Documentaire : fonds d'aide à l'innovation audiovisuelle (développement) - résultats de la commission en 2021

Résultats des commissions

31 décembre 2021


commission du 24 novembre 2021

Les Frontières d’Amadou D. de Clara Lacombe
Producteur : Silex films
Aide accordée : 15 000 €
Un jour, Amadou s’est pris pour un oiseau mais il n’a aucune archive de cette période-là de sa vie. Nous n’avons que ses mots pour comprendre la violence des frontières traversées. Que ses mots, ses croquis et le regard des oiseaux.

Je ne suis qu’une créature solide à travers le vent de Louise Hémon & Aurélie Brousse
Producteur : Hutong productions
Aide accordée : 13 000 €
"Je ne suis qu'une créature solide à travers le vent" aimait à dire Anita Conti (1899-1997), première femme océanographe française, et première femme à pénétrer le monde fermé des marins et à en témoigner. En 1952, elle embarque sur un chalutier pour partager la dure vie des pêcheurs de morue en Atlantique, seule avec sa caméra et soixante hommes durant six mois. Ses rushes de pellicule 16mm, réunis sous le titre Racleurs d’océans, sont rudes et poétiques. Son regard, d’abord scientifique, dévoile une infinie tendresse pour les travailleurs de la mer.

Maël et la révolution de Céline Thiou
Producteur : Les nouveaux jours productions
Aide accordée : 12 000 €
Rien ne prédisposait Maël, 17 ans, à s’engager dans les luttes environnementales. Élève en lycée agricole, il nourrit une conscience politique critique et curieuse à la croisée des mondes.
A la manière d’un roman d’apprentissage, le film regarde Maël semer des légumes et des idées, grandir, et devenir au gré des soubresauts de l’adolescence, un citoyen à part entière.

La Naissance du récit de Chantal Briet
Producteur : La huit production
Aide accordée : 12 000 €
On dit souvent que « les enfants ont autant besoin d’histoires que de lait ». Il paraît qu’un bébé, dès lors qu’il possède l’usage de la voix, du babil, se raconte d’emblée. Des chercheurs ont même découvert que les premières vocalises des bébés adressées à leurs parents reprennent la structure d’un récit. Mais pourquoi avons-nous ce besoin vital, et quand est-ce que cela commence cette histoire de récit chez l’être humain ? A la naissance, dans le ventre, encore avant ? Ou dans les grottes préhistoriques ? Je mène l’enquête avec mon alliée préférée, Hodei, une petite fille qui aura bientôt deux ans.

The Majestic Tower d’Antoine Chapon
Producteur : Petit chaos
Aide accordée : 11 000 €
Dix ans après le début de la révolution, le régime syrien rase des quartiers pour punir la population de s’être soulevée. A travers le témoignage de Khaled, le film montre la face cachée des projets d’urbanismes qui se construisent sur les décombres d’habitations d’une population expropriée.

Un pasteur de Louis Hanquet
Producteur : Little big story
Aide accordée : 13 000 €
Dans le Sud-Est de la France, Félix, un jeune berger mélancolique et secret mène une vie étonnement atemporelle. Il vit seul et travaille avec son père à l’élevage du troupeau familial. De l’automne au printemps, il soigne ses bêtes, les nourrit et les garde dans les denses forêts de chênes verts du Verdon. L’été, il transhume à pied sur plus de deux cents kilomètres pour les mener à la montagne, jusque dans les confins de la vallée de l’Ubaye. Là, il vit loin de tout pendant de longs mois, dans un monde minéral et inaccessible où rôde un être invisible ! le loup. À contre-courant de son époque, Félix a choisi un métier qui l’isole et le maintien hors du monde. Pourtant, il accepte que je l’accompagne, et je tente de comprendre de quoi est faite cette solitude qui le nimbe.

Une famille comme les autres de Diako Yazdani
Producteur : L’atelier documentaire
Aide accordée : 16 000 €
Mon histoire familiale est marquée par le séjour de mon père en prison. Militant kurde arrêté par le régime iranien, il passa 8 années en détention. A sa sortie de prison il fut fêté comme un héros par les kurdes de notre région mais fut très violent au sein de notre famille. Aujourd’hui je suis moi-même un réfugié politique (depuis 2011) et je souhaite réconcilier notre famille. Je voudrai que tous acceptent de venir chez moi à Paris pour essayer de dialoguer ensemble. Pour les convaincre je les retrouve dans les seuls pays où nous pouvons obtenir un visa : l’Irak, le Liban, la Bosnie, l’Arménie. Des pays marqués eux aussi par la guerre, des conflits comme un écho lointain de notre histoire.

commission du 27 septembre 2021

L’Effet Bahamas d’Hélène Crouzillat
Producteur : Les alchimistes
Aide accordée : 12 000 €
L’Assurance chômage, destinée initialement à protéger les chômeurs contre la perte de revenu, semble vivre ses derniers soubresauts, victime de l’Effet Bahamas, une mystérieuse épidémie qui pousse les gens à partir sous les tropiques avec l’argent de la caisse. Pourtant, elle n’a jamais été autant nécessaire à la population confrontée à une précarité grandissante. Et si la disparition de la caisse sociale était une destruction programmée ?
En suivant la piste de l’argent et à travers le récit de quelques rescapés d’un océan d’indifférence, je m’emploie, chômeuse, à démêler les fils d’une fiction communément admise.

Lisière d’Eva Tourrent
Producteur : Survivance
Aide accordée : 13 000 €
Quelques cabanes bâties à flanc de colline en marge de la société et sans les hommes. Un lieu refuge, de transformation collective et féministe. Depuis cette lisière, aux côtés de celles qui la construisent, j’interroge ma place dans la nature et la société, dans mon couple, la liberté de mon corps et d’avoir un enfant.

Mes polonais ont tué mes juifs de Joanna Grudzinska & Antoine Germa
Producteur : Zadig Productions
Aide accordée : 12 000 €
Depuis vingt ans, Jan Tomasz Gross, un intellectuel hors norme, bouleverse l'histoire de la destruction des Juifs de Pologne durant la Seconde guerre mondiale. Avec son livre : « Les voisins », publié en 2000., il est devenu l’ennemi public numéro un, une véritable obsession nationale. L'État polonais lui mène une guerre sans merci et use de tous les moyens à sa disposition pour l’empêcher de s’exprimer en Pologne. Pourquoi un historien fait-il si peur à un État ? Pourquoi la mémoire de la Seconde guerre mondiale est-elle un tel champ de bataille en Pologne ? Je décide de partir en histoire avec lui, d’enquêter. Je veux comprendre pourquoi plus de 75 ans après la Catastrophe ce que dit Jan T. Gross provoque encore un tel scandale. Je découvre une double histoire : l’histoire elle-même, et son récit, qui bouleversent, jusqu’aujourd’hui, l’identité européenne en même temps que celle de la Pologne.

Le Mur de la mort de Mohamed Sabir
Producteur : Wendigo films
Aide accordée : 14 000 €
Zahra, marocaine de 27 ans, prend la route chaque été avec ses parents et leur spectacle d’acrobaties à moto, le Mur de la Mort. Après 40 ans de représentations et malgré la fatigue et la maladie, les parents refusent de la laisser prendre la relève. Tiraillée entre la solidarité avec la famille et le désir de choisir sa propre voie, Zahra doit faire face à ses choix et aux limites imposées par les autres.

Mythes d’Alassane Diago
Producteur : Les films Hatari
Aide accordée : 14 000 €
Quand j’étais plus jeune, j’étais désespère? comme la plupart des jeunes de mon pays.
J’étais hante? par une forte envie de partir, rejoindre « l’Eldorado européen », un monde que j’ai découvert a? travers les petits princes de mon pays : ces immigrés qui rentrent chaque année et qui sont considérés par la société? comme des dieux. Aujourd’hui que j’ai réussi a? côtoyer ces mythes, je m’interroge sur le devenir de ma communauté?. L’avenir d’une génération de jeunes femmes et d’hommes est réduit a? l’émigration. Et c’est un drame. En tant que cinéaste, et porte-parole de ma génération, démystifier ces «petits princes» dans le film que je me propose de faire est une urgence qui s’impose a? moi. Et déconstruire l’imaginaire de ceux qui sont obsédés par ces mythes, un devoir.

Nous ne disparaîtrons pas dans la nuit d’Ioanis Nuguet & Coline Parizot
Producteur : Niskala films
Aide accordée : 14 000 €
La Méditerranée est l’un des passages les plus meurtriers de nos migrations modernes. Les organisations de sauvetage en mer, à l’exemple de Sea-Watch ou SOS Méditerranée, sont pour nous à cet endroit où rien n’est plus important qu’une vie, indépendamment de toute considération politique. La seule et unique nécessité est de secourir ces enfants, ces femmes, ces hommes. C’est précisément autour de ces gestes, de ces mains tendues, de ces actes d’entraide ou de bravoure parfois, cette humanité réunie autour de sa fragilité - ce trait essentiel de notre condition - pour préserver de la mort ceux qui ont eu la force et le courage d’arriver jusque-là, que nous désirons construire notre film.

L’Ordre des forces d’Emmanuel Gras
Producteur : Niskala films
Aide accordée : 12 500 €
Les forces de maintien de l'ordre, Compagnies Républicaines de Sécurité et Gendarmes Mobiles, se retrouvent tout au long de l'année au cœur des tensions qui traversent le pays. La nature même de leur mission les amène à se confronter à une population souvent hostile. En effet, elles sont considérées par une partie des citoyens comme le bras armé d'une autorité inaccessible.
Pourtant, les agents se considèrent avant comme les défenseurs de l'Etat et l'ultime rempart de la République face au désordre.
Le film suit, au fil des mois et sur plusieurs années, le face à face et parfois le dialogue entre les citoyens et les forces de maintien de l'ordre.
C'est un portrait de la France en crise que ce documentaire se propose de réaliser.

Retour d’Adrien Genoudet
Producteur : Les films d’ici
Aide accordée : 10 000 €
Il y a cent ans, un banquier philanthrope, Albert Kahn, faisait son premier tour du monde. Il voulait voir de ses propres yeux, tout ce qui, selon lui, à l’aube du XXème siècle, était sur le point de disparaître à jamais. Un siècle plus tard, alors que nous n’avons jamais autant parlé de notre disparition, de notre effondrement, de la fin du monde, je décide de le suivre, de faire retour, de faire le même chemin, étape par étape, avec les images qu’il nous a laissées, avec ses « Archives de la planète ». Aller à la rencontre des femmes et des hommes d’aujourd’hui qui sont encore là, dans les mêmes lieux, avec un désir : leur montrer ces images d’hier, pour savoir comment ils imaginent, rêvent, pensent leur vie, leur planète, leur monde, aujourd’hui et dans les cent prochaines années.

Storm free
Producteur : Tita B production
Aide accordée : 15 500 €
Churchill, Canada, septembre 2013 : un ours polaire est capturé aux abords de la ville. Placé en détention, il est jugé coupable d'avoir agressé un homme durant la nuit. Après un mois en isolation dans une cellule, le jeune mâle est transféré au zoo d'Assiniboine. Il reçoit un nom, Storm, et devient la vedette du parc à thème Journey to Churchill. Après sept ans de captivité, quel avenir imaginer pour l'ours nommé Storm?

commission du 15 juin 2021

Ceux de la nuit de Sarah Petit
Producteur : Sésame films
Aide accordée : 13 000 €
La frontière franco-italienne au col de Montgenèvre. Le jour : le tourisme, des capitaux investis pour rentabiliser encore et toujours la montagne, des emplois saisonniers qui font vivre une grande partie des habitants de la région. La nuit : le destin fragile de dix mille hommes, femmes, enfants, qui, en l’espace de trois ans ont franchi la frontière à cet endroit et qu’on n’a pas vus, qu’on ne voit pas, qu’on ne verra jamais. Ce que j’observe le jour ne laisse pas imaginer ce qui s’y passe la nuit.

Didy de Gaël Kamilindi & François-Xavier Destors
Producteur : Compagnie des phares et balises
Aide accordée : 14 000 €
Que reste-t-il, trente ans plus tard, de la mémoire d'une mère partie trop tôt ?
Gaël Kamilindi n’avait que cinq ans lorsque Didy l’a quitté. Les souvenirs de sa présence se sont depuis perdus dans la fureur des guerres civiles et des génocides qui ont ravagés le Burundi puis le Rwanda et qui ont précipité son exil vers la Suisse. Aujourd’hui sur les planches de la Comédie-Française, il se risque à rouvrir les pages douloureuses de son histoire familiale en partant à la rencontre de huit femmes qui, chacune à leur manière, possèdent un fragment de Didy. Ce film est son voyage, en guise de sépulture.

La Dernière rive de Jean-François Ravagnan
Producteur : Les films d’ici
Aide accordée : 12 000 €
Un soir de janvier 2017, une vidéo se répand sur les réseaux sociaux, celle d’un jeune gambien en train de se noyer dans le Grand-Canal de Venise. Filmé avec un téléphone portable, le corps pétrifié par le froid semble se laisser couler malgré les quelques bouées de sauvetage jetées dans sa direction. Il avait 22 ans et s’appelait Pateh Sabally. À 4000 kilomètres de là, les voix et les visages de ceux qui sont restés racontent l’histoire qui a précédé ce drame, l’histoire au dos des images…

L’Envol d’Emma Aubin-Boltanski
Producteur : TS productions
Aide accordée : 14 000 €
Mahmoud est piégé dans un bidonville qui jouxte le camp de réfugiés de Sabra à Beyrouth. En 2014, il a fui la guerre qui ravage son pays, la Syrie. Matin et soir, il monte sur sa terrasse et s’envole. Il s’adonne au kashsh, la « passion du pigeon », un jeu très répandu au Proche-Orient auquel il consacre tous ses temps libres : il fait tourner des escadrilles de pigeons au-dessus des toits. Les yeux rivés vers le ciel, il s’échappe et rêve, mais le kashsh engage aussi son honneur et sa virilité, et peut dégénérer. Les armes ne sont jamais loin.

Les Nouveaux Bisons de Camille Ropert
Producteur : Les films de l’œil sauvage
Aide accordée : 17 000 €
Au travers de portraits bruts et sensibles, le film explore le quotidien de quatre personnes. Connectées par leur histoire, leurs passions et leurs combats, elles assistent à la lente et inaudible agonie de leur écosystème. En grande partie ignorée pour des raisons économiques, cette menace d’extinction résonne dans l’histoire comme un sentiment de déjà-vu.

Os barcos de Vincent Boujon
Producteur : The kingdom
Aide accordée : 14 000 €
Solar do Unh?o est une favela située en bord de mer, à la frange des riches quartiers de Salvador do Bahia. Alors que depuis 50 ans ses habitants craignaient une expulsion, la justice brésilienne vient enfin d’ordonner la préservation de ce lieu. La prochaine fête annuelle que cette communauté de pêcheurs organise en l’honneur de Iemanja – leur déesse protectrice – célèbrera cette grande nouvelle. Ses préparatifs seront l’occasion de se retrouver, d’échanger, et surtout d’imaginer et d’organiser cet avenir qui s’offre à eux.

Récréations 2 de Claire Simon
Producteur : Les films Hatari
Aide accordée : 12 000 €
Plongée dans les relations entre les enfants pendant les récréations de l’école primaire. Où l’on découvre comment les écoliers utilisent leur temps libre pour inventer et mettre en pratique l’économie et la différence sexuelle.

Les Vies devant soi de Diego Governatori
Producteur : Les films Hatari
Aide accordée : 14 000 €
Mon père est peintre. Ce métier solitaire l’isole et le coupe des autres, irrémédiablement. Aujourd’hui cependant, une lueur apparaît. Il trouve dans la foi spirituelle un sentier lumineux qui le guide vers les autres. Il est prêt, semble-t-il, à une vie nouvelle.

commission du 29 avril 2021

Algérie métal : ma décennie de sang et de son de Bilal Beghoura & Karim Bengana
Producteur : Cocottes-minute productions
Aide accordée : 14 000 €
L’Algérie metal, ma décennie de sang et de son est l’histoire oubliée d’une génération transcendée par un genre musical. Cette génération, c’est la jeunesse algérienne ayant vécu les années 1990, celle de la guerre contre l’intégrisme religieux. Le genre, c’est le Heavy metal. A la manière du documentaire de Patricio Guzman « Chili, la mémoire obstinée », le film, porté par le regard d’un passionné de Heavy Metal, part à la recherche d’un passé oublié entre regret et espoir.

La Base de Vadim Dumesh
Producteur : Les films de l’œil sauvage
Aide accordée : 13 500 €
Le long-métrage La Base plonge les spectateurs au sein du centre de transit isolé de l’aéroport Roissy Charles de Gaulle - un endroit singulier, hors du temps, où les chauffeurs de taxi parisiens de tous horizons, munis des caméras de leurs smartphones, se réapproprient le temps et l’espace, et préservent leur mémoire face aux catastrophes imminentes de la mobilité.

Haven de Laura Henno
Producteur : Les mangroves
Aide accordée : 16 000 €
En plein désert de Sonoran au Sud de la Californie, Slab City est une « ville » qui n’apparait sur aucune carte. Peuplé de caravanes, cet Outre Monde accueille depuis les années 50 ceux que l’Amérique laisse hors-champ, formant un territoire libre mais enclavé dans la plus grosse base militaire aérienne américaine.

La Ligne claire de Dominique Marchais
Producteur : Zadig productions
Aide accordée : 12 500 €
De prime abord La ligne claire est le portrait d'une rivière, mais très vite le film devient le portrait d'une famille de rivières, d'un bassin versant, celui de l'Adour et des Graves pyrénéens. Donc le portrait d'un territoire raconté par son eau, par ses eaux.

La Marseillaise des ivrognes de Pablo Gil-Rituerto & Célia Alba Lombardia-Gonzalez
Producteur : Les films de l’œil sauvage
Aide accordée : 15 500 €
En 1961, le groupe Cantacronache voyage clandestinement en Espagne pour documenter des chansons populaires de la résistance antifranquiste. Guidés par leur journal de bord, une équipe de cinéastes reproduit le périple à la recherche des voix originales aujourd'hui. Les deux voyages se fondent et se confondent.
Mémoire orale et paysage. Traversée d'une géographie émotionnelle et politique. Que reste-t-il de ces chansons, de la mémoire de leurs luttes ?

Mémoires filantes de Mariana Otero
Producteur : Tu vas voir
Aide accordée : 15 000 €
Après avoir été écrite en 1944 dans un camp de travail forcé sur le front russe par un père juif hongrois à son fils de quatre ans, une carte postale réapparait en 2020 dans une vidéo filmée à bord de la Station Spatiale Internationale. Comment cette carte postale s'est-elle retrouvée là ? Voici le point de départ d'une enquête et d'un voyage à travers la Hongrie qui me permettra de faire la lumière sur un épisode peu connu de la Shoah et d'interroger la manière dont se construisent les mémoires intimes et collectives.

Nomad Serenity de Sébastien Wielemans
Producteur : Yuzu productions
Aide accordée : 9 000 €
Pendant plus de 40 ans, Linda a déménagé 24 fois. Mais sur le point de sombrer au sein d’une classe moyenne américaine surendettée, cette sexagénaire est soudainement guidée par la voix divine qui lui suggère de prendre une nouvelle voie, au sein de sa vieille Honda Acura, surnommée « Serenity Sedan »… Entre ses vidéos enthousiastes postées sur Youtube, son blog, son business en ligne et ses boulots saisonniers, Linda revit en tant que nomade. Mais malgré ses nombreux amis en ligne, Linda commence doucement, au fil des kilomètres, à se sentir seule…

Les Oubliés de la belle étoile de Clémence Davigo & Anne Paschetta
Producteur : Alter ego production
Aide accordée : 10 000 €
La Belle Étoile évoque, pour beaucoup de Savoyards, un centre de redressement créé et dirigé d’une main de fer par l’abbé Garin, des années 50 aux années 70. Ce sont plus de 500 petits garçons âgés de 5 à 16 ans qui ont vécu chaque année dans cette prison qui ne disait pas son nom. Orphelins, pupilles de la nation, enfants de la DASS, beaucoup ont connu là les pires heures de leur jeune existence. Aujourd’hui Dédé, Andrea, Michel, Daniel, Roland et Mario sont bien vivants malgré des parcours cabossés. Réunis le temps d’un été, à quelques kilomètres de la Belle Étoile, ils se souviennent et dessinent, chacun à leur manière, un portrait en creux d’un lieu et d’une époque, pas si lointaine, où l’enfant devait être plié et redressé. Si tous ces hommes ont en commun des souvenirs forcément douloureux, le 4lm leur donnera aussi l’occasion d’exprimer au présent ce qui les relie : la ferme envie de célébrer la joie d’avoir survécu, malgré tout.

Robert Kramer, éprouver le monde de Richard Copans
Producteur : Les films d’ici
Aide accordée : 13 000 €
Robert Kramer est mort depuis 20 ans. Le moment est venu pour moi de faire le deuil. Mais je n’ai pas le désir de faire une bio-filmographie. Je cherche à faire le récit de son attitude face au monde, de ce qui fonde son travail de cinéaste. Je parcours ses territoires, je retrouve ses amis. Je mets l’accent sur son désir de faire de la complexité du monde une expérience que le cinéma peut transmettre.

Solid de Marius Vanmalle
Producteur : 13 productions
Aide accordée : 11 000 €
Solid Mike c’est le gars qui roule des mécaniques. Marseillais, grand, baraqué, blagueur, macho. Depuis un peu plus d’un an, Solid Mike est Youtuber. Et comme des milliers de Youtubers, Solid Mike veut faire le buzz. Sur internet ses fans sont catégoriques : «?Solid Mike, tu vas percer !?». Pour eux, il est leur étoile montante. Mais pour moi, Solid Mike c’est avant tout Mickaël, mon ami de lycée...

Trauma d’Anca Hirte
Producteur : Les films du berger
Aide accordée : 13 500 €
La mort est la seule certitude de la vie. Quand on est confronté de trop près à la mort, on subit un trauma qui nous transforme radicalement. Le métier de soldat est le seul métier dont l'outil de travail est la mort.

Une arme à la main, j’ai traversé le désert de Laurence Garret Decoufle & Juan Manuel Sepulveda Martinez
Producteur : Acqua alta
Aide accordée : 14 000 €
Une arme à la main, j'ai traversé le désert conte la quête d'un espace à soi de Daniel Aaron Torres. Une élégie entre son enfance dans le Nord du Mexique, une adolescence en Utah dans la vallée des Mormons, la guerre en d'Irak en tant que jeune marine et un retour épique à Tijuana. Daniel Torres est habité par l'idée que l'esprit de sa grand-mère, jadis chamane, lui a sauvé la vie.

Une des mille collines de Bernard Bellefroid
Producteur : Tchin tchin production
Aide accordée : 12 000 €
Une des mille collines est un film sous forme d'enquête pour découvrir comment et par qui ont été exécutés les enfants d'un village du Rwanda pendant le génocide. A hauteur de femmes et d'hommes, le film tentera dans le même temps d'approcher des mécanismes sophistiqués qui ont conduit des voisins proches ou amis à exterminer leurs voisins proches ou amis. Le film tissera au final le portrait d'une colline et de ses habitants, condamnés à revivre ensemble, vingt-cinq ans plus tard.

Une île de Sara Rastegar & Simone Pozzi
Producteur : Bocalupo films
Aide accordée : 13 000 €
Au nord de la Sicile, une île en forme de cône fumant surgit de la Méditerranée, solitaire et mystérieuse. Lieu de fascination depuis l’Antiquité, de l’Odyssée d’Homère aux écrits de Jules Verne et rendu célèbre par le film de Rossellini, le Stromboli est aussi un des volcans les plus actifs de la planète. Guidés par Francesco, un volcanologue qui vient régulièrement du continent pour sonder l’activité du volcan et en percer les mystères, ce film dresse le portrait d’une île en pleine mutation dont les problématiques écologiques et économiques reflètent à plus grande échelle celles de notre société.

commission du 16 février 2021

Ali Reza de Pouria Hossein-Pour
Producteur : Artisans du film
Aide accordée : 11 000 €
Je suis né en France dans une famille iranienne après la Révolution de 79. Mon père était un partisan fidèle du Shah et son frère Ali Reza un révolutionnaire. Ali Reza a été assassiné à Paris quand j'avais un an. Personne n'a jamais su les raisons de sa mort. Mon père a toujours refusé d'en parler. Pour briser son silence, je décide de retourner en Iran sur les traces de la vérité.

Chine, j’irai vieillir de Nakita (Jaqueline) Lameiras Ah-Kite
Producteur : Les films du bilboquet
Aide accordée : 17 000 €
Chine, j’irai vieillir aborde la Chine moderne en s’immergeant dans le quotidien d’un parc public accompagné par différents groupes de personnes âgés de 60 à 80 ans. Ils y chantent des répertoires révolutionnaires, certains dansent des valses, d’autres du disco pendant que des bandes jouent au plumfoot ou au mahjong. Un vent de liberté apporté par le loisir, la détente, le rire et la sociabilisation semble souffler dans l’enclos du parc. Cette nouvelle classe de retraités s’y déchaîne en offrant des performances collectives où chacun participe et regarde. La vieillesse y fait preuve d’une sorte d’excentricité ou semble y trouver un exutoire qu’on ne retrouve nulle-part ailleurs. Dans cette cacophonie effrénée, se détachent quelques personnages âgés qui chantent en contre-point les recoins de leurs vies intimes révélant les revers d’une condition bouleversée par des changements de la société.

Et la vie continue ? de Racha Baroud & Roy Arida
Producteur : Stank
Aide accordée : 13 000 €
En 2010, Roy tourne un film au Liban : Ba’adana, l’histoire d’un couple qui se délite à l’approche du départ du jeune homme pour un ailleurs qu’il s’imagine meilleur. Une scène du film avait été tournée dans le port de Beyrouth avec la participation de trois employés rencontrés sur place. Le 4 août 2020, 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium négligemment stockés dans le port provoquent une des plus grosses déflagrations de l’histoire. 200 personnes y laissent leur vie. 5000 sont gravement blessées. Suite à la catastrophe, Roy et Racha partent à la recherche des trois employés qu’il avait fait jouer dans son film 10 ans auparavant.

Mon nom est carnaval de Safia Benhaim
Producteur : Bathysphère productions
Aide accordée : 13 000 €
Durant quelques jours, fin février, les rues d'une ville sont envahies d'êtres étranges : des hommes-monstres recouverts d'algues vertes luxuriantes, une femme-pirate sanguinaire, des hommes coquettes parés de robes insensées… Les hommes se marient entre eux, on chante très fort, on ne dort plus, la nuit prend le pas sur le jour, et, dans les bars, chez les gens ou sur le port, entre deux danses ivres de joies, ces créatures nous racontent leurs vies inventées... Pendant "Les Gras", à Douarnenez, on n'est plus Erwan ou Nolwen, mais on devient ce qu'on a décidé d'être - on traverses les genres, on est méduse ou ruisseau. L'imagination et l'abandon à tous les vertiges sont l'unique loi : à Douarnenez, le Carnaval de Mardi-Gras est encore sacré.

Martha et les lumières de la ville de Julia Rostagni
Producteur : Les films de la pépinière
Aide accordée : 13 000 €
Le quartier des Crottes à Marseille, qui fut celui des dockers du port autonome pendant longtemps, va devenir d’ici quelques années, le quartier connecté Smartseille. A quelques centaines de mètres, au cœur de l’enceinte portuaire, l’ancien bunker construit par les nazis durant la guerre, Martha, se transforme en data-center. Selon les promoteurs du projet, « ce serait une chance pour Marseille ». Les habitants expropriés eux, préparent leurs cartons. Les jeunes travailleurs du câble, déploient la fibre optique sous contrat précaire. Un marin câblier de Marseille nous envoie des nouvelles de Singapour. Et des scaphandriers se racontent leurs rêves. Tous ont un lien indéfectible avec le port. Quelle place leur réserve cette nouvelle ville numérique qui se construit ?

Outrenoir d’Elsa Oudry
Producteur : Les films de la pépinière
Aide accordée : 12 000 €
Dès que j’ai vu Fabienne danser, j’ai su qu’elle m’emmènerait dans un autre monde, au-delà du langage. C’était la première fois que je voyais un corps tout entier parler. Fabienne est une danseuse malvoyante. D’ici quelques mois, elle sera totalement aveugle. D’un foyer de réinsertion où elle provoque des enfants en rupture avec le monde, au cours qu’elle prend pour perfectionner son geste, aux plateaux de danse contemporaine où elle se risque, j’enregistre depuis une année son corps qui se bat et qui fonce vers son destin. Danser c’est rendre visible ce qui est caché.

Peaches goes bananas de Marie Losier
Producteur : Tamara films
Aide accordée : 10 000 €
Peaches Goes Bananas ! dressera le portrait intime de la chanteuse et performeuse canadienne Peaches. Ce film concerne une partie de la vie de cette artiste multiple, toujours à la recherche de formes nouvelles et en constante métamorphose, où son histoire intime s'entrecroise sans cesse avec la frénésie de son personnage de scène, avec humour et mélancolie.

Qu’est-ce qu’on va penser de nous de Lucile Coda
Producteur : Mille et une films
Aide accordée : 10 000 €
Il a été ouvrier, cantonnier, balayeur. Elle a toujours été secrétaire. Mes parents s’inquiètent. Pourquoi n’ai-je pas de travail après de longues études si chères ?
En mêlant récit autobiographique et instants de vie familiale, je tente de retracer le chemin parcouru entre mes rêves d’ascension sociale et ma désillusion.

The Jacket de Mathijs Poppe
Producteur : Fulgurance
Aide accordée : 13 000 €
Jamal Hindawi (50), palestinien, vit avec sa famille dans le camp de Chatila à Beyrouth, où il fait du théâtre politique. La veille du soir de la première représentation d’une pièce, Jamal perd l’accessoire principale de la pièce : une vieille veste qui représente l’identité palestinienne. Il part à sa recherche dans les rues de Beyrouth, une ville qu’il connaît mal et où il n’a jamais trouvé sa place. Habitué à vivre dans le camp de Chatila et à ne fréquenter que la communauté palestinienne, il y découvre une autre réalité, des protestations de la population libanaise contre le régime dirigeant, des travailleurs étrangers d’autres origines.