Documentaire : fonds d'aide à l'innovation audiovisuelle (aide au développement)

L'aide à l'écriture et l'aide au développement du Fonds d'aide à l'innovation audiovisuelle du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) ont pour objectif d'accompagner les auteurs et les producteurs de documentaires de création cinématographiques et télévisuels qui nécessitent une écriture élaborée, un important travail de développement et proposent une approche innovante au regard des programmes audiovisuels.
  • Secteur : Cinéma - Audiovisuel
  • Phase d'intervention : Développement
  • Type de soutien : Documentaire
  • Type d'aide : Aide sélective
  • Demandeur : Producteur

 

Composition de la commission

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La commission est composée d’un président et de six personnalités du cinéma et de la télévision.

Président : Sylvain PRUDHOMME, écrivain

Membres

  • Hervé AUBRON, critique de cinéma
  • Jean-Laurent CSINIDIS, producteur
  • Caroline GUIELA NGUYEN, metteuse en scène
  • Ombline LEY, réalisatrice
  • Guillaume MOREL, distributeur
  • Clara VUILLERMOZ, productrice

Résultats des commissions

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16 septembre 2022


L’Amour à Forbach de Julie Allione
Producteur : Avenue B production
Aide accordée : 10 000 €
Les hommes et les femmes hétérosexuel·les de Forbach ainsi les travailleu·r·se·s du sexe qui travaillent à la frontière allemande parlent de leur rapport à l’amour et au désir. À y regarder de près, si ces discours se superposent, ils ne se rencontrent pas. Ce qu’elles croient en savoir, ce qu’ils en annoncent et ce que les TDS en racontent n’a pas grand-chose de commun. Comme si chacun·e faisait semblant d’adhérer naturellement à une injonction à être. Comme si chacun·e était enfermé·e à double tour dans une fiction par son discours et par celui de l’Autre. Cette fiction, parfois tendre parfois mortellement douloureuse cela s’appelle le genre.

Braves gens de Sebastiano d’Ayala Valva
Producteur : La bête
Aide accordée : 12 000 €
C'est une mémoire mal assimilée, mise sous le tapis, déformée, faussée. Les traces en sont partout présentes, souvent au grand jour, mais peu de gens les voient. Il s'agit des traces de la mémoire coloniale italienne. Elles se trouvent dans notre culture, dans notre paysage urbain, dans nos comportements du quotidien, dans notre langage, et surtout dans notre rapport à la différence. Ce film est un voyage dans l'Italie contemporaine à la recherche de tous ces messages, ces incrustations et ces stratifications, qui d'une manière ou d'une autre témoigne du passé colonial mais qui faute d'être décodées demeurent invisibles. Elles sont pourtant loin d'être sans influence. Une exploration de ce qui reste de la question coloniale dans l'inconscient italien, ce film est aussi un parcours à la découverte de ceux qui s'opposent à l'oubli, et ouvrent ainsi la possibilité d'une nation plus consciente de son passé et d'une identité italienne fluide et changeante.

Le Buffle d’eau d’Anaïs Mak
Producteur : Macalube
Aide accordée : 13 000 €
Pendant le confinement, mon père se lance dans la fabrication d’une carte qui contamine au fil des semaines le sol du salon familial, l’itinéraire de son départ clandestin de la Chine communiste vers Hong Kong refait surface. Deux tentatives et autant de passages en prison seront nécessaires avant sa traversée réussie en 1974. L’épopée, si souvent imaginée enfant, se rejoue aujourd’hui dans un appartement paisible de banlieue.

La Chambre d’ombres de Camilo Restrepo
Producteur : 5 à 7 films
Aide accordée : 11 000 €
Dans une chambre isolée, une femme parle mais on ne sait pas à qui. Elle évoque des images que nous ne verrons jamais. En 24 épisodes de 3 à 5 minutes, la série documentaire La chambre d’ombres compose un parcours subjectif dans l’histoire de la peinture et du cinéma, engageant le spectateur à questionner le pouvoir des images dans notre société.

Eté 21 de Lucas Peker
Producteur : La onda produtions
Aide accordée : 10 000 €
Été 21 suit un un patchwork de jeunes, plutôt militants, plutôt fêtards, un peu délinquants, émeutiers parfois. Ils ont des visages étranges : des deepfakes, faux-visages numériques qui appartiennent à d’autres. Dans un contexte d’anxiété écologique généralisée, ces anonymes et leurs donneurs de visage entrent dans l’âge adulte en oscillant entre fête et mobilisation, projets d’avenir et instant présent.

Jzira, une île de Matthieu Kairouz
Producteur : Cinéphage productions
Aide accordée : 15 000 €
En novembre 2020, à Bcharré, mon village, situé dans les hautes montagnes du nord-Liban, un habitant est assassiné par un jeune réfugié syrien. S’en suit une nuit de violences où toute la communauté syrienne, plus d’un millier de personnes, est expulsée. Je reviens pour circuler, interroger, peu à peu une enquête intime met à jour la mémoire collective d’une île dans l’archipel libanais.

Majorana de Marie-Elise Beyne
Producteur : La chambre aux fresques
Aide accordée : 13 000 €
A la veille de la seconde guerre mondiale, le 25 mars 1938, le physicien Ettore Majorana prend un billet de Naples pour Palerme et disparaît à l'âge de 32 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Aujourd'hui, pour palier à cette absence, je pars sur ses traces en filmant mon compagnon qui est comédien, dans la ville de Naples. En mer Méditerranée, une équipe de physiciens cherchent la particule que Majorana a théorisée et qui porte son nom. La découvrir expliquerait pourquoi, au moment de la création de l’univers, la matière a pris le pas sur l’antimatière ; pourquoi nous sommes là.

Presque libre d’Olivier Bertrand
Producteur : Les films d’ici Méditerranée
Aide accordée : 11 000 €
Dans un village de la Montagne noire une ferme accueille des hommes qui sortent de prison. Ils ont effectué de longues peines et viennent travailler deux ans, pour se reconstruire, réapprendre à être libres, à affronter le regard des autres. Plusieurs jours par mois, je partage leur vie. Je travaille avec eux, je dors à la ferme. Ils savent que je prépare un film. Dans du travail, quand je suis seul avec l'un d'eux, il raconte ce qu'a été sa vie, le crime, puis toutes ces années, enfermé en marge de la société, la brutalité de la libération. Tout ce que la prison altère, qu’il faut reconquérir.

Relicte de Guillermo Quintero
Producteur : Stank
Aide accordée : 13 000 €
Quelque part, au nord de l’Amazonie colombienne, se trouve l’indien Sixto Muñoz, également connu comme le « dernier indien tinigua ». Les habitants de la Macarena, région où il a vécu depuis 1970, racontent qu’il y a environ 4 ans il a décidé de quitter sa maison au bord de la lagune pour réaliser son dernier voyage dans la forêt. Dans une expédition le long du fleuve Guayabero, depuis la Macarena jusqu’au Guaviare, je suis sa trace avec l’espoir de le rencontrer avant sa mort.

Rumori della Kalsa de Joséphine Jouannais
Producteur : Andolfi
Aide accordée : 12 000 €
Giovanni, Rosaria, Andrea, Dennis, Ibra et Kévin se croisent chaque jour sur la Piazza Magione, emblématique du centre de Palerme. Alors qu’approchent les élections municipales, le projet de rénovation du couvent, au centre de la place, attise les tensions déjà présentes à cause de sa vie nocturne agitée. Rumori della Kalsa est une fable documentaire chorale sur un quartier de Palerme, à travers les destins croisés de ses habitants.

Sous les soleils de Salma de Marie Ward
Producteur : E2P / Entre2prises
Aide accordée : 13 000 €
La première chose que m’a dite Daphné à propos de Salma portait sur son énorme poitrine qui sentait le monoï, la cuisine et la transpiration saine. Lorsque Salma ouvre la séance de massage, elle demande à ses client.e.s de se mettre sur le dos, les yeux fermés. Elle débute alors par le crâne, puis se penche progressivement pour atteindre, les épaules, les bras, le torse. Alors qu’elle se répand, sa poitrine vient enlacer la tête de son client puis finit par le masser tout à fait, au même titre que ses mains. Elle s’est rendue compte, qu’étouffement et érotisme à part, les gens aimaient sentir le poids de sa poitrine sur leur visage, qu’ils ressentaient là une forme de tendre régression. « Peut-être parce que ça leur rappelle leur mère, ils se sentent comme des petits enfants ».

Where Two Oceans Meet de Lauren Scott
Producteur : Pivonka productions
Aide accordée : 14 000 €
Tout au bout de l’Afrique : à gauche l’océan Indien, à droite l’océan Atlantique. Phadiel me raconte : Au Cap de Bonne-Espérance les deux océans ne se mélangent pas, c’est un mystère que les scientifiques ne peuvent pas résoudre, même les poissons ne traversent pas cette ligne. C’est le dernier endroit où Phadiel est allé avec sa femme Kulsum avant de rentrer en prison pour purger une peine de 25 ans. Quelques kilomètres à l’est : Mitchell’s Plain, une ville bâtie pour la population métisse pendant l’apartheid. Ici habite Kulsum et leurs deux enfants. Habitée par cette histoire, je reviens dans le pays de mon enfance avec ma caméra. Par nos regards croisés une certaine réalité de ce pays prend forme, à travers notre imaginaire et l’image de ses paysages : contrastés et cruellement beaux.

Womyn de Cécile Simon et Anaïs Dupuis
Producteur : Films grand huit
Aide accordée : 12 000 €
Bethroot et Madrone, deux femmes octogénaires, féministes et lesbiennes, vivent à l’écart de la société, dans les forêts de l’Oregon. On observe leur quotidien autarcique, et on remonte avec elles le fil du temps pour découvrir leur passé, qui est aussi un pan méconnu de l’Histoire : la création dans les années 70’ de communautés séparatistes lesbiennes aux Etats-Unis appelés les women’s lands.


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