Comment le réalisateur du « Chant du loup » a réussi à tourner un plan quasi impossible

Comment le réalisateur du « Chant du loup » a réussi à tourner un plan quasi impossible

25 février 2019
Cinéma
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Le Chant du loup
"Le Chant du loup" d'Antonin Baudry Pathé Films - Trésor Films - Chi-Fou-Mi Productions
La séquence d'ouverture du Chant du loup comporte une image frappante qui a été un vrai challenge à tourner. Antonin Baudry nous en raconte les coulisses.

Le Chant du loup est sorti en salles le 20 février : sous ce joli titre se cache un sacré pari, celui de faire un véritable film d'action français, qui se déroule dans le milieu des sous-marins nucléaires. On y suit le jeune Chanteraide (François Civil), « oreille d'or » d'un sous-marin chargé d'écouter et décrypter les sons de l'océan - et ainsi de faire la différence entre le son d'une baleine et celui d'une torpille. Réunissant un casting renommé (Omar Sy, Reda Kateb et Mathieu Kassovitz ont enfilé des uniformes), Le Chant du loup est aussi un premier film, celui d'Antonin Baudry, plus connu sous le nom d'Abel Lanzac, scénariste de la bande dessinée à succès Quai d'Orsay (portée à l'écran par Bertrand Tavernier en 2012).

Sans trop gâcher l’intrigue du film, sa scène d'ouverture plante tout de suite l'ambiance. Un sous-marin attend de récupérer une équipe de nageurs de combat au large de la côte syrienne, qui vient d'accomplir une mission spéciale. Mais un hélicoptère de combat rôde, et le submersible va risquer de devoir faire surface pour l'affronter... Une séquence d'action épatante, mais surtout bâtie autour d'une tension pure, qui a représenté un véritable défi technique pour le réalisateur et son équipe.

S'il était relativement facile de filmer l'hélicoptère en extérieur, ou l'intérieur du sous-marin (reconstitué en studio), Baudry a tenu à obtenir un plan iconique de tout film de sous-marin : celui où l'engin surgit des flots à toute vitesse, dans une gerbe d'écume. Plus facile à dire qu'à faire. « Ça a été le plan le plus compliqué du film, filmer le sous-marin qui jaillit de l'océan... Complètement dingue à tourner ! Le sous-marin devait plonger à toute vitesse à 70 mètres de profondeur pour pouvoir remonter à la vitesse souhaitée, à toute allure. » Le réalisateur et son opérateur étaient embarqués dans un hélicoptère pour saisir l'image. « Le problème c'est qu'une fois que le sous-marin a plongé, il s'écoule trois minutes avant la remontée et tu ne sais pas où est l'engin. On se demandait sans cesse où il était passé. »

Sur l'océan, tu n'as strictement aucun repère. Donc, tu cadres un peu par hasard, un peu par calcul... Et tu pries. Alors la première prise a été loupée. Le sous-marin n'était même pas dans le cadre. Et on ne pouvait faire qu'une seule autre prise. Heureusement, la deuxième prise était parfaite !

Baudry a pu ainsi capter ce plan iconique, et tant pis s'il est, au fond, parfaitement irréaliste. « Dans la vraie vie, les sous-marins ne remontent pas à la surface », précise le réalisateur. « Ou alors très doucement. » L'envie de faire du cinéma l'a, en fin de compte, emporté sur le réalisme ou sur la difficulté technique.