Documentaire : fonds d'aide à l'innovation audiovisuelle (développement) - résultats de la commission en 2020

Résultats des commissions

31 décembre 2020


commission du 4 décembre 2020

La Maison d’Amjad de Wadee Hanani
Producteur : Agat films & Cie
Aide accordée : 11 000 €
C’est l’histoire d’une maison qui pèse trop lourd sur les épaules de ma famille, mais surtout sur les miennes. J’ai beau m’être installé et vivre en France, cette maison en ruine m’obsède, me hante, m’empêche de dormir depuis 15 ans. Je décide de faire quelque chose : je retourne dans mon village en Palestine et m’installe dans la seule pièce qui reste debout dans la maison, l’ancienne chambre d’amis. Là, je convoque les membres de ma famille qui peuvent décider de démolir, réparer ou reconstruire la maison d’Amjad. Au fil des discussions et des plans qui s’élaborent, émergent les souvenirs de tout ce que mes proches et moi avons vécu ici avec ma “cousine” préférée, Linan, avant et pendant son mariage avec Amjad, le brillant danseur et le combattant clandestin, jusqu’au jour où les soldats israéliens l’ont tué et ont dynamité leur maison. Toute la mémoire d’un village et d’une communauté se rassemble, une maison vivante et un jardin se dessinent, se reconstruisent peut-être.

Signe(s) d’amante d’Anna Feillou
Producteur : Corpus films
Aide accordée : 12 000 €
C’était une poétesse de la Renaissance. C’était une fille de cordier. C’était une courtisane publique. C’était une femme chaste et vertueuse. On n’a jamais su qui elle avait aimé. Elle était remarquablement cultivée. Elle écrivait d’après sa propre vie. Elle a tout inventé ! C’était une féministe. Ce serait une créature de papier. On l’appelait la Belle cordière... Sa voix a traversé le temps.

Où est passée Shana ? de Lila Pinell
Producteur : Elinka films
Aide accordée : 13 000 €
Alors que je passe beaucoup de temps en compagnie de Shana, celle-ci disparaît. Du jours au lendemain elle est injoignable. Ce n’est pas la première fois que ça arrive depuis notre rencontre. Je pars à sa recherche avec ma caméra, j’interroge ses proches, je découvre son monde.

L’année du cœur de David Noblet
Producteur : Les films de la pépinière
Aide accordée : 13 000 €
Au milieu de la casbah d’Alger, vit l’une des dernières communautés chrétiennes jésuites présentes dans le pays depuis près de deux siècles. Le spectre colonial et les politiques d’évangélisation restent présents dans les esprits, pourtant ces hommes d'Eglise œuvrent quotidiennement au sein de la société algérienne, notamment auprès de sa jeunesse. Cela les place en témoins privilégiés des bouleversements politiques qui agitent le pays et défilent sous leurs fenêtres. Cette vie qu’ils ont choisie, au contact d’une autre culture, d’une autre religion, d’une autre génération aussi, les amènent à sans cesse éprouver leur rôle en tant qu’homme d’église, en tant que croyant, en tant qu’individu.

Istanbullywood, ma mère et moi de Sedef Ecer
Producteur : Quark productions
Aide accordée : 14 000 €
Entre trois et dix ans j’ai été l’enfant-star du cinéma turc, un monde joyeux et laïc rempli de divas et d’héroïnes intrépides, un univers aujourd’hui disparu sous les coups d’état successifs qui ont assombri la Turquie. Ma mère a participé à ce grand moment de liberté. Elle aujourd’hui 85 ans, elle a vit à Istanbul, elle est restée anticonformiste et iconoclaste, son humour est toujours aussi corrosif. Avec les films et ce qui reste de ce passé, nous plongeons dans ce monde perdu de libertés, de bricolages artistiques et de cinéma.

Or de vie ! de Boubacar Sangaré
Producteur : Special touch studios
Aide accordée : 14 000 €
Olivier 14 ans et Dieudonné 16 ans sont deux enfants orpailleurs du site d’or de Kalgouli dans le sud-ouest du Burkina Faso à une quinzaine de kilomètre de la frontière ivoirienne. Dieudonné creuse dans les fosses de 100 mètres de profondeur à la recherche du minerai d’or alors qu’Olivier est charretier dans la cité : le yaar. Le combat qu’ils mènent pour se faire une place sur le site et gagner leur vie, la dureté de leur travail et la responsabilité qu’ils endossent impactent leur être. Leur innocence s’effrite au gré des situations à l’image de l’effet de l’orpaillage sur la nature. Leur espoir demeure de gagner leur vie grâce à l’or.

commission du 2 novembre 2020

12 months of winter de Nicolas Graux
Producteur : Petit à petit production
Aide accordée : 16 000 €
À Magadan, aux confins de la Sibérie, la terre glacée conserve ses secrets : les gisements d’or et les charniers oubliés du Goulag. J’y rencontre le jeune poète Senya. De la psychiatrie au mysticisme, comment son histoire personnelle révèle-t-elle quelque chose des traumas enfouis dans la mémoire collective de Magadan ?

L’Appel du désert de Nathalie Androussoff
Producteur : Drôle de trame
Aide accordée : 15 000 €
Ayoub est berger, il a 9 ans et vit avec sa famille dans le désert de Judée.
Bédouins des territoires occupés de Cisjordanie, leur campement est entouré par un check-point, une colonie et un terrain militaire. Nomades contraints à la sédentarité, indépendants mais entravés, chacun a son rêve de liberté : Mohamed, le père, veut partir pour la Suède ; la tante, Nada, veut étudier. Ayoub, lui, veut continuer de vivre au désert avec sa grand-mère et le troupeau.

Chi lo conosce ? de Martine Deyres
Producteur : Les films du tambour de soie
Aide accordée : 14 000 €
Le cas de l’Inconnu de Collegno fit un savoureux fait divers qui a alimenté les débats en Italie, pendant des décennies. Deux femmes se sont disputées cet inconnu, considéré, par les uns, comme un imposteur ou, au contraire, comme un malheureux amnésique. Tout au long de cette affaire, ce sont les progrès scientifiques qui sont venus valider la (nouvelle) preuve irréfutable qui a accrédité la (nouvelle) véritable identité. En dépliant les strates de cette histoire, le film fera écho à des questionnements qui se posent cruellement à nous aujourd’hui.

Des fouilles de Diana-Elena Munteanu
Producteur : Take shelter
Aide accordée : 15 000 €
Le delta du Danube en Roumanie a hébergé un des pires camps de travail forcé de l’époque communiste – celui de Periprava. Chaque été, l’archéologue Gheorghe Petrov et son équipe font des fouilles pour trouver les squelettes des anciens détenus politiques enterrés en ce lieu. Pendant cette période, le cimetière se transforme en place publique. Différents personnages gravitent autour de ces excavations et chacun possède sa manière d’interagir avec l’histoire et de se l’approprier.

Fuga de Bénédicte Liénard & Mary Jiménez
Producteur : Tu vas voir
Aide accordée : 14 000 €
Saor, jeune queer amazonien, est fasciné par Valentina. Chanteuse transsexuelle, tous les soirs, elle dédie sa chanson « Las Gardenias » à ses amis tombés lors de la guerre sale. Parcourant les villages, traversant fleuves et forêts, Saor remonte le fil du temps. Dans un monde submergé par les spectres du passé, il retrouve les survivants des massacres perpétrés par les terroristes du MRTA et Sentier Lumineux. Saor célèbre la résilience de toute une génération avant lui. Menacé par l’homophobie d’aujourd’hui, il trouve refuge dans l’amour et la force d’une communauté.

Immémorial, chants de la grande nuit de Béatrice Kordon
Producteur : Perspective films
Aide accordée : 14 000 €
La mort est l’horizon de toute existence, et pourtant nous ne savons rien d’elle et ne pouvons rien en dire. Nous ne pouvons que tenter d’en saisir quelques reflets à travers les miroirs que nous lui tendons : mythes, rites, danses… qui deviennent alors comme autant d’espaces où peut se tisser une relation avec l’indicible.

In god we trust de Laetitia Jacquart & Corinne Sullivan
Producteur : Petit à petit production
Aide accordée : 15 000 €
À Glide, une église emblématique du mouvement des droits civiques à San Francisco, Terry, Harry et Pamela travaillent auprès de ceux qui sont sans abris. Alors que la ville de San Francisco vit une crise urbaine sans précédent et que l’église de Glide prend une nouvelle direction, Terry, Pamela et Harry résistent. « In God we trust » raconte leurs luttes intimes et politiques au pied des sièges sociaux des sociétés les plus riches du monde.

Paradise travel de Katharina Wartena
Producteur : Les films d’ici
Aide accordée : 7 000 €
"El Badre, Pompes Funèbres Musulmanes" est une entreprise familiale rue Louis Blanc, dans le 10e arrondissement de Paris. Ces pompes funèbres sont des spécialistes du rapatriement, ce qui fait dire à Ahmed Bensheik, le patron, qu'il dirige "une agence de voyage pour cercueils". La clientèle, exclusivement musulmane, est confrontée au rapatriement des corps dans leur pays d'origine. Le départ de chaque défunt remue leur passé et révèle les liens entre les membres de la famille. Le film nous questionne sur l'attachement que l'on peut avoir - ou non - à son lieu de naissance, sur le sens de ce dernier voyage pour des immigrés qui sont des déracinés. Il interroge l'impact de l'exil et de l'expatriation sur le cours de nos vies.

Perseverance valley de Pauline Julier & Clément Postec
Producteur : La bête
Aide accordée : 14 000 €
Juin 2018, Mars. Le rover Opportunity meurt dans une tempête de poussière après avoir trouvé des traces de la présence de l’eau. De l’autre côté de la planète rouge, un autre rover, Curiosity, à la recherche de traces de vie, pleure la mort de son compagnon et délire sur le sort d’une humanité qui court droit à sa perte.
Pendant ce temps, sur le sol désertique d’Atacama, au Chili, les êtres humains accélèrent toujours plus l'extraction du lithium pour la fabrication des batteries de leurs appareils de communication et de déplacement.

Sur les traces d’Idrissa d’Idrissa Ouedraogo Jr & Léandre-Alain Bakekolo
Producteur : Ladybirds films
Aide accordée : 15 000 €
Idrissa Ouedraogo Junior, 38 ans, est un cinéaste en devenir. Il vient de perdre son mentor, professeur, tonton et homonyme : Idrissa Ouédraogo, le grand réalisateur Burkinabé. Sa mort l’oblige à passer à l’action pour honorer sa mémoire, mais le prive en même temps du seul guide capable de lui montrer le chemin. Junior décide de poursuivre le dialogue post mortem en partant sur les traces d’Idrissa, de ses films, des archives, et de ceux qui l’ont connu. De Paris à Ouagadougou, Dakar, Bamako et Abidjan, il s’embarque dans un voyage initiatique. Via un double portrait qui établit un dialogue entre deux générations de réalisateurs, ce film permet de découvrir un des plus grands cinéastes africains et interroge l’histoire et le devenir du milieu cinématographique d’Afrique de l’Ouest.

commission du 23 juin 2020

L’annonce de Bruno Tracq
Producteur : Supermouche production
Aide accordée : 12 000 €
Comment annoncer une très mauvaise nouvelle ? Comment prendre soin de ce moment où notre monde, notre futur, notre identité vacillent, s’effondrent ? Autour d’Alice Rivières, porteuse de la maladie de Huntington, nous réunirons une incroyable équipe d’alliés pour explorer avec eux ce moment où le résultat du test génétique lui a été annoncé de la pire des manières : comme une prophétie inexorable.

Bonne nuit Boganda d’Andrea Ceriana Mayneri & Edie Laconi
Producteur : Look at sciences
Aide accordée : 16 000 €
Aller à l’écoute d’hommes et femmes exténués mais obstinément vivants et se tenir au milieu d’eux, dans un pays africain en guerre, la Centrafrique. Les rencontrer entre les murs d’un musée national, « lieu de mémoires » ravagé par les récents confits. Et aux côtés de ses employés, qui continuent de prendre leur poste malgré sa fermeture au public, évoquer avec eux un pan de l’histoire du pays, et réfléchir à sa condition actuelle ainsi qu’à celle de ses habitants.

Géographie d’une disparition de Leila Ferault-Levy
Producteur : La Huit production
Aide accordée : 16 000 €
C’est le film d’un lieu, Ashkelon versus al Majdal, en Israël, incarné, raconté par Yitsik, un peintre israélien et par Majdal, une peintre palestinienne. Ashkelon qui a toute l’apparence d’une ville champignon, dissimule les vestiges presque disparus de Majdal et de ses villages palestiniens. Yitsik y est né peu de temps après la création de l’État d’Israël, de parents rescapés de la Shoah. Majdal qui porte son origine comme prénom, est la deuxième génération née à Gaza, après la Nakba, le désastre en arabe, qui marque le début d’un exil sans retour pour la grande majorité des Palestiniens. Tous deux y sont puissamment mais inéquitablement liés, dans un territoire où la terre mère est toujours sous-tendue par des enjeux tant politiques qu’affectifs. C’est de cette fracture, de ces destins qui se font face sans jamais se rencontrer dont témoignera ce film.

Mon fils de Jérôme Clément-Wilz
Producteur : Squaw
Aide accordée : 15 000 €
Diane, québécoise, vit parmi et comme les pauvres sur une plage du sud d’Haïti. Elle reste pour Raphaël, enfant haïtien dont la mère biologique lui a confié la vie à sa naissance, il y a douze ans. Le film raconte leur lutte juridique autant que vitale pour faire reconnaître administrativement leur fragile foyer.

Le passage de Salomé Hévin & Paul Matthey
Producteur : Pivonka production
Aide accordée : 16 000 €
Verechtchaguino. 20.000 habitants, au cœur de l’Oural russe. Travail, discipline, obéissance : tels sont les principes suivant lesquels le père Boris éduque les garçons « difficiles » qui lui sont envoyés par des parents dépassés. Si Nikita, 13 ans, veut rentrez chez lui, il doit changer et s’adapter à son nouveau foyer.

La photo retrouvée de Pierre Primetens
Producteur : Perspective films
Aide accordée : 13000 €
Dans mon enfance, j’ai vécu des évènements traumatisants, subi des actes de maltraitance, qui ont impacté mon être à jamais. J’ai passé ma vie à ressasser ces instants, à tenter d’en comprendre le sens, dans le but de rester vivant. J’arrive aujourd’hui à déchiffrer cette histoire et à désirer la raconter. Mais je n’ai quasiment pas d’image de mon enfance, ni de ma famille. Alors je décide d’emprunter celles des autres…

Rashid le retour à Sinjar de Jasna Krajinovic
Producteur : Ex Nihilo
Aide accordée : 13 000 €
Rashid (13 ans), est un enfant Yésidi qui a passé trois ans dans les prisons de Daech. Il est aujourd’hui revenu à Sinjar dont il est originaire, auprès de sa famille réunie. Malgré son passé douloureux, il parvient à saisir une sorte de bonheur au quotidien : se faire de nouveaux amis, retourner à l’école, découvrir ses talents… Mon désir serait de l’accompagner dans sa reconstruction personnelle, de la sortie de l’enfance jusqu’à l’âge adulte.

Le syndrome de la poule blanche de Aurélie Conquet
Producteur : La Huit production
Aide accordée : 16 000 €
Que retenir d’un film ? D’une époque ? On raconte qu’en Afrique noire, après la projection d’un film de sensibilisation aux problèmes d’hygiène, un spectateur fit état de ce qui avait retenu son attention : « la poule blanche ». La poule blanche ? Mais quelle poule ? La pellicule fut rembobinée, le film reprojeté : il y avait bel et bien une poule blanche, non prévue au scénario, qui s’était invitée dans le champ lors des prises de vue. Moralité : les spectateurs africains n’avaient rien compris…

commission du 13 mai 2020

A l’ombre du périphérique de Valentin Aynod
Producteur : La bête
Aide accordée : 10 000 €
Et si nous partions pour un voyage autour du périphérique de Paris ? Nous découvririons que la route ne manque pas de mystère, qu’elle recèle largement sa part de rêve et sa part de cauchemar. Le périphérique est à la croisée de tous les chemins. Autour de son axe gravitent de multiples réalités distinctes, comme des satellites formant une constellation. Nul besoin d’aller se perdre aux confins du monde, quand l’ailleurs est à portée de main. Aux portes de Paris. Comme on va d’île en île, nous irons de la porte Maillot à la porte d’Aubervilliers, de la porte de la Chapelle à la porte d’Auteuil. Ni navires, ni tempêtes. Des bagnoles, des klaxons et des gyrophares : telle sera notre Odyssée. En guise de mer, le périphérique, route circulaire où grondent mille moteurs.

Chronique d’une décennie de Macha Ovtchinnikova
Producteur : Les docs du Nord
Aide accordée : 14 000  €
Natalia avait 21 ans en 1991 lors du putsch de Moscou. Orpheline, jeune mère célibataire, elle était étudiante à la fac d’histoire à Volgograd, à 1000 km de Moscou. Statufiée dans son passé de ville héros de la Seconde guerre mondiale, Volgograd, l’ancienne Stalingrad, est alors tiraillée par des bouleversements économiques, culturels et idéologiques qui marquent la Russie des années 90.
Natalia est ma mère, nous vivons en France depuis 16 ans, et avec elle je retourne à Volgograd pour explorer nos souvenirs et raconter l’histoire de cet ébranlement, la douleur de la décennie qui l’a suivi, à travers les traces du passé encore profondément ancrées dans le présent.
En circulant dans les rues de sa ville natale, Natalia retrouve ses amies, les membres de sa famille, ses anciens camarades de classe ; ensemble ils évoquent leurs réalités de cette décennie bouleversée : la faim, le froid, la misère, la violence, l’humiliation, la privation.
Je la suis, je recueille ces souvenirs intimes et poignants, je les confronte aux archives officielles ou amateurs qui déploient l’histoire nationale en creux, mais aussi à mon propre regard sur cette époque.

Ciompi d’Agnès Perrais
Producteur : L’image d’après
Aide accordée : 14 000  €
À la fin du Moyen-Âge à Florence en Italie, une révolte des plus pauvres travailleurs, les Ciompi, bouleverse la ville et parvient à renverser le gouvernement. Aujourd’hui à Paris, je dialogue avec un historien militant qui a fait le récit de cet épisode oublié. Ensemble nous évoquons les fantômes de cette histoire pour les faire surgir dans les images du présent, et questionnons les continuités des luttes qui entremêlent mémoire et engagement.

La saison des sas de Bangaly Fofana
Producteur : Drôle de trame
Aide accordée : 12 000  €
Si dehors ou à la maison ce n’est pas jouable, on va où ?
Quand il se met à cailler ou faire moche, les mecs et les meufs de la cité du Marché se retrouvent entre amis dans leurs halls d’immeubles.
Ce sas entre le domicile et la rue devient le carrefour de toutes les scènes de la vie du quartier : conflits, business illicites, vannes cinglantes, et aussi improvisations musicales et amourettes secrètes rythment le quotidien de la cité, en attendant l’été prochain…
La Saison des sas fait le point sur cet endroit où tout se passe, où tout passe, le temps et les gens.

Land of sar de Petra Seliskar & Tancrède Rivière
Producteur : Cinéphage productions
Aide accordée : 15 000  €
Zani a douze ans cette année. Chaque été, il part pour six mois avec son grand-frère Zarif, ses chiens, et son troupeau de moutons dans les pâturages des montagnes de Sar. Les enfants vivent livrés à eux-mêmes, dans une nature à la fois idyllique et hostile, avec la responsabilité d’un grand troupeau, et la pression constante d’une possible attaque de loups. Chaque année, leur père les prépare à ce périple. A regret, car il connaît les dangers de la montagne et il souhaite une autre vie pour ses enfants. Pourtant, Zani semble heureux d’échapper à l’école pour vivre dans les montagnes. Pour son grand frère adolescent, c’est moins évident…
Quand Zani et Zarif dorment à la belle étoile sous la surveillance de leurs chiens géants, à quoi rêvent-ils ?

Les enfants sans terre de René Ballesteros
Producteur : Les films d’ici
Aide accordée : 14 000  €
Dans le Nord de la France, au milieu des années 70, de dizaines d’enfants originaires de l’ethnie Mapuche, au Sud du Chili, furent adoptes. Beaucoup d’entre eux, devenus adultes, vivent aujourd’hui dans la rue ou dans des conditions très difficiles. Ce documentaire se propose, en restant très proche de leurs histoires personnelles, d’explorer comment ils sont arrivés dans le Nord de la France, depuis le sud du Chili, et les accidents du parcours qui les ont amenés a vivre dans la rue.

Les veilleurs du Louvre de Philippe Laine & Stéphanie Magnant
Producteur : La huit production
Aide accordée : 10 000  €
Au musée du Louvre, des hommes et des femmes surveillent nuit et jour les œuvres d’art.
Leur travail consiste à regarder, protéger : les gens, les œuvres, le bâtiment. Ils ne sont pas spécialistes de l’histoire de l’art, ils sont des regardants, des observateurs. Les témoins directs d’un monde singulier. Confrontés à l’invisibilité, l’ennui, le désœuvrement, ils sont aussi au plus près des œuvres et connaissent le musée comme personne.

Luciole dans le noir du temps de Djamel Kerkar
Producteur : Centrale électrique
Aide accordée : 13 000  €
Je traite de la survivance de la mémoire et des utopies, des fantômes de l’histoire qui ressurgissent constamment. Je leurs offre un espace pour se déployer et un corps d’incarnation, celui d’un homme, son environnement, son activité intellectuelle et sa trajectoire. Venant et ayant vécu dans un pays et une culture ou la transmission est dans un forme de débrouillardise, et où le garant mémoriel historique a été égaré ; comme un être qui a perdu son ombre. Ce désir de film émane comme une survie liée à une angoisse collective, à laquelle j’ai envie, personnellement, de me confronter. De dessiner au moins, les contours de l’ombre. Une forme de transmission donc. Luciole dans le noir du temps est un essai filmique documentaire qui puise sa substance dans les trajectoires de vie de Mohammed Harbi et qui renvoient intrinsèquement à l’histoire d’un pays complexe : L’Algérie, et les utopies chimériques des post-indépendances.

Malembe d’Arnaud Marten
Producteur : Special touch studios
Aide accordée : 9 000  €
Via un récit choral dont Yannick et Déborah sont les personnages principaux, Malembe raconte comment, grâce à une association de capoeira au sein de laquelle ils se fédèrent, des jeunes congolais tentent de s’entraider et de pallier les carences sociétales et gouvernementales. Le film se fait le témoin de l'énergie et de l'espoir d'une jeunesse dans le cauchemar quotidien de la vie à Kinshasa. Un quotidien qui, par ses conditions, les pousse à baisser les bras et les dissuade d'entreprendre. Mais ce que Malembe montre surtout, ce sont des adolescents qui, sous l’impulsion de Yannick, modèle charismatique, prennent conscience qu’ils peuvent être l'avenir du continent africain et cherchent à trouver leur place. Déborah, elle, l’a bien compris, et va tout faire pour.

Paradis d’Alexander Abaturov
Producteur : Petit à petit production
Aide accordée : 16 000 €
Sibérie. Aliona, une fille de 11 ans vit avec sa famille près de la taïga – la forêt boréale, la plus vaste au monde. Cet été-là, une canicule anormale s’abat sur la région nordique. La fumée propage avec elle des nouvelles inquiétantes dans le village : la taïga est en feu. Les flammes approchent.

Pierre et nous autre de Coco Tassel
Producteur : Petit à petit production
Aide accordée : 12 000 €
Sylvain pratique l’agriculture intensive sur ses 160 hectares. J’étais petite, Sylvain m’apprenait à sortir d’un champ de maïs « Fonce toujours droit devant ! ». Aujourd’hui, du haut de ses 12 ans, son fils Pierre conduit le tracteur, Sylvain lui s’agrandit, avec 60 % de terres supplémentaires. A l’heure où l’environnement est au centre des interrogations, comment Sylvain va s’y prendre ? Changera-t-il de sillon ou foncera-t-il, avec Pierre, droit devant ?

Wilfried animation de Léo Lagrafeuille
Producteur : Enfant sauvage productions
Aide accordée : 7 000  €
Depuis la maison HLM où il demeure avec sa famille, fils d’ouvrier, Wilfrid initie sa vie d’adulte. Emanation d’un monde détruit et invisible, il tente toujours d’attester autrement sa présence au monde et de ne plus compter pour rien. En plus des petits boulots – rusé et habile – il se propulse sous les feux de la rampe et y anime de grands lotos populaires. En filigrane de son portrait, surgit toute une population délaissée et meurtrie.

commission du 10 février 2020

Charity de Floriane Devigne
Producteur : Les films du balibari
Aide accordée : 12 000 €
Il y a deux ans, Charity Jimohe (28 ans) a franchi la porte d’un commissariat de Nantes pour dénoncer celles et ceux qui la forçaient à se prostituer depuis dix mois, afin de rembourser la dette contractée pour venir en Europe depuis le Nigeria : 35 000 euros.
D’ici quelques mois, la jeune femme se présentera face à la justice, accompagnée de son avocate, maître Anne Bouillon, pour comparaître au procès qui les oppose, elle et d’autres jeunes femmes, au réseau de traite humaine dont elles furent les victimes. Mais d’ici là et depuis trop longtemps déjà, Charity attend l’arrivée en France de ses deux enfants (6 et 8 ans) qu’elle n’a pas revus depuis qu’elle a quitté son pays, il y a quatre ans.

La chica espacio de Christelle Granja & Antoine Prévost
Producteur : Société des apaches
Aide accordée : 14 000 €
Le soir, dans les night-clubs de Los Angeles, Elsa Miriam Escobar, une immigrée mexicaine sans-papiers, se métamorphose en La Chica Espacio, papesse d’une messe exubérante. Ses saludos, dédicaces lancées au micro et retransmises en direct sur les réseaux sociaux, créent un espace virtuel par-delà la frontière mexicaine, où se renouent les liens rompus par l’exil.

Le chien de rouge de Yamina Zoutat
Producteur : Les films d’ici
Aide accordée : 11 000 €
Mohased est convoyeur de sang. Maia, jeune infirmière, transfuse le sang. Angela a donné son sang toute sa vie. Isabelle, greffée du sang, est devenue ce que les médecins appellent une chimère… Dans Paris aujourd’hui, des trajets du sang se révèlent, se dévoilent, reliant les êtres entre eux. Des visions de rouge et des souvenirs surgissent.

Gabin de Maxence Voiseux
Producteur : Alter ego prodution
Aide accordée : 12 000 €
Gabin, 13 ans, le regard frondeur et le ton assuré, a déjà son avenir tout tracé : ce sera la boucherie de son père Dominique – ou peut-être l’abattoir voisin de la maison. Pourtant, chaque mardi, à la sortie de l’école, ce n’est pas à l’abattoir que Gabin se rend mais bien à la danse.

Le mensonge original de Asmae El-Moudir
Producteur : Hutong productions
Aide accordée : 14 000 €
Asmae cherche la vérité dans une famille où le mensonge règne en maître. Oscillant entre histoire personnelle et histoire nationale, la réalisatrice dévoile l’histoire de la révolte du pain en 1981 au Maroc et montre comment cet événement résonne avec la société marocaine contemporaine.

Shabbat salam de Rachel Paul
Producteur : Kaleo films
Aide accordée : 10 000 €
Elham a 21 ans et vient de Kaboul. En août 2017, il s’est installé avec ses frères chez mes parents, en banlieue parisienne. Je suis devenue petit à petit l’aînée d’une famille nombreuse. Aujourd’hui, Elham a le statut de réfugié, étudie à Paris et entame les démarches pour sa naturalisation. En filmant la famille autour de nous, et en prenant tout à tour la parole dans des journaux filmés, nous racontons ce que cette expérience de l’exil et de l’accueil fait bouger en nous.

Svinoy de Matthieu Dibelius
Producteur : Macalube films
Aide accordée : 14 000 €
Miao Rong a été abandonnée en Chine. Ongama en Afrique du Sud. Ils ont passé les premières années de leur vie dans un orphelinat avant d’être adoptés par une communauté pentecôtiste sur les îles Féroé, entre l’Ecosse et l’Islande. Désormais rebaptisés Rakul et Regin, les deux enfants, bientôt adolescents, tentent de s’orienter dans un paysage dilué par la pluie permanente.

Touchstone de Romane Olmedo & Romain Mellet
Producteur : TCSG
Aide accordée : 10 000 €
Ce film nous livre le quotidien d’une femme isolée au milieu du paysage rural de l’Alberta au Canada, Touchstone. C’est le témoignage d’une famille accueillant des voyageurs venus du monde entier, qui se bat pour préserver leur refuge contre la cadence du monde. C’est le portrait d’un passager, d’un écorché-vif, venu vivre dans cette communauté pour se reconstruire à l’abri d’une vieille ferme rafistolée. Une rencontre à fleur de temps.

Vida, itinéraire d’une révolutionnaire ! de Pershang Shafigh
Producteur : Alambic production
Aide accordée : 12 000 €
Depuis son HLM parisien, Vida Hajebi me raconte son parcours de militante révolutionnaire qui la conduit dans les années 60 à Moscou, Prague, Caracas, Alger, La Havane. Elle y côtoie de grandes figures de la gauche radicale telles que Medhi Ben Barka, Régis Debray, Fidel Castro, avant de rentrer en Iran en 1970 où elle subit de terribles années de prison. Elle meurt à Paris en 2017, au terme de 38 années d’exil politique.

29 janvier 2026

Les conférences du Paris Images 2026

Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) donne rendez-vous aux professionnels de la production cinéma et audiovisuelle pour son cycle de conférences qui se tiendra au Paris Images 2026, les...