« La Quinzaine en Actions », un dispositif pour développer l'accès à la culture et l’éducation à l’image

« La Quinzaine en Actions », un dispositif pour développer l'accès à la culture et l’éducation à l’image

06 mai 2026
Cinéma
La Quinzaine en Actions
La Quinzaine en Actions La Quinzaine en Actions le 12 mai 2026

Depuis 2010, des ateliers de réalisation, d'écriture et de photo-documentaire sont animés en France, en lien avec la Quinzaine des Cinéastes. Le 12 mai prochain, au Festival de Cannes, se tiendra la restitution des œuvres conçues en 2025-2026. Au programme : diffusion de courts métrages, lecture de textes, vernissage photos...


Depuis sa création en 1969, la Quinzaine des Cinéastes a toujours eu pour ambition de donner un coup de projecteur à des réalisateurs et réalisatrices méconnus. Depuis 2010, la Quinzaine en Actions accompagne cette volonté : il s'agit du « dispositif d’accès à la Culture et d’éducation à l’image initié par la Quinzaine des Cinéastes, (qui) s’adresse à toutes celles et ceux qui, pour des raisons géographiques, financières ou sociales sont éloignés de la culture. »

Cette année, c'est le comédien Jean-Baptiste Durand qui en est le parrain. Remarqué en 2025 dans des rôles clés de deux longs métrages sélectionnés à la Quinzaine des Cinéastes - La Danse des Renards de Valéry Carnoy et Que ma volonté soit faite de Julia Kowalski -, il succède à Patricia Mazuy (la réalisatrice de La Prisonnière de Bordeaux, 2024).

À l'origine de son développement, Louise Ylla-Somers est la coordinatrice de la Quinzaine en Actions. « Au départ, notre objectif était de faire venir les habitants des quartiers populaires au Festival de Cannes. À présent, nous organisons des ateliers et des projections sur toute l'année, et sur tout le territoire, principalement en région PACA, en Île-de-France et en Hauts-de-France. Concernant les projections, nous planifions des séances des films français sélectionnés l'année précédente, afin qu'ils soient présentés aux différents publics par leur réalisateur, le scénariste ou des comédiens. À chaque fois, nous invitons des spectateurs éloignés de la culture, des associations de quartier, des jeunes en foyers ou des centres sociaux. L'idée est de convier des spectateurs qui n'iraient pas voir ces films d'eux-mêmes, et de leur proposer des discussions autour de cette séance. »

La restitution, un moment de partage à ne pas manquer

Du côté des ateliers, chaque année, la Quinzaine en Actions organise deux événements pour que les participants puissent montrer leur travail. Le premier en mai à Cannes, le second en octobre à Paris. 

« Le prochain rendez-vous de restitution des ateliers de réalisation, d’écriture et de photo-documentaire se déroulera le mardi 12 mai à partir de 14h au Théâtre Licorne, sur la Croisette : ce sera la restitution de l'édition 2025-2026. Nous y diffuserons les deux courts métrages réalisés lors d'ateliers, et mettrons en scène les lectures des textes. Pendant le festival, nous encadrons également un atelier photos avec une classe SEGPA, nous organisons des rencontres professionnelles, un vernissage… »

Atelier Réalisation de la Quinzaine en Actions
L'atelier Réalisation 2026 de la Quinzaine en Actions La Quinzaine en Actions

« Par ailleurs, nous sommes partenaires depuis longtemps de l'association Parcours de Femmes », continue Louise Ylla-Somers. « Nous organisons avec eux, et avec l'aide du centre d'hébergement Villa Excelsior, ces ateliers d'écriture. Cette année, ce sont la réalisatrice Prïncia Car et sa scénariste Léna Mardi, sélectionnées précédemment à la Quinzaine pour Les Filles Désir, qui ont encadré six femmes pour qu'elles écrivent chacune une nouvelle. Elles liront leur histoire le 12 mai, mise en scène par leurs accompagnatrices. »

Aux côtés de Louise Ylla-Somers, Yasmine Mellouk a rejoint La Quinzaine en Actions il y a deux ans, notamment pour accompagner les ateliers de réalisation. Une mission qui lui tient à cœur : « Nous en avons effectué deux, un premier à Gonesse avec des jeunes de l'UEAJ (Unités Éducatives d'Activités de Jour, une structure de la protection judiciaire de la jeunesse). Samuel Suffren, le réalisateur de Coeur bleu, a accompagné un groupe de cinq personnes autour d'une approche poétique. C'était particulier car ils ne devaient pas être filmés ou photographiés, ça leur a imposé une contrainte pour imaginer leur film. Mais ils ont tout de même réussi à respecter la consigne et à raconter leur histoire à partir de poèmes présélectionnés. »

« Le deuxième s'est déroulé à Cannes il y a quelques semaines, encadré par Sofiane Briki », poursuit-elle. « Il a conseillé trois jeunes de la mission locale Cannes Pays de Lérins pendant le tournage de leur court métrage. Cela représente trois jours de prises de vue, puis une journée entière de dérushage et d'enregistrement des voix off. Ce qui était particulièrement touchant, c'est que Sofiane n'est pas encore un réalisateur accompli : nous avons fait appel à lui après sa participation au même atelier en 2025, en tant que jeune issu de la mission locale. Il avait tellement aimé cette expérience que nous avons dérogé à la règle d'embaucher un metteur en scène sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes pour lui proposer ce poste. Il s'est énormément investi et a appliqué tous les conseils qui lui avaient été donnés précédemment. L'atelier s'est très bien passé, nous avons hâte de voir le court en restitution. »

« Réunir les participants et les partenaires à Cannes, avec aussi des élus, à chaque fois c'est génial ! », constate Louise Ylla-Somers. « Cela permet d’apprécier ensemble le travail effectué, puis d’organiser une grande fête là aussi dans la tradition des soirées cannoises mais avant tout destinée à tous ceux qui d'habitude n’y rentrent pas. Le soir du 12 mai, nous aurons par exemple un concert, sur la plage, du rappeur Youssef Swatt's, qui a gagné une édition du concours Nouvelle École ».