Espions : une exposition coréalisée par l’équipe du Bureau des Légendes

Espions : une exposition coréalisée par l’équipe du Bureau des Légendes

25 novembre 2019
Séries et TV
L'exposition Espions
L'exposition Espions -c- Ph Levy
La Cité des Sciences de Paris propose jusqu’au 9 août 2020 une exposition interactive sur les espions, coréalisée avec l’équipe du Bureau des Légendes. Alex Berger, producteur de la série, répond aux questions du CNC.

Quelle a été votre réaction quand la Cité des Sciences vous a approché ?

Il y a deux ans, alors qu’ils commençaient à réfléchir à une exposition sur le premier cercle des services du renseignement, ils nous ont contactés. Les commissaires d’exposition sont venues visiter le plateau pour voir les décors que nous avions mis en place pour Le Bureau des Légendes depuis 6 ans. Elles étaient très impressionnées par le détail et la logique mise en place pour augmenter la crédibilité des situations que nous traitons dans la série. Plus encore, La Cité des Sciences a été impressionnée aussi par ce que nos équipes décoration, sous la houlette de Patrick Durand et Fanny Stauff, avaient accompli. On a scellé alors un vrai partenariat pour constituer une œuvre collective entre des gens qui savent faire de la scénographie, de la muséographie et des professionnels de l’audiovisuel qui ont à cœur de mêler la pédagogie et le divertissement.

La Cité des Sciences et de l’Industrie avait-elle un cahier des charges ?

Il fallait faire en sorte que l’exposition soit instructive et abordable pour le plus grand nombre. Nous avons très vite réfléchi avec les commissaires d’exposition au parcours qui rendrait le visiteur acteur. J’ai proposé une trame scénaristique pour l’exposition. Et François de Saint-Exupéry, un auteur spécialisé dans l’histoire militaire et celle du renseignement, a développé l’histoire. Julien Vaillant-Ciaparra s’est ensuite occupé de la production de tous les éléments vidéographiques de ce scénario avec les acteurs qui jouent dans la série.

Comment avez-vous choisi les personnages de la série qui allaient intervenir ?

On ne voulait pas prendre des comédiens qui étaient trop marqués car il ne fallait pas que ce soit un épisode du Bureau des Légendes. Si on avait mis Malotru, Marie-Jeanne ou Phénomène, cela aurait été trop fort. Marc Lauré, alias Moule à Gaufres, interprété par Gilles Cohen, a été le patron pendant quelques saisons et de par son grade élevé, il peut s’adresser aux autres services. L’intervention de César, interprété par Stefan Crepon, relève du même ordre. Leurs scènes font avancer l’intrigue.  Aux yeux du public qui a vu la série, ils représentent des figures très précises et apportent une valeur ajoutée à l’exposition.

Eric Rochant était-il impliqué ?

Evidemment. Rien qui concerne Le Bureau des Légendes ne se crée sans son approbation. C’est mon associé dans TOP, The Oligarchs Productions. Toutefois, il était en train d’écrire et de tourner la saison 5, il ne s’est donc pas impliqué au quotidien.

Quels aménagements avez-vous faits par rapport à la série ?

Il fallait de toute évidence ne pas proposer quelque chose qui soit anxiogène. Il n’a jamais été question d’attaque sur notre sol ou de terrorisme, qui seraient traumatisants pour tous. L’idée était de s’orienter vers une trame qui mettait tous les services en perspective et restait crédible mais néanmoins accessible. J’ai eu comme idée d’aller vers la non-prolifération nucléaire d’autant que le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) était partenaire de l’exposition. Donc l’intrigue développe comment une puissance étrangère cherche à s’emparer de matériel et d’informations sur le sol français. Les services ont contribué de manière plausible et réelle aux contenus mais sans rien dévoiler qui touche à notre sécurité. Ils ont même apporté du matériel scientifique que nous voyons dans l’exposition.

La série a pour cœur de cible les jeunes adultes, alors que l’exposition est accessible à partir de 12 ans. Cela change-t-il quelque chose ?

Dès lors que nous avons entamé notre coproduction avec la Cité des Sciences, nous avons recensé les personnes qui pouvaient être sensibilisées à plusieurs niveaux. Nous ne voulions pas faire du renseignement un monde ludique. L’espionnage ce n’est pas James Bond, quelqu’un qui saute d’un avion avec un cocktail puis en atterrissant en smoking impeccable, tire sur quelqu’un.

Le monde du renseignement c’est d’abord de l’analyse faite par des humains sur le terrain. Ce qu’on voulait mettre en avant c’est l’humain au centre de techniques. Il existe aujourd’hui un concours de cryptologie, le concours Al Kindi, mis en place par le ministère de l’Education Nationale et la DGSE qui s’adresse aux collégiens et aux lycéens. Cela nous paraissait une bonne base que de concevoir des contenus accessibles à partir de la 5ème.

Votre société a conçu et fabriqué les décors de l’exposition. Comment avez-vous procédé ?

Il fallait d’abord trouver les bons décors, que ce soit la salle de crise qui est assez emblématique ou les appartements privés. La construction s’est faite avec nos équipes de construction du Bureau des Légendes. Cependant, on a dû un peu aménager notre savoir-faire pour la simple raison qu’il allait y avoir des milliers de personnes qui venaient toucher les éléments. Evidemment, on ne fabrique pas un décor de cinéma ou de série de la même manière qu’un décor vivant, c’est-à-dire en interaction permanente avec le public. C’est forcément plus solide pour que les gens puissent toucher, jouer, s’immerger et que cela tienne.

Y a-t-il un lien entre la prochaine saison et l’exposition ?

La saison 5 s’est tournée entre juin et octobre 2019. On est en train de la monter pour une diffusion au printemps 2020. Nous avons fait en sorte qu’il y ait quelques ponts narratifs avec des sujets longuement mis en place depuis les saisons précédentes, notamment en ce qui concerne l’intelligence artificielle, l’informatique ou la cryptologie.

Quels ont été les bénéfices pour vous à co-produire Espions ?

C’était passionnant d’apprendre à faire une histoire plus interactive avec des flux de personnes à gérer. D’ailleurs, cela nous a donné l’idée de travailler sur un concept d’Escape Game sur le thème du Bureau des Légendes. Nous avons été enrichis d’une perspective différente grâce à l’environnement d’Universcience et de leur vocation. Il faudrait que cette exposition ait un tel succès qu’elle sillonne le monde comme Le Bureau des Légendes, qui est diffusé dans 100 pays.

L’exposition Espions a lieu à La cité des Sciences et de l’Industrie à Paris jusqu’au 9 août 2020.