- Type de publication : Etude prospective
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Année :
15/06/2026
Etude annuelle sur la production audiovisuelle aidée par le CNC.
Des investissements sur la production aidée en 2025 à un deuxième plus haut niveau historique
En 2025, le CNC a soutenu la production de 4 157 heures de programmes audiovisuels français, en recul de 4,3 % par rapport à 2024 (4 345 heures) et à un niveau inférieur à la moyenne de la décennie (4 362 heures par an en moyenne entre 2016 et 2025). A noter que la baisse sur un an est portée par l’animation (-10,0 % à 282 heures), le documentaire (-9,4 % à 1 646 heures) et le spectacle vivant (-7,2 % à 776 heures) ; le volume de commandes de fiction étant stable (+0,8 % à 1 135 heures) et celui du magazine d’intérêt culturel en très nette hausse (+25,2 % à 319 heures). Les devis totaux diminuent de 7,5 % par rapport à 2024 et atteignent 1,9 Md€ en 2025. Ils se maintiennent toutefois à un deuxième plus haut niveau historique, porté par la fiction. A 1,2 Md€ de devis au total, le genre atteint son deuxième plus haut niveau historique (+22,0 % au-dessus de la moyenne des 10 dernières années), quand les autres se situent davantage dans la moyenne de la décennie, voire en-dessous.
Le montant des aides allouées à la production de programmes audiovisuels (y compris compléments et hors aides amont) s’élève à 243,4 M€ en 2025, en léger repli de 3,5 % par rapport à 2024, mais un niveau en ligne avec la moyenne des 10 dernières années (242,3 M€ par an). La fiction est toujours le genre le plus soutenu par le CNC avec 97,2 M€, devant le documentaire à 67,5 M€, l’animation à 48,2 M€, l’adaptation audiovisuelle de spectacle vivant à 27,8 M€ et le magazine d’intérêt culturel à 2,8 M€.
En 2025, le CNC apporte 58,6 K€ par heure aidée, tous genres confondus, relativement stable par rapport à 2024 (+0,9 %) et supérieur à la moyenne de la décennie (55,6 K€). L’apport horaire du CNC est plus élevé que cette moyenne sur dix ans pour le documentaire (41,0 K€ en 2025, contre 37,5 K€ sur la période 2016-2025) et l’animation (171,1 K€, contre 160,7 K€) et dans la moyenne pour les autres genres : à 85,7 K€ pour la fiction (85,8 K€ sur la moyenne 2016-2025), 35,8 K€ pour l’adaptation de spectacle vivant (35,1 K€) et 8,7 K€ pour le magazine d’intérêt culturel (9,9 K€).
.Fiction : un volume horaire au plus haut derrière 2021, porté par le dynamisme des feuilletons
Avec 1 135 heures en 2025 (+0,8 % par rapport à 2024), le volume de fiction aidé atteint un deuxième plus haut niveau historique derrière 2021 qui était une année de rattrapage post-crise sanitaire (1 314 heures), une hausse portée par la multiplication des feuilletons ces dernières années (226 heures de feuilletons en 2016 et 549 heures en 2025). Les devis de fiction, bien qu’en baisse (-4,9 %), se maintiennent à un deuxième plus haut niveau historique également, à 1 160,2 M€. Le coût horaire recule de 5,7 % en 2025 par rapport à 2024, mais reste supérieur à 1 M€ (1 022,4 K€). Hors feuilletons, dont les coûts horaires sont structurellement plus faibles (bien qu’à un niveau record en 2025, à 507,8 K€ par heure) et qui constituent une part importante du volume (48,4 % du volume de fiction aidé en 2025), le coût horaire des fictions aidées s’établit à 1 505,2 K€, en recul de 4,3 % sur un an. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2023, les producteurs français délégués peuvent mobiliser du soutien pour des oeuvres destinées aux chaînes de télévision étrangères mais également aux services en ligne étrangers. Ces derniers investissent sur des programmes au coût largement plus élevé, à 2 325,8 K€ en 2025, toutefois en très net recul par rapport au record de 2024 (-31,0 %), baisse expliquée par le financement par Netflix du feuilleton Tout pour la lumière (90x25’ – TP2L Prod, Tel Sète), co-diffusé avec TF1, dont le coût horaire est 8 La production audiovisuelle aidée en 2025 bien loin des standards des programmes commandés par ces services. Hors feuilletons et hors projets SMAD, le coût horaire de la fiction est relativement stable, à 1 354,1 K€ (+0,4 %). En 2025, 699,6 M€ sont investis par les diffuseurs dans la production d’oeuvres de fiction aidée, une baisse de 4,2 % par rapport à 2024, dans la lignée de celle constatée sur les devis (-4,9 %), et à un deuxième plus haut niveau historique. La part des devis assumée par ces derniers progresse à 60,3 % (59,4 % en 2024). France Télévisions et le groupe TF1 renforcent leur position de premiers financeurs, avec respectivement 253,7 M€ (+2,3 % par rapport à 2024) et 232,5 M€ (+9,1 %). Ils sont suivis par le groupe M6, à 54,6 M€, en très nette hausse par rapport à 2024 (+38,5 %), essentiellement liée à la mise en production de la première et unique saison de Nouveau Jour (130x20’ – SND Fictions, ITC Prod, C. Productions). En 2025, les cinq services mondiaux de vidéo à la demande par abonnement (Apple TV, Disney+, HBO Max, Netflix et Prime Video) financent 14 oeuvres de fiction aidées dont quatre en co-financement avec d’autres diffuseurs (TF1, France Télévisions et M6), à hauteur de 147,6 M€ au total pour 91 heures de fiction, toutes en tant que premiers diffuseurs (162,9 M€ pour 70 heures toutes en tant que premiers diffuseurs en 2024).
Animation : une année 2025 dans un cycle bas mais des programmes mieux financés par les diffuseurs
282 heures d’animation ont été aidées en 2025, en recul par rapport à 2024 (-10,0 %) et de retour au niveau de 2023, soit un niveau inférieur à la moyenne de la décennie (308 heures en moyenne par an). La baisse constatée en 2025 semble liée à la plus forte présence de séries d’épisodes courts (moins de 8 minutes – 47,5 % en 2025, contre 32,7 % en 2024) et, à l’inverse, d’un nombre de productions dont la durée totale dépasse les 6 heures en retrait (22 en 2025, contre 28 en 2024). A noter que la production d’animation, marquée par des cycles de production de deux ou trois ans, connaît généralement de fortes variations annuelles des volumes comptabilisés ; 2024 était dans un cycle haut, et 2025 s’inscrit donc dans un cycle bas.
En lien avec la diminution du nombre d’heures aidées, les devis des programmes d’animation reculent à 252,6 M€ en 2025 (-12,8 % par rapport à 2024), et, avec eux, le coût horaire, à 896,6 K€ (-3,2 %), ce dernier se maintenant toutefois à un deuxième plus haut niveau historique. Si la contribution des producteurs accuse une baisse semblable à celle des devis en 2025 (-12,4 % à 60,9 M€), celle des diffuseurs est stable (-0,5 %), à 62,6 M€. Ces derniers financent ainsi mieux leurs programmes, à hauteur de 22,3 K€ en moyenne par heure, un plus haut niveau historique. Le groupe France Télévisions reste le premier financeur de l’animation audiovisuelle aidée, avec un investissement en très nette hausse à 36,9 M€ (+46,5 %, soit 58,9 % des investissements totaux des diffuseurs), devant le groupe CANAL+ (7,6 M€, soit 12,2 % du total) et le groupe TF1 (7,0 M€, soit 11,2 % du total).
Genre international par excellence, l’animation est le genre pour lequel la part des apports étrangers est la plus élevée, notamment en raison de coûts de production importants qui nécessitent l’intervention de partenaires plus nombreux, à 19,5 % en 2025, contre 6,4 % pour le documentaire et 3,7 % pour la fiction. A noter toutefois que la part des apports étrangers dans l’animation est à son plus bas niveau historique ; le genre souffre du contexte de contraction des investissements à l’international.
Documentaire de création : contraction du volume aidé mais maintien des apports horaires CNC et diffuseurs à un niveau élevé
Le volume de production de documentaires aidés diminue à 1 646 heures en 2025, en baisse de 9,4 % par rapport à 2024, en cohérence avec la récente contraction du marché (recul du nombre de commandes des diffuseurs et moins de cases dédiées). Dans le même temps, les devis reculent de 12,4 %, à 358,4 M€, entraînant une baisse du coût horaire, à 217,8 K€ (-3,3 %), au deuxième plus haut niveau cependant depuis 1994 (224,9 K€).
La baisse des apports est relativement similaire qu’il s’agisse des producteurs (-13,4 % à 67,8 M€), des diffuseurs (-12,7 % à 162,0 M€) ou encore du CNC (-12,1 % à 67,5 M€). Toutefois, l’apport du CNC se maintient à son deuxième plus haut niveau historique (41,0 K€ en 2025, contre 42,3 K€ en 2024), tout comme celui des diffuseurs (98,4 K€, contre 102,2 K€). Les apports étrangers diminuent moins significativement que les financements français : -6,2 % par rapport à 2024 à 22,9 M€ en 2025, contre -12,8 % à 335,5 M€. Le recul est exclusivement lié aux préventes (-35,7 % à 5,8 M€), les apports en coproduction augmentant entre 2024 (15,3 M€) et 2025 (17,0 M€, soit +11,3 %). Les diffuseurs publics sont, de loin, les premiers contributeurs du genre avec 75,3 % des apports totaux des diffuseurs. Le groupe France Télévisions est le premier contributeur avec 87,0 M€ (53,7% du total), loin devant le groupe Arte (34,1 M€, soit 21,1 %) et le groupe CANAL+ (15,0 M€, soit 9,3 %).
Adaptation audiovisuelle de spectacle vivant : une production qui revient à son niveau de 2022 mais mieux financée par les diffuseurs
En 2025, le nombre d’heures aidées d’adaptations de spectacle vivant recule, à 776 heures (-7,2 % par rapport à 2024), de retour au niveau de 2022. Dans le même temps, les devis diminuent de 9,2 %, à 99,7 M€, entraînant une baisse du coût horaire de 2,1 % sur un an, à 128,4 K€. Les diffuseurs sont les premiers contributeurs du genre (42,9 % des devis totaux), devant les aides du CNC (27,9 %) et les producteurs (25,5 %). Le taux de couverture des devis par les diffuseurs atteint son plus haut niveau historique en 2025, battant le record de 2024. France Télévisions reste le premier financeur du genre (21,8 M€, soit 51,0 % des investissements totaux des diffuseurs), très loin devant le groupe Arte (5,9 M€, soit 13,9 %) et le groupe CANAL+ (3,1 M€, soit 7,3 %). Les trois groupes audiovisuels affichent toutefois des investissements en recul, respectivement -4,7 %, -8,9 % et -51,1 %.
Les apports du CNC diminuent également à 27,8 M€ en 2025 (-8,4 % par rapport à 2024), en cohérence avec la baisse des devis, mais l’apport horaire se maintient, quant à lui, à 35,8 K€ (-1,2 %).