Comment sont sélectionnées les séries de Séries Mania ?

Comment sont sélectionnées les séries de Séries Mania ?

19 mars 2019
Séries et fictions TV
"The Red Line", série présentée en ouverture de Séries Mania 2019 Warner Bros Entertainment Inc.
Qui décide ? Et sur quels critères ? Le directeur artistique du festival, Frédéric Lavigne, nous explique en détails comment se passe la sélection des séries proposées aux festivaliers de Séries Mania.

Combien de séries seront visibles à Séries Mania cette année ?

On en a 70 au total. Dix séries en compétition officielle, six séries en compétition française, quinze séries dans le « Panorama international », dix en format court, huit dans la section « Best of USA », sept dans les comédies... Ce qui fait qu'à la fin on arrive à 70 séries proposées, en comptant tout, même les rétrospectives.

Et combien de séries avez-vous vu pour arriver à cette sélection ?

Si l'on compte tout ce qu'on a vu en festival, en déplacement et tout ce qu'on a reçu, on doit être environ à 450 séries depuis le mois de septembre ! Pour voir tout ça, il y a un comité de sélection que je dirige, qui est composé de 5 personnes. Et la directrice du festival, Laurence Herszberg est la 7e personne qui choisit. On lui soumet quand on estime que ça peut être intéressant pour la programmation.

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Vous avez des critères de sélection ?

On n'a pas de critères systématiques, quantifiés. C'est vraiment une évaluation artistique avant tout. On peut aussi choisir une série pour des considérations industrielles, mais toujours si la qualité artistique est au rendez-vous.

Et concrètement comment vous fonctionnez ?

Chacun regarde une série et si elle plaît, alors les autres la regardent aussi et on débat ensuite. Évidemment, on ne regarde pas tous les épisodes. Généralement, c'est deux épisodes (pour les dramas de 45 min/1heure) parce qu'on simule ce qui se passerait au festival, si on décidait de la choisir. Parfois, si la production est en cours, on regarde juste le pilote et un peu plus tard le deuxième. Et quand il s'agit de comédies, de formats de 30 minutes, on demande trois épisodes, pour faire une séance d'1h30. On se met vraiment dans la situation des spectateurs qui pourraient venir voir la série ensuite au festival.

Qui décide au bout du compte quelle série sera en sélection officielle ? Quelle autre série sera hors-compétition ?

C'est moi qui prends la décision au bout du compte, après validation de la directrice, Laurence Herszberg. Mais c'est ma responsabilité avant tout. Parfois, ça fait débat. Parfois, il y a de vrais désaccords, des séries que moi seul défends, ou certaines séries que Laurence préfère, ou certaines que je laisse être sélectionnées, parce que j'ai bien vu qu'elles généraient un intérêt, même si je ne partage pas cet intérêt... En même temps, l'idée, c'est d'être éclectique. Que tous les genres, toutes les formes soient représentées. Il y a tous ces critères-là qui rentrent en compte aussi. Une programmation, c'est extrêmement pensé, pour qu'il y ait un maximum de pays, de continents, de genres...

Vous vous imposez par exemple, d'avoir tant de pays ou tant de chaînes représentés ?

Ce n'est pas chiffré. Mais si on se rend compte qu'on n'a que des séries européennes, on se dit qu'on va reconsidérer des séries qui viennent d'autres continents, pour équilibrer un peu. Par exemple, sur l'Angleterre, on a l'embarras du choix. Sauf qu'on ne veut pas qu'il y ait 8 séries anglaises sur 15 dans le « Panorama international ». Donc on fait des choix. Et puis l'autre critère majeur, c'est la nouveauté. On est aussi un festival de « premières ». Cette année, on a plus de 30 premières mondiales. C'est un chiffre qu'on n'avait jamais atteint. Ainsi, à qualité égale, on va favoriser des choses plus récentes, plus inédites.

C'est difficile de convaincre les chaînes, les productions, de venir présenter une série en avant-première à Séries Mania ?

De moins en moins heureusement. Après, c'est forcément plus compliqué avec les séries anglo-saxonnes, où il faut à la fois convaincre l'éventuelle chaîne française qui a acheté la série, mais aussi le distributeur international, qui est le premier interlocuteur. Parce que lui a une stratégie de communication à l'étranger, évidemment, et Séries Mania est considéré comme un moment de lancement mondial ou local. On discute aussi parfois avec les chaînes d'origine, qui ont leur mot à dire. Et enfin avec les producteurs, notamment sur les séries européennes, qui donnent aussi leur avis. Cela veut dire qu'il faut convaincre quatre personnes différentes ! On passe beaucoup de temps à les convaincre que notre festival est le meilleur endroit pour lancer leur série...

Quel impact représente une sélection à Séries Mania dans la vie d'une série ?

Le festival a un vrai impact pour les séries de la compétition internationale. On l'a vu par exemple ces dernières années avec la série argentine « El Marginal », ou les séries israéliennes « On the Spectrum » et  « Your Honor ». Ces séries ont été vendues dans des dizaines de territoires, dans la foulée de leur succès à Séries Mania. Le festival sert aussi à ça, à mettre dans la lumière des séries qui n'y sont pas habituellement.