Le modèle économique des films d'initiative française

Le modèle économique des films d'initiative française

Etude présentée le 9 juin 2026 à l'Assemblée Nationale dans le cadre de la Commission des affaires culturelles.

A retenir :

  • Une production d'initiative française largement exploitée sur l'ensemble des circuits de distribution
    • 70 % des films sont diffusés sur au moins 5 des 6 circuits analysés (salles en France, salles à l'international, vidéo physique, location/ vente à l'acte en digital, plateformes de streaming par abonnement, TV)
    • Peu de films sortent uniquement dans les salles françaises (2 %)
      => d'où la nécessité de prendre en compte l'ensemble du cycle d'exploitation d'un film
  • L'export, un marché essentiel : les salles à l'international génèrent 36 % des recettes totales des films français, et constituent une source de revenus pour 8 films français sur 10
     
  • Les plateformes de streaming par abonnement : avant la mise en œuvre du décret SMAD, un marché récent, encore peu créateur de valeur, et bénéficiant davantage aux films de catalogue
     
  • Une concentration naturelle des revenus sur les deux premières années mais des films qui continuent de générer des recettes sur la durée
    • 90 % des recettes des films sortis entre 2012 et 2014 sont réalisées sur les deux premières années
    • 9 films sur 10 continuent à générer des recettes 10 ans après leur sortie (notamment en TV, vidéo physique, VàD)
  • Une équation financière globalement positive bien que fragile pour les producteurs/investisseurs : un film d'initiative française a dégagé en moyenne sur la période 2021-2024 un solde net de production positif de 158 K€
    • Un solde net positif qui représente 3,7 % du coût de fabrication d'un film
    • Des revenus qui seront ensuite partagés entre les différentes parties intéressées: producteurs français et étrangers, coproducteurs TV, SOFICA et éventuellement talents
       
  • Une part croissante de films qui parviennent à l'équilibre au fil de leur exploitation, avec, in fine, 4 films bénéficiaires sur 10
    • 20 % des films dégagent un solde positif dès leur exploitation en salles, 37 % après leur exploitation sur l'ensemble des circuits
    • Une performance globale qui reflète le modèle économique du cinéma: les films bénéficiaires font plus que compenser les films
      déficitaires
  • Une exploitation salles en France néanmoins déterminante pour la valeur de l'oeuvre sur les autres circuits
    • Une capacité à recouper ses investissements qui croît avec le nombre d'entrées salles, avec une contribution des autres circuits plus
      significative au-delà de 100 000 entrées
  • Une amélioration de la capacité des distributeurs en salles à recouper leurs investissements au fil de la période
    • 46 % des films 2012-2021 génèrent un solde net de distribution positif à l'issue de l'exploitation en salle qui permet aux distributeurs salles de recouper leurs investissements en MG et frais d'édition
    • Un taux qui n'était que de 36 % en début de période et dépasse les 50 % depuis 2017, grâce notamment à la rationalisation des investissements des distributeurs sur ces films, à la chute des frais techniques d'édition et au renforcement des soutiens à la distribution sur la période
    • Une mutualisation des risques qui porte ses fruits : les distributeurs salles ayant investi dans un MG groupé (couvrant au moins un autre
      circuit d'exploitation après la salle) ont plus de probabilités de recouper leurs frais (58 % vs. 48 % pour un MG salles isolé)