Les poètes et l'amour au cinéma

Les poètes et l'amour au cinéma

12 mars 2021
Cinéma
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Bright Star de Jane Campion
Bright Star de Jane Campion UK Film Council - DR - TCD
À l’occasion du Printemps des Poètes qui se déroule du 13 au 29 mars 2021, retour sur quelques passions d’écrivains célèbres immortalisées à l’écran.

Une saison en enfer (1971)

Frère cadet de l’immense Dino Risi, Nelo Risi n’a pas eu la carrière de son aîné. Son quatrième - sur six – long métrage de fiction s’intéresse à la vie d’Arthur Rimbaud et notamment à sa relation tumultueuse avec Paul Verlaine qui s’achèvera par le légendaire coup de feu tiré à Bruxelles. Dans cette coproduction européenne, Terence Stamp joue Rimbaud et Jean-Claude Brialy, Verlaine. Le film est une rareté qui anticipe de plus de vingt-cinq ans le Rimbaud Verlaine d’Agnieszka Holland.

Rimbaud Verlaine (1997)

Écrit par Christopher Hampton, dramaturge et scénariste qui venait de signer l’adaptation des Liaisons dangereuses pour Stephen Frears, ce film de la Hollandaise Agnieszka Holland est sans doute le plus connu de tous, en raison de la présence au générique de Leonardo DiCaprio, qui confirmait ici sa montée en puissance. Formidable de fièvre et d’arrogance, il campe un Rimbaud conforme à tous les fantasmes, jusque dans ses contradictions sexuelles et amoureuses. Face à lui, David Thewlis incarne un Verlaine complexe, tantôt pathétique, tantôt suprêmement élégant. Les deux acteurs ont le verbe haut et portent à bout de bras le film.

 

Sylvia (2003)

Malgré son casting prestigieux (Gwyneth Paltrow et Daniel Craig !), ce film de Christine Jeffs est sorti directement en DVD chez nous. La réalisatrice néo-zélandaise y dépeint la relation entre la poétesse américaine Sylvia Plath et son homologue anglais, Ted Hughes, de leur rencontre en 1956 au suicide de la jeune femme, sept ans plus tard. Film à la photo sublime et à l’interprétation irréprochable, Sylvia met davantage l’accent sur le caractère dépressif et jaloux de Plath que sur son travail d’écriture.


Bright Star (2010)

Cinéaste de l’émancipation féminine, Jane Campion s’intéresse plus à Fanny Brawne qu’au grand poète anglais John Keats, dans ce film qui raconte la passion romantique entre ce dernier et sa jeune voisine à qui il donna par ailleurs des cours de poésie. A travers un style très pictural (on pense souvent aux tableaux des grands maîtres romantiques) la cinéaste néo-zélandaise fait naître une vibration tangible entre les deux personnages, incarnés à merveille par l’insolente Abbie Cornish et le dandy Ben Whishaw. Peut-être le film de la liste où la sensibilité poétique s’accorde le mieux avec la tension amoureuse.

 

Howl (2012)

“Howl”, c’est le titre d’un poème d’Allen Ginsberg, jugé obscène par la justice en 1957 et qui fut à l’origine du mouvement de la Beat Generation. Rob Epstein et Jeffrey Friedman s’en sont inspirés pour signer un film audacieux, qui raconte tout à la fois la vie de Ginsberg (et en creux, son amitié passionnelle avec Kerouac), le procès qu’on lui intenta et la genèse du poème (illustrée par des scènes animées). Il réussit à traduire à l’écran les élans poétiques et ceux du cœur.

 

Curiosa (2019)

Une curiosa désigne une œuvre d’art, quelle qu’elle soit, de nature érotique. L’écrivain et poète Pierre Louÿs (1870-1925) en était friand et réalisa notamment des clichés osés de sa maîtresse, Marie de Régnier (1875-1963). Née de Heredia, cette dernière était la fille du poète José-Maria de Heredia qui la maria, contre son gré, au poète fortuné Henri de Régnier. Figure romanesque et provocatrice, elle est le personnage principal du premier film de Lou Jeunet qui fait, à travers sa relation tumultueuse avec Louÿs, le récit de l’émancipation qui mena Marie de Régnier à l’écriture.