogique

Parmi les actions développées par l’intermédiaire du plan ACTION !, la sensibilisation des étudiants aux enjeux climatiques de la filière et de ses différents métiers. Ainsi, en octobre 2022, les premières sessions ont été organisées dans des écoles volontaires. Conçu, organisé et financé par le CNC avec le soutien de BNP PARIBAS et AUDIENS, cet atelier a été conçu pour le CNC par le groupement OXALYS : La Base, Secoya et le Bureau des acclimatations. Il s’adresse aux étudiants d’école de cinéma et d’audiovisuel en France ainsi que leurs enseignants. L’objectif : former gratuitement 6 000 étudiants d’ici la fin de l’année scolaire 2025-2026.

Imaginés de manière interactive et pédagogique, ces modules de formation, délivrés à des groupes de 25 à 30 élèves, sont dispensés par trois organismes : ECOPROD, L’EVEILLEUR et ELEMEN’TERRE sur l’ensemble du territoire français. D’une durée de trois heures, cette sensibilisation s’articule en trois temps : les grandes notions du changement climatique, les impacts de la filière sur l’environnement et les leviers d’action pour y faire face, sous forme de cas pratiques.

Quelques jours avant l’atelier, les étudiants répondent à un questionnaire préparatoire. Outre susciter l’implication des étudiants en amont, le questionnaire permet d’évaluer leurs perceptions et leur niveau de connaissances des enjeux traités durant la formation.

"Action… Formation !" - Verbatim de la régisseuse générale
Donner confiance et les motiver

Valentine Marou, régisseuse et assistante réalisation, est également formatrice pour Ecoprod. Ayant animé onze sessions durant l’année scolaire 2022-2023, elle raconte : « Mon rôle est d’accompagner les étudiants dans leur compréhension des différentes notions abordées. Des notions parfois complexes qui m’obligent à adapter mon discours selon la réaction des étudiants. Par exemple, la première partie, appelée la « battle du climat », concerne les enjeux climatiques généraux – il s’agit de ma partie préférée car elle propose aux étudiants de faire appel à leur logique et connaissance au sujet du dérèglement climatique. Il arrive que cette notion provoque un sentiment d’éco-anxiété chez des élèves qui se demandent à quoi bon changer de comportement puisque l’empreinte de l’homme sur l’environnement est devenue indélébile – comme avec l’introduction du plastique -, puisqu’il est trop tard pour faire machine arrière, etc. Or, le simple fait de citer des pistes concrètes d’action (telles que diminuer sa consommation de viande, privilégier les transports en commun ou le train lors des déplacements, ou encore consommer des produits locaux) pour réduire les impacts de nos activités suffit bien souvent à les rassurer, à leur donner confiance et à les motiver. »

François Azria, référent de la filière production à 3IS Bordeaux, approuve : « Cette formation brosse un état des lieux de notre filière encourageant. Le cinéma est plutôt bon élève : des choix radicaux ont déjà été opérés ces dernières décennies avec la disparition de l’usage du 35 mm qui était une source de grande nuisance chimique. Les lampes aux HMI et à fluorure ont été remplacées par des LED - une révolution en termes de consommation énergique et de dissipation de la chaleur… C’est important de rappeler à nos étudiants que les évolutions – positives ou négatives - dans le secteur environnemental se font de manière très rapide, et qu’aujourd’hui, il est temps d’agir. Cette formation coordonnée par le CNC est à mon sens une première étape pour changer la donne dans le bon sens ».

Prendre en compte la dimension écologique dans chaque projet professionnel

La deuxième partie de la formation se présente sous forme de quizz ludiques : le premier concernant les impacts environnementaux de l’industrie cinématographique et audiovisuelle, le second sur les enjeux spécifiques de la production. L’objectif : démontrer la dépendance de l’industrie aux énergies fossiles, prendre conscience de sa nécessaire transition pour anticiper les chocs énergiques à venir et donner quelques clés simples mais indispensables pour agir efficacement.

« Cette formation n’a pas vocation à faire de nos étudiants des spécialistes de l’environnement, mais de faire en sorte que, dans chacun de leurs futurs projets, la dimension écologique soit prise en compte spontanément» explique -t-il. « J’ai assisté à l’une des quatre sessions dispensées par Marion Ser, formatrice pour Elemen’terre, au cours de l’année. Les étudiants se sont montrés particulièrement attentifs et concernés, c’est encourageant ! Pourtant, ce n’est pas simple de capter l’attention d’un auditoire âgé en moyenne de 19-20 ans. Mais Marion a su les sensibiliser à leur mode de consommation, les encourager à adopter d’ores et déjà des bonnes pratiques individuelles et collectives sans alimenter l’éco-anxiété - car les étudiants d’aujourd’hui rencontrent de l’anxiété dans bien des domaines.

Valentine Marou d’approuver : « Il faut parfois redoubler d’inventivité pour capter leur attention. Un exemple : j’aime beaucoup observer leurs réactions lorsque je leur apprends qu’il y a 30 000 ans, les températures de la planète ne dépassaient pas les 10°C et que Marseille était peuplé de… pingouins ! ».

Une troisième partie, dédiée à la mise en pratique des notions analysées propose aux étudiants de découvrir des portraits de professionnels, tels que la productrice, l’auteur-réalisateur ou encore la régisseuse générale, présentant différentes problématiques liées à leur métier. Les questions du transport des équipes sur un tournage, l’alimentation, la gestion des déchets, le recyclage des décors, l’empreinte environnemental du tournage… sont autant de questions qui incitent à la réflexion.

Responsabiliser tout un chacun sur le monde qui nous entoure

« Cette formation permet non seulement de favoriser la conscience professionnelle, mais aussi de responsabiliser tout un chacun sur le monde qui nous entoure » analyse Vincent Lochman, responsable de département à l’Institut national de l’audiovisuel (INA). « L’INA étant une école de professionnels qui forme des professionnels, il était primordial de nous inscrire dans cette démarche d’écoresponsabilité.  A l’école, nous avons déjà quelques bons réflexes, comme le covoiturage, l’attention portée à la sobriété numérique... Pour le moment, seuls nos étudiants en classe alpha (un cursus de formation d’une durée d’un an, gratuite et sans condition de diplôme – ndlr) ont eu l’opportunité de suivre l’atelier Action… Formation ! Mais nous savons parfaitement que ces sujets ne se limitent pas aux étudiants en première année de cursus et qu’ils concernent et intéressent tout autant les étudiants en Bac +3 ou en Master ».

Après une dernière session d’échanges entre l’animateur et la classe sur les notions présentées, un module d’e-learning est mis à disposition des étudiants. Ils y retrouvent les quizz effectués durant la formation, mais aussi différentes ressources bibliographiques, des portraits et des interviews de professionnels engagés, ainsi que des fiches de bonnes pratiques par métier. Enfin, un logo « Actionné ! », que les étudiants pourront faire figurer sur leur CV, vient certifier le suivi de la formation.