Nicolas Capus a des TAC : « De l’humour absurde et surprenant »

Nicolas Capus a des TAC : « De l’humour absurde et surprenant »

31 janvier 2020
Création numérique
TAC
TAC Affreux Sales et Méchants productions
Récompensé par le grand prix du Festival Frames, le jeune réalisateur nous raconte comment sa websérie, Troubles absurdes du comportement ou T.A.C, a pris vie, avec peu de budget, mais beaucoup d’idées.

Depuis quelques mois, les Troubles absurdes du comportement font rigoler le Web. Des T.A.C mis en scène par le réalisateur Nicolas Capus, et coécrits avec Anaïs Fabre et Ingrid Graziani. En observant leurs contemporains, ils ont eu cette idée loufoque d’extrapoler névroses et angoisses pour en faire cette pastille mise en ligne sur le Web et déclinée en 7 épisodes. « À la base, la série a été créée par Anaïs et Ingrid qui sont comédiennes. Elles ont imaginé faire quelque chose autour des troubles absurdes du comportement. Cela s’appelait à l’époque Nouvelles Maladies. Elles ont tourné 3 pilotes, il y a 2 ans. Moi qui suis monteur, j’ai repris leur projet, alors très verbal, et j’ai tout remonté pour que ce soit plus visuel », raconte Nicolas Capus. « On a montré le résultat à la société de production Affreux, Sales et Méchants. Ils ont trouvé ça plutôt drôle et ils nous ont dit qu’ils étaient partants pour produire la série. On a alors fait beaucoup de dossiers, on a contacté des chaînes, mais ça n’a rien donné. On a tenté le financement participatif, on a récupéré environ 8 000 euros et on a commencé à tourner, en janvier de l’année dernière. C’était assez rock’n roll, avec aussi peu de budget, mais très libérateur, de pouvoir s’éclater à raconter des bêtises... »

 

Inspirée du quotidien

Il faut dire que Nicolas Capus a commencé comme réalisateur de clips du côté de Marseille, notamment pour Soprano ou IAM. « Je suis allé à Paris pour faire monteur dans la pub. Et il y a deux ans, on m’a appelé pour devenir réalisateur d’une série de France 2, en l’occurrence Un Si Grand Soleil et ensuite Balthazar sur TF1. Dans le même temps, on a commencé à travailler sur T.A.C. »

Le concept de leur websérie : utiliser les bases des émissions comme Strip-tease, mais sans en faire des parodies pures et en laissant de côté l’aspect voix off, logo, etc. « On a voulu décrire les névroses qu’on voit tous autour de nous. Certains comportements, au quotidien, sont juste délirants. Ce fut pour nous une bonne manière d’exorciser des choses qui nous agacent et de s’exorciser soi-même aussi. L’épisode de « La Sincérilose », c’est moi. « La Générosélite », c’est un mélange entre un de mes meilleurs amis et ma mère. On est trois auteurs, Anaïs, Ingrid et moi. Chacun a son style d’humour et ses inspirations. L’idée, c’est que ce soit de l’humour absurde et que ce soit surprenant. Dans l’écriture des gags, il faut que ce soit le plus visuel possible, et qu’il y ait une évolution vers des choses de plus en plus stupides. »

La saison 2 déjà en vue

Il a fallu plus de 6 mois aux trois créateurs pour réussir à produire les 7 épisodes de la saison 1 de T.A.C, filmés en 1 semaine seulement. « Parce que je suis un fou du montage, il nous est arrivé d’aller filmer dans une piscine municipale pour garder 1 seconde d’image... On a beaucoup travaillé sur les plans de coupe, pour le rythme, et au total, la production s’est étalée sur plusieurs mois. »

Nicolas Capus peut déjà se réjouir. T.A.C est devenu un joli succès du web dépassant le million de vues fin 2019 et remportant même le Grand Prix du festival Frames, en septembre dernier : « Ce festival a été monté par deux passionnés de cinéma, du côté d’Avignon. C’est une grande fierté d’être reconnu, ça nous a beaucoup aidés à faire connaître T.A.C et ça nous permet de postuler à des choses comme le CNC Talent. Cela nous a permis aussi de faire le Festival de La Rochelle dans la foulée, et prochainement celui de Luchon. Faire marrer des salles entières avec notre petite websérie venue de nulle part et tournée en bas de chez nous, on en est super fiers ! »