Max & Maestro : Daniel Barenboim, un maestro de la transmission

Max & Maestro : Daniel Barenboim, un maestro de la transmission

09 janvier 2019
Séries et fictions TV
Max & Maestro
Max & Maestro Monello - DR
Chef d’orchestre et pianiste, Daniel Baremboim est une figure reconnue de la musique classique dans le monde entier. Ancien directeur musical de l’Orchestre de Paris et de la Scala de Milan, il a accepté de jouer les consultants, et bien plus encore, pour la série d’animation Max & Maestro. Un choix qui illustre son engagement pour l’éducation musicale des plus jeunes.

« Il est né pour faire ça, c’est un prodige ». Giorgio Welter ne tarit pas d’éloges lorsqu’il évoque le pianiste et chef d’orchestre Daniel Barenboim, qui a accepté de prêter son image, et son nom, à un personnage de Max & Maestro. Produite par Monello (appartenant à Tetra Media Studio), cette série d’animation suit les aventures de Max, un jeune garçon de banlieue qui fait du foot et du rap. Lorsqu’il rencontre, par hasard, le chef d’orchestre Daniel Barenboim, sa vie change. Il découvre la musique classique et décide de devenir pianiste. A chaque épisode - la première saison de Max & Maestro en compte 52 -, une « notion musicale est introduite ». Les 52 morceaux présents dans la série sont soit dirigés ou interprétés par Daniel Barenboim, soit font partie de son répertoire habituel.

Si la participation d’un tel maestro à une série pour enfants peut étonner le grand public, elle ne surprendra pas ceux qui le connaissent bien. « Il est beaucoup dans la transmission de la culture musicale pour les enfants, souligne ainsi Giorgio Welter, le producteur de la série d’animation. Il a par exemple parrainé une crèche musicale à Berlin et une autre à Ramallah en Palestine, où les petits écoutent beaucoup de musique, découvrent les instruments. L’éducation des enfants lui tient à cœur. Il a un vrai souci de transmission : l’éducation musicale est une bataille pour lui. Sa dernière mission, je crois, est d’essayer de sensibiliser l’opinion publique à l’importance de l’éducation musicale pour le développement des personnes et des enfants ». « Si nous voulons qu’il y ait un public pour demain et que les enfants s’intéressent à la musique, nous devons chercher de nouvelles méthodes entre l’information et l’éducation à la musique, clame pour sa part Daniel Barenboim en mettant en avant une étude scientifique d’Antonio Damasio (de l’université de Los Angeles) montrant que le « développement du cerveau chez les enfants est beaucoup plus important avec la musique classique ».

Une personnalité respectée et engagée

« C’est l’un des plus grands musiciens vivant  actuellement, certains disent même le plus grand », souligne Giorgio Welter qui qualifie « d’incroyable » la carrière de celui qui a commencé le piano très jeune. Né en 1942 à Buenos Aires (Argentine) de parents issus de l’immigration juive russe, Daniel Barenboim a découvert cet instrument en 1947, grâce à des leçons données par sa mère avant que son père ne prenne le relais. Trois ans plus tard, il donne son premier concert dans sa ville natale avant de s’installer peu après, avec sa famille, en Israël. Musicien prodige, il croise la route dès 1984, au fil des voyages avec ses proches, de nombreux chefs d’orchestres célèbres. Il se produit ainsi en tant que pianiste puis chef d’orchestre à Salzbourg, New York, Tel Aviv ou encore Berlin, Londres, Chicago et Paris. Directeur musical de l’Orchestre de Paris entre 1975 et 1989, Daniel Barenboim a également officié comme directeur musical de l’Orchestre symphonique de Chicago à partir de 1991 ou encore comme directeur musical de la Scala de Milan en 2011.

« Personne ne joue Mozart comme il le fait », précise Giorgio Welter qui souligne également l’engagement du maestro sur des sujets plus politiques. Israélo-argentin, Daniel Barenboim a obtenu la nationalité espagnole en 2002 puis un passeport palestinien en 2008, date à laquelle il était l’une des rares personnes au monde à avoir un passeport palestinien et israélien. Engagé politiquement, il a cofondé en 1999, avec Edward Saïd, le West-Eastern Divan Orchestra, une formation rassemblant des musiciens israéliens et du monde arabe. « Il fait beaucoup pour la paix. C’est important d’avoir quelqu’un comme lui, c’est une valeur ajoutée énorme [pour la série ndlr]. On raconte des histoires à des enfants, si on les accompagne par des personnes positives, c’est un plus, confie le producteur de Max & Maestro. Ça permet également de parler encore plus de la série. Nous avons eu une couverture énorme ».

Après une première saison, la suite des aventures de Max & Maestro est à l’étude. « C’est une hypothèse sérieuse : ça marche bien sur France Télévisions, sur la Raï, à la télévision allemande… Il faudrait juste retrouver une piste d’histoire pour 52 épisodes, ce qui n’est pas facile. On doit trouver un autre concept : est-ce qu’il va faire le tour du monde, rencontrer la musique de différents pays ? Il faudra y réfléchir », explique Giorgio Welter. Daniel Barenboim, qui a rapidement donné son feu vert pour participer à la série, serait « évidemment partant pour une saison 2 ». Tout dépendra de son emploi du temps très chargé, conclut le producteur.