Anne Fontaine en 5 films

Anne Fontaine en 5 films

09 avril 2019
Cinéma
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Les Innocentes
Les Innocentes Anna Wloch - Mandarin Cinéma - DR
Alors que Blanche comme neige, sa version modernisée de Blanche-Neige, arrive en salles ce mercredi 10 avril, retour sur la filmographie d’Anne Fontaine.

NETTOYAGE À SEC (1997)

Après deux films passés relativement inaperçus, Anne Fontaine se révèle au grand public avec cette histoire de trio amoureux explosive qui n’est pas sans rappeler -la provocation en moins- Tenue de soirée, d’autant que Miou-Miou y tient un rôle similaire de bourgeoise rangée tentée par le désordre. L’actrice interprète avec Charles Berling un couple de commerçants qui tombe sous le charme vénéneux d’un jeune homme (Stanislas Merhar) qu’il engage dans son pressing. Le ver est dans le fruit, le film racontant la lente descente aux enfers de ce couple qui se croyait à l’abri des excès et de la passion. Une critique du conformisme qui sera la marque de fabrique de la réalisatrice.

 

AUGUSTIN, ROI DU KUNG-FU (1999)

Suite du deuxième film d’Anne Fontaine, Augustin, voilà une comédie atypique dans la carrière de la réalisatrice et dans la production française en général. Fontaine y met toujours en scène son frère, Jean-Chrétien Sibertin-Blanc, dans la peau d’un grand échalas lunaire, « keatonien », qui se pique de devenir champion de kung-fu ! L’acteur y croise un vieux droguiste (Darry Cowl) dont il devient le protégé et une acupunctrice (Maggie Cheung) qui va essayer de soigner sa phobie du contact physique.

 

LA FILLE DE MONACO (2008)

Avec La fille de Monaco, Anne Fontaine se livre à son exercice favori : l’observation du déclin inexorable d’un personnage que rien ne prédisposait au pire. Il s’agit ici d’un célèbre avocat, joué sans emphase par Fabrice Luchini, qui s’amourache d’une présentatrice météo un peu vulgaire -Louise Bourgoin, dans son premier rôle - pour laquelle il enfreindra ses propres lois. Au milieu, en arbitre, le garde du corps de l’avocat, ancien amant de cette “fille de Monaco”, qu’incarne Roschdy Zem. Tourné dans les décors d’un Monaco de carte postale, le film se plaît à jouer sur les contrastes entre beauté apparente et vice caché, typique de l’ambiguïté à l’œuvre dans le cinéma d’Anne Fontaine.

 

COCO AVANT CHANEL (2009)

Plus gros succès public d’Anne Fontaine, le film se concentre sur les jeunes années de Coco Chanel, née Gabrielle Chasnel, et particulièrement sur sa relation complexe avec Étienne Balsan (étonnant Benoît Poelvoorde), un riche séducteur auquel elle cédera par conformisme avant de lui échapper par souci d’affirmation et d’indépendance. L’ordre bourgeois est une nouvelle fois ébranlé dans ses certitudes à travers le personnage de Coco, indifférente aux codes de la bonne société. Incarnée par Audrey Tautou, qui lui prête sa douceur mâtinée de rudesse, Coco Chanel fait partie de ces héroïnes prisées par Fontaine, décidées à ne pas céder de terrain aux hommes et à exister par et pour elles-mêmes.

 

LES INNOCENTES (2016)

Tiré d’un ignoble fait divers (le viol, par les soldats soviétiques, des sœurs d’un couvent de bénédictines polonais, à la fin de la Seconde Guerre mondiale), Les Innocentes nous est raconté à travers le regard d’une jeune médecin bénévole de la Croix rouge française. Cette Mathilde va tenter de les aider et de sauver les bébés nés de ces viols, que la Mère Supérieure veut abandonner à la naissance pour que le scandale ne s’ébruite pas...