Le CNC dévoile un rapport sur les studios de tournages et annonce le lancement d’une concertation sur leur modernisation

Le CNC dévoile un rapport sur les studios de tournages et annonce le lancement d’une concertation sur leur modernisation

14 mai 2019
Professionnels
Rencontre hier dans l’ex-usine Cofpa de Gond-Pontouvre, transformée en studio de cinéma. Le réalisateur Wes Anderson, la présidente du Centre national du cinéma Frédérique Bredin, et le président du Département, François Bonneau.
Rencontre hier dans l’ex-usine Cofpa de Gond-Pontouvre, transformée en studio de cinéma. Le réalisateur Wes Anderson, la présidente du Centre national du cinéma Frédérique Bredin, et le président du Département, François Bonneau. Roger Do Minh
Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et Film France dévoilent ce jour un rapport sur les studios de tournage en France. Ce rapport, confié au journaliste Serge Siritzky, propose différentes mesures pour mieux développer et structurer les studios français

Ce rapport propose des mesures pour renforcer la capacité de la France à être une grande terre de tournages 
Frédérique Bredin

La France est reconnue dans le monde entier pour ses talents, ses savoir-faire, ses techniciens. Elle compte de nombreux pôles d’excellence : l’animation, les effets visuels, la réalité virtuelle…

« Mais la compétition mondiale s’intensifie, notamment dans le contexte du Brexit. Il faut se montrer plus attractifs, en développant nos studios de tournage pour accueillir les plus grandes productions internationales », explique Frédérique Bredin.

Les plateaux français moins attractifs que les grands studios européens

Le rapport remis par Serge Siritzky pointe un sous-dimensionnement des équipements français par rapport aux autres pays européens : le plus grand plateau français compte 2000 m2 contre 4000 à 7000 m2 pour les grands studios anglais ou allemands notamment. En France, les 78 plateaux existants correspondent à une surface totale de 52 500 m2, soit l’équivalent de deux studios en Allemagne ou au Royaume-Uni. Par ailleurs, les principaux studios européens disposent de « backlots », de grands terrains situés à proximité des plateaux, qui permettent de construire et de stocker des décors volumineux. En France, peu de studios disposent de ce type d’espace.

Ce retard français s’explique par différents facteurs :

  • Economiques : l’animation de studios de très grande taille nécessite des espaces et une main d’œuvre conséquents. En général les studios français ne sont pas propriétaires des terrains qu’ils occupent et le coût du travail est plus élevé en France que dans plusieurs autres pays européens ;
  • Culturels : en France, l’influence de la Nouvelle Vague a favorisé les tournages en décors naturels au détriment du développement des studios.

Le rapport précise toutefois que depuis peu, les projets de construction, de rénovation ou de développement de studios se multiplient grâce à la mobilisation des entrepreneurs français et des collectivités locales, notamment en Île-de-France et en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Afin de soutenir ces initiatives et de conforter leur modèle économique, le rapport préconise un engagement des pouvoirs publics dans l’accompagnement de ces différents projets et l’adaptation de la réglementation afférente aux studios.

La France, une grande terre de tournages

Parallèlement, les crédits d’impôt dédiés à la production cinématographique et audiovisuelle ont permis de relocaliser les productions françaises et d’attirer sur le territoire de nombreux tournages étrangers. Au cours des derniers mois, la France a notamment a accueilli le tournage du prochain film de Wes Anderson, The French Dispatch, tourné à Angoulême, et de la série de Damien Chazelle, The Eddy.

« Les tournages sont essentiels à l’économie de notre pays. Leurs retombées économiques et touristiques, dans tous les territoires, sont considérables » continue Frédérique Bredin

Depuis la revalorisation des crédits d’impôt en 2016, les dépenses de tournage réalisées en France s’élèvent à près de 2 milliards d’euros chaque année, et plus de 15 000 emplois ont été créés. En régions, le nombre d’emplois dans le secteur de l’image animée a presque doublé (+90 %).

« En 3 ans, la France a gagné le pari de l’attractivité. L’enjeu maintenant, c’est de faire de notre pays un hub de tournages pour les productions du monde entier », explique Frédérique Bredin, Présidente du CNC.

Une journée de réflexion et d’échanges sur le développement des studios français sera organisée au cours du mois de juin. A cette occasion, professionnels, opérateurs et pouvoirs publics s’interrogeront notamment sur :

  • Le positionnement de la France face à l’offre de studios des pays de l’Est de l’Europe et du Royaume-Uni ;
  • La typologie des équipements adaptés aux séries, films à gros budgets français et productions internationales ;
  • Les studios et les possibilités offertes par les effets visuels numériques.