Fonds d'aide à l'innovation en documentaire de création : résultats de commission du 26 juin 2026

Résultats des commissions

26 juin 2026


Aide au développement renforcé

Ben û Sen d’Ahmet Petek
Producteur : DRYADES FILMS
Aide accordée : 60 000 €
Diyarbakir, au sud-est de la Turquie, est l’une des principales villes kurdes du pays. En 2019, le gouvernement turc arrête le maire kurde élu et nomme un gestionnaire qui entame la démolition de Ben û Sen, le quartier où ma famille avait trouvé refuge après des expulsions plus anciennes. Avec ma caméra, je filme la violence des démolitions et j’interroge : que reste-t-il de la communauté de Ben û Sen ?

Ce qui n’excuse pas la société d’Arthur Thomas-Pavlowsky
Producteur : PETIT A PETIT PRODUCTION
Aide accordée : 55 000 €
Dans les environs de Grenoble, un petit ruisseau longe une institution de la protection de l’enfance à laquelle il a donné son nom : Le Charmeyran. Dans le huis clos du bâtiment des professionnels, je filme l’équipe d’Amarante guidée par Élise, leur cheffe de service. Lors des réunions, la parole des adultes évoque les réalités brutales des enfants accueillis au sein du foyer : drogue, prostitution, inceste, violences. Au fil du temps, les éducateurs cherchent des réponses, s’ajustent et encaissent, mais face à l’intensité des parcours et à un système débordé, l’épuisement affleure. Leur engagement vacille et fait écho à mes premiers pas d’éducateur dans cette structure, lorsque j’avais 18 ans. Des années plus tard, je reviens poser ma caméra dans un lieu que je n’ai jamais vraiment su laisser derrière moi.

Le Coiffeur mal béni de Clément Jandard
Producteur : L’ŒIL VIF PRODUCTIONS
Aide accordée : 45 000 €
Quand Zak revient vivre avec nous dans notre squat à Paris, il n’est plus le même : des voix dans sa tête semblent guider ses gestes et dicter son comportement. À sa sortie de l’hôpital psychiatrique, nous menons ensemble une quête pour comprendre ces voix et l’aider à reprendre le contrôle de son corps et de sa vie.

L’Enfant mascotte d’Ana Sofia Fonseca
Producteur : LITTLE BIG STORY
Aide accordée : 40 000 €
Après avoir été capturé enfant et transformé en mascotte de guerre par l’armée coloniale portugaise en 1967, João rêve aujourd’hui de retrouver son frère resté au pays et son identité volée. Alors qu’il s’apprête à entamer ce voyage, son corps meurtri par une vie d’errance le trahit. Mais il confie à la réalisatrice plus qu’un message, une mission.

Les Bédouins d’Al Rachaïdeh d’Alaa Ashkar
Producteur : LA SOCIETE DU SENSIBLE
Aide accordée : 50 000 €
Farhan, jeune berger bédouin, vit avec sa famille dans le désert de Cisjordanie, où leur mode de vie ancestral est fragilisé par la sécheresse et un contexte politique violent. Face à ces bouleversements, et sur près de dix ans, le film suit les espoirs et les tensions de la famille alors qu’à l’arrière-plan, la guerre n’en finit pas de gronder.

Les Filmeuses d’Anna Salzberg
Producteur : MASSALA
Aide accordée : 40 000 €
Des images en noir et blanc. Des femmes pratiquent des avortements, se réunissent, crient leur colère ensemble. Les Filmeuses est un film construit à partir d’archives amateures de collectifs de femmes qui filmaient elles-mêmes leurs luttes dans les années 1970. Elles font des films tonitruants, politiques, intimistes, avec les moyens du bord mais bouleversants… Pourquoi ce véritable trésor matrimonial n’était-il pas venu jusqu’à nous ? Je cherche les filmeuses aujourd’hui, aux quatre coins de la France. Quelle est leur histoire ? Que sont-elles devenues ? Ont-elles fait d’autres films ?
Peu à peu, se construit un film-miroir dans lequel je cherche, avec un groupe d’amies féministes de ma génération, à renouer avec ces pionnières pour dessiner des formes de vies et de cinéma plus désirables.

Mange des oignons et oublie le passé d’Émilien Awada
Producteur : DARJEELING
Aide accordée : 55 000 €
Je suis né d’un amour interdit.
Au Liban, tout oppose mes parents : religion, culture, classe sociale. Les lettres qu’ils échangent en secret durant la guerre civile me conduisent à Beyrouth et dans le sud du pays, où je tente de saisir l’écho de leurs voix dans le présent. Puis-je appartenir, alors que des identités irréconciliables me traversent, et que le drame de l’exil et des séparations se rejoue sans cesse ?

Ne pleure pas Bibi de Maryam Goormaghtigh
Producteur : BARBEROUSSE FILMS
Aide accordée : 40 000 €
Ramèche et Georges, forment un couple vivant ensemble depuis 60 ans entre l’Iran, la Chine, la Belgique, la France et la Suisse. Leur relation est mise à rude épreuve lorsque Ramèche est diagnostiquée de la maladie d’Alzheimer. Ensemble ils replongent dans leurs souvenirs avant qu’elle ne les oublie complètement. Ce voyage mémoriel les confronte à des souvenirs parfois douloureux mais montre aussi un amour sans fin qui traverse les décennies.

Protective Presence de Yohan Guignard
Producteur : L’ENDROIT FILMS
Aide accordée : 60 000 €
Aaliyah est une jeune bédouine de la vallée du Jourdain dont le village est encerclé par des avant-postes de colons extrémistes. Depuis sa maison, menacée de démolition, elle filme tous les jours les intimidations et les crimes de ces envahisseurs. Dans son combat, elle est aidée par Guy et son groupe d’activistes israéliens qui patrouillent autour du village pour faire face aux colonisateurs et documenter leurs crimes. Gabriel, fusil en bandoulière, patrouille autour du village dans son pick-up, il est le bras armé qui protège et encourage les actions des colons. Entre les crimes, la vie quotidienne et les guerres régionales, chacun protège sa réalité. Jusqu’au jour fatidique où les colons expulsent Aaliyah et son village.

Regarde, un cheval ! de Janis Reyes Hernández
Producteur : 529 DRAGONS
Aide accordée : 60 000 €
El Asiento, un petit village cubain. Une rue, une épicerie, des maisons aux vieilles couleurs, brûlées par le soleil. Trois cents habitants qui attendent depuis des décennies le progrès. Et ce n’est pas l’arrivée d’Internet, des énormes télés, de motos qui remplacent les chevaux, ni le confort d’un mode de vie capitaliste ramené par ceux qui ont tenté leur chance aux États-Unis qui semblent changer les choses. Ici, il n’y a presque rien à manger. Mais les gens semblent s’en accommoder, et je les filme là où ils se tiennent… dans l’attente.
En revenant à El Asiento, où je suis née, je réalise que ce temps passé à « faire le rien » est sans doute l’un des seuls trésors qui nous reste.

Tsy maty ny maty de Romane Schirm
Producteur : CELLULO PROD
Aide accordée : 60 000 €
Troublée par les portraits d’ouvriers réalisés par mon arrière-grand-père pendant la colonisation à Madagascar, je pars à la recherche de celles et ceux qui pourront me raconter l’histoire de ces travailleurs forcés. Je fais la rencontre des habitants d’un village des Hautes Terres, dépositaires de l’histoire coloniale. Les images de mon aïeul et les récits des villageois s’entrelacent, dessinant un réel habité de fantômes, de rituels et de résistance.