Tout savoir sur la Quinzaine des Réalisateurs

Tout savoir sur la Quinzaine des Réalisateurs

15 mai 2019
Cinéma
Affiche Quinzaine des Réalisateurs 2019
Affiche Quinzaine des Réalisateurs 2019 DR - Quinzaine des Réalisateurs
Née dans la foulée d’une édition du festival de Cannes 68 mouvementée, cette section parallèle du festival de Cannes fête cette année ses 50 ans en faisant la part belle aux films de genre et aux comédies absurdes françaises.

Comment est-elle née ?

La Quinzaine des réalisateurs fait, à sa manière, partie des enfants de mai 68. Son histoire prend en effet sa source cette année-là dans l’édition mouvementée du festival. De nombreux cinéastes (Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Lelouch, Milos Forman…) sont choqués qu’elle ait lieu sans paraître se soucier des événements qui secouent alors le pays, et provoquent sa clôture bien avant la date prévue.

Ces contestataires n’entendent pas uniquement agir en « contre ». Ils décident de créer dans la foulée la Société des Réalisateurs de Films et de présenter une liste de revendications à la direction du festival pour le démocratiser. La fin de l’obligation de la tenue de soirée pour assister aux projections du soir et un palmarès désigné par le public et non par un jury de professionnels figurent parmi celles-ci. Le Festival se montre à l’écoute, en accepte quelques-unes. Mais pour la SRF, rien n’est négociable. Et puisque le festival refuse de prendre en compte l’ensemble de leurs propositions, ils décident dès l’année suivante de créer leur propre manifestation. Un contre-festival donc. A commencer par la manière dont les films y sont retenus.

Dans la sélection officielle, ce sont encore dans ces années-là les pays qui décident des longs métrages qu’ils envoient. A la Quinzaine, ce sera un comité de membres de la SRF qui revendique des choix « sans contrainte idéologique ou technique et représentatifs des cinémas du monde ». La toute première édition en 1969 donne le la avec notamment les présences du Brésilien Glauber Rocha, du Français Louis Malle, du Japonais Nagisa Oshima, du Canadien Gilles Carle, de l’Italien Bernardo Bertolucci, de l’Américain Roger Corman parmi les heureux élus et un savant mélange entre cinéastes installés et nouvelles pousses. La preuve ? La Quinzaine des Réalisateurs est à ce jour la section la plus récompensée au palmarès de la Caméra d’Or qui sacre le meilleur premier film présenté à Cannes, toutes sections confondues avec 14 victoires dont Jim Jarmusch (Stranger than Paradise), Jaco Van Dormael (Toto le héros) ou encore Houda Benyamina (Divines).

Qui sélectionne les films ?

Une nouvelle ère s’ouvre cette année à la Quinzaine des Réalisateurs avec la nomination d’un nouveau délégué général : Paolo Moretti, cinéphile italien passé par les sections parallèles de la Mostra de Venise et du festival de Rome et qui occupait ce poste au festival de La Roche-sur-Yon depuis 2014. A son arrivée, il a restructuré le comité - désormais composé de 5 personnes - chargé de choisir les films qui y seront projetés.

Les tendances de la sélection 2019

La première sélection de l’équipe de Paolo Moretti montre deux tendances majeures. D’abord, un penchant pour les auteurs comiques français férus de burlesque avec en ouverture Le Daim de Quentin Dupieux, en clôture Yves de Benoît Forgeard mais aussi Perdrix, le premier long métrage d’Erwann Le Duc repéré grâce à ses courts métrages bien secoués. Ensuite la présence de nombreux films qui flirtent de manière plus ou moins poussée avec le cinéma de genre, au sens le plus large du terme. Horreur, thrillers psychologiques mais aussi films de music-hall auront droit de cité dans cette Quinzaine 2019. Dans la logique de leurs glorieux aînés, la diversité y sera donc de mise.