« Lucky Luke » ou comment adapter une icône de la BD française

« Lucky Luke » ou comment adapter une icône de la BD française

20 mars 2026
Séries et TV
« Lucky Luke »
« Lucky Luke » créée par Thomas Mansuy et Mathieu Leblanc Fédération Studios France - Un pour tous Productions - 2026

C’est le cow-boy le plus célèbre du 9e art. À quelques heures de l’avant-première de Lucky Luke, présenté hors compétition, au Festival Séries Mania à Lille ce dimanche 22 mars, décryptage de cette nouvelle série live avec ses créateurs, Thomas Mansuy et Mathieu Leblanc. Une production ambitieuse, entre adaptation d’une icône française et rêve de western.


Comment décririez-vous votre Lucky Luke ?

Mathieu Leblanc : Il cache bien son jeu, notre Luke. Il est dans le « Ouaip ! », à l’image du Lucky Luke de la BD, mais il a une capacité d’émotion bien plus grande. Il est en retenue et il va se livrer au fur et à mesure. Nous passons d’un Lucky Luke très posé, très sobre comme dans la bande dessinée, à un Lucky Luke plus fragile, avec un petit cœur qui bat. Un Lucky Luke qui peut être abîmé physiquement. Un peu fatigué. Nous l’avons colorié en somme.

Quelle était l’idée directrice de votre adaptation ?

Mathieu Leblanc : Je peux vous raconter que, dans le premier jet, ça débutait par l’enterrement de Jolly Jumper ! Nous avions un Lucky Luke à la Clint Eastwood, qui n’arrivait plus à tirer plus vite que son ombre, et qui prenait sous son aile un jeune apprenti pour lui succéder… Nous avions d’abord envisagé cette approche très crépusculaire avant de décider d’en conserver seulement l’idée de la transmission. Sur le fond et sur la forme. Que faisons-nous de nos œuvres en France aujourd’hui ? Les Américains sont très forts pour reprendre leurs comics, que ce soit Spider-Man, Batman… Et nous ? Si nous avons moins remodelé le personnage et sommes moins allés vers une version à la Frank Miller, nous cassons un peu les codes avec un Lucky Luke qui cesse d’être seul pour passer le relais.

Thomas Mansuy : Il y a aussi dans notre Lucky Luke un esprit Astérix. Un esprit gaulois : petit mais malin. C’est un vrai décalage dans la manière de traiter le héros. Nous retrouvons ça dans le Lucky Luke de Morris et Goscinny : les personnages ne sont pas seulement flamboyants. Ils ont tout de suite des petits défauts. Il y a un regard de biais, humoristique, dont nous avons voulu être les héritiers.

Cette série est une grosse machinerie.
Thomas Mansuy

Était-ce aussi une occasion de faire un vrai western en France ?

Thomas Mansuy : Totalement. Quand nous avons commencé à travailler sur Lucky Luke, nous savions que ce serait notre seule chance de faire du western en France. C’est un genre que j’adore, mais nous n’aurons possiblement plus jamais d’autre occasion. Parce que les costumes sont difficiles à réaliser. Parce que les décors et l’époque sont compliqués à reconstituer pour des raisons financières évidentes. Cette série est une grosse machinerie. Nous avons tout filmé en extérieur, dans une ville-studio en Espagne : Fort Bravo, près d’Almería. Nous sommes vraiment allés tourner un western spaghetti en décors réels.

 

Quel ton avez-vous souhaité adopter pour la série ?

Thomas Mansuy : Nous ne voulions surtout pas tomber dans la parodie. Nous avons absolument tenu à rester « premier degré ». Notre série est une œuvre de genre assumée. Nous sommes même allés un peu plus loin en lorgnant vers l’humour d’Alain Chabat, en injectant un peu de jeunesse et de modernité dans les dialogues. Mais sans jamais perdre de vue l’idée que nous pouvons basculer à tout moment dans l’émotion, dans quelque chose qui vous prend aux tripes.

Comment adapter Lucky Luke sans décevoir les amateurs de l’œuvre originale ?

Mathieu Leblanc : Nous ne nous sommes pas demandé quel album nous voulions adapter. Nous avons choisi une voie plus originale, en situant notre histoire après les BD, en piochant des éléments dans différents tomes afin d’écrire une nouvelle aventure de Lucky Luke. Nous retrouvons une sève très Goscinny, mais nous colorons les personnages à notre manière.

Thomas Mansuy : C’est une manière de satisfaire les fans de la première heure tout en surprenant ceux qui connaissent déjà les BD par cœur.

Nous avons choisi une voie plus originale, en situant notre histoire après les BD, en piochant des éléments dans différents tomes afin d’écrire une nouvelle aventure de Lucky Luke.
Mathieu Leblanc

Pourquoi avoir choisi Alban Lenoir pour incarner Lucky Luke ?

Thomas Mansuy : Il possède les trois cordes qu’il fallait à notre arc. C’est un homme d’action. C’est un type très drôle. Et il a cette émotion qui affleure. Il a été notre premier choix, en commun avec la production. Alban, c’est un cascadeur de formation, donc c’est un danseur. Il a une maîtrise absolue de son corps.
 

Lucky Luke, minisérie en 6 épisodes diffusée à partir du 23 mars 2026 sur Disney+

Affiche de « Lucky Luke »
Lucky Luke Disney+

Créée par Thomas Mansuy, Mathieu Leblanc
Écrite par Thomas Mansuy, Mathieu Leblanc, Justine Kim Gautier et Julie-Anna Grignon
Réalisée par Benjamin Rocher
Production : Federation Studios, Un Pour Tous Productions

La série a bénéficié du Fonds de soutien audiovisuel (Aide automatique) et de l’Aide aux effets visuels (automatique et sélective).