"Eclipse": un escape game en réalité virtuelle

"Eclipse": un escape game en réalité virtuelle

15 avril 2019
Création numérique
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Eclipse
Eclipse BackLight
La société Backlight lance Eclipse, un escape game en VR, qui a représenté la France aux festivals de Venise et SXSW. Interview de Frédéric Lecompte, directeur de BackLight Studio et de Jonathan Astruc, le réalisateur d’Eclipse.

Comment avez-vous eu l’idée de combiner réalité virtuelle et escape room?

Frédéric Lecompte : Depuis 2014, notre studio d’animation 3D et de réalité augmentée s’est tourné vers la réalité virtuelle. Notre empreinte sur la VR, c’est un vrai focus sur l’artistique. La VR narrative a été mise en avant en France et nous a permis de rayonner dans le monde, mais il est temps de comprendre que la VR est un hybride, au croisement du cinéma et du jeu. On a vite senti une appétence du monde du divertissement sur la réalité virtuelle et on a proposé notre premier projet immersif, Birdy King Land, un roller-coaster à forte dimension narrative. On a désormais 35 références à notre actif.

Jonathan Astruc : J’aime bien le concept des escape rooms, ces pièces dans lesquelles on est enfermés pour résoudre des énigmes, mais je trouve qu’il y manquait quelque chose de cinématographique. Il fallait développer le storytelling par l’environnement et la coopération entre les gens. Chaque histoire du coup pouvait être différente et prendre un tour plus dramatique ou plus drôle selon les participants.

Quel est le principe d’Eclipse ?

Jonathan Astruc : On s’est inspiré, entre autres, de Sunshine, le film de science-fiction de Danny Boyle. J’aimais l’ambiance un peu dramatique qui rendait le jeu moins léger que les escape rooms traditionnelles. L’idée est donc qu’un équipage vienne en aide à un vaisseau parti explorer un phénomène interstellaire et qui n’est jamais revenu.

Frédéric Lecompte : C’était très important pour nous que le jeu soit coopératif. Dès le départ, les quatre joueurs sont divisés en deux équipes, l’une est envoyée sur Eclipse I, l’autre sur Eclipse II, et doivent travailler en collaboration pour sauver la mission. Les deux équipes peuvent communiquer entre elles et s’échanger des informations.

Quelles sont vos influences ?

Jonathan Astruc : Le cinéma bien sûr ! Nous sommes fans de science-fiction. En cela, c’était important que l’expérience se déroule dans sa continuité, sans cut. Nous avons banni la téléportation de notre récit. Mais on se nourrit aussi de jeux-vidéo, d’attractions…

Frédéric Lecompte : On peut parler aussi de théâtre immersif. Il ne faut pas avoir de barrières.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les secrets de fabrication technologiques du jeu ?

Jonathan Astruc : Je viens de l’animation 3D donc j’ai toujours attaché beaucoup d’importance au rendu, à la qualité de l’image. La première difficulté technique a été de mettre au point le full body awareness, c’est-à-dire la sensation de voir son corps en entier grâce à un système de motion capture. Il fallait que le joueur voie son corps et visualise l’autre participant. On voulait également créer un maximum d’interactions avec le décor virtuel.

Fréderic Lecompte : C’est un plus qui concourt à l’immersion ! Les joueurs n’ont pas la sensation d’évoluer dans 15m2. On a trouvé des astuces qui donnent la sensation de parcourir de la distance. Le jardin à oxygène, par exemple, est une très grande pièce qu’on parcourt avec une passerelle qui se déplace.

Quel a été l’accueil réservé à votre jeu ?

Frédéric Lecompte : Le public a adoré vivre une expérience en immersion qui les fait voyager. Souvent quand ils sortent de la pièce, ils sont surpris de n’avoir parcouru que quelques mètres. Ce que les exploitants ont aimé dans Eclipse, c’est sa petite empreinte au sol (2 x 15m2).

où tester eclipse ?

A Paris, chez Escape Lab et à Illucity. A Lieusaint (Carré Sénart), chez Virtual Adventure. A Rouen, chez Brainscape. A Limoges, à La Rustine.