Les festivals de Cannes dans le rétroviseur

Les festivals de Cannes dans le rétroviseur

17 mai 2019
Cinéma
Grand Théâtre Lumière
Grand Théâtre Lumière Mathilde Petit/FDC
Que s’est-il passé sur la Croisette il y 10, 20, 30, 40, 50, 60 et 70 ans ? Retour sur un événement marquant de chacune de ces éditions anniversaire.

1949 - Le festival fait peau neuve

Après une édition 1948 annulée pour raisons budgétaires, le festival de Cannes fait sa mue. Un nouveau Palais remplace l’ancien casino où les projections tournaient souvent à la foire d’empoigne pour y accéder. Il y a cette fois-ci plus de sièges et comme le chantier n’est pas tout à fait terminé, les resquilleurs vont s’en donner à cœur joie pour découvrir la sélection. Exit le côté « école des fans » des deux premières éditions où tous les films ou presque repartaient récompensés, le jury présidé par Georges Huisman brise le consensus et distribue le premier Grand Prix de l’histoire au film Le Troisième homme.

1959- L’avènement de Truffaut

Critique, François Truffaut fut l’un des plus grands pourfendeurs de Cannes, « royaume des intrigues politiques et des salades publicitaires ». Et en 1958, la sanction tombe : il en est interdit… à vie ! La plaisanterie ne dure qu’un an, le temps pour lui de signer son premier long métrage, l’un des films-manifeste de la Nouvelle Vague : Les Quatre cents coups. La projection est un triomphe mais ne rassure guère ce grand angoissé. « J’ai raté mon film. Ils m’aiment ! » Le jury co-présidé par Marcel Achard et Jean Cocteau lui décerne le prix de la mise en scène. Un cinéaste est né.

1969- La naissance de la Quinzaine des Réalisateurs

L’année précédente, le festival a tourné court. Des cinéastes (Lelouch, Godard, Truffaut…)  ont occupé la grande salle du Palais, forçant Cannes 68 à tirer le rideau prématurément. Un an plus tard, le festival a bel et bien lieu. Mais rien ne sera plus comme avant. Les Etats Généraux du Cinéma ont donné naissance à la Quinzaine des Réalisateurs, festival parallèle ambitionnant d’ouvrir la Croisette à des cinéastes moins installés. Réunis sous le slogan « Cinéma en liberté », pas moins de 62 longs métrages y sont proposés, parmi lesquels des œuvres de Nagisa Oshima (La Pendaison), Bernardo Bertolucci (Partner), André Téchiné (Paulina s’en va) ou Roger Corman (The Trip). Cinquante ans après, la Quinzaine reste toujours aussi rayonnante.

1979- Et de deux pour Coppola

En 1967, son entrée en compétition avec Big boy était passée totalement inaperçue. En 1974, il a remporté sa première Palme d’Or avec Conversation secrète. Et cinq ans plus tard, Francis Ford Coppola réussit le doublé avec Apocalypse Now, un projet hors norme, alors en montage depuis près de deux ans et présenté sous une forme non définitive qui a failli lui coûter sa place en compétition avant qu’il ne mette en balance sa présence sur la Croisette. Et malgré les réticences de la Présidente du Jury Françoise Sagan, il obtient donc la récompense suprême ex-aequo avec Le Tambour.

 

1989- Le plus jeune lauréat de la Palme d’Or

Prix du public au festival de Sundance, Sexe, mensonges et vidéo, le premier long métrage de Steven Soderbergh est sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs quand, quelques semaines avant le début du festival, il intègre finalement la compétition. Le début « d’heureux concours de circonstances » comme le raconte le cinéaste, certain que si Wim Wenders n’avait pas remplacé Francis Ford Coppola à la tête du jury, il n’aurait jamais obtenu la Palme d’Or. Et ne serait donc jamais rentré dans l’histoire en devenant à 26 ans le plus jeune lauréat de la récompense suprême. Record toujours à battre.

1999- Une Palme du cœur pour Almodovar

Un peu plus de 20 ans après ses débuts dans le long métrage, Pedro Almodovar fait avec Tout sur ma mère son entrée dans la compétition cannoise. A l’issue de sa projection, les festivaliers en font leur favori incontesté et incontestable pour la Palme d’Or. Mais le jury de David Cronenberg en décide autrement : Rosetta des frères Dardenne crée la surprise et le cinéaste espagnol doit se « contenter » du prix de la mise en scène. Vingt ans après, Almodovar n’a toujours pas été palmé d’or.

 


2009- Pixar ouvre le bal

C’est une grande première pour le festival. Jamais jusqu’ici un film d’animation n’avait eu les honneurs de la soirée d’ouverture. L’heureux élu s’appelle Là-haut, production Pixar. Et Charles Aznavour qui prête sa voix au papy grognon qui en tient le rôle principal monte les marches pour la cinquième fois de sa carrière après y avoir présenté Le Rat d’Amérique (63), Le Tambour (79) et Ararat (2002) puis été membre du Jury 1986 de Sydney Pollack qui décerna la Palme à Mission de Roland Joffé.