"Meurtres au paradis" : "La Région Guadeloupe nous aide beaucoup depuis dix ans"

"Meurtres au paradis" : "La Région Guadeloupe nous aide beaucoup depuis dix ans"

03 décembre 2020
Séries et TV
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Tournage de Meurtres au paradis
Tournage de "Meurtres au paradis" DR/Red Planet Pictures pour la BBC/BBC Studio/Skyprod
Appelée Death in Paradise au Royaume-Uni, la série policière enregistre de grosses audiences des deux côtés de la Manche. Producteur exécutif français de cette fiction franco-britannique, diffusée sur France 2, Romain Lancel nous raconte les coulisses du tournage, qui a lieu chaque année en Guadeloupe, dans un décor de rêve... mais pas sans contraintes.

Le tournage de la dixième saison de Meurtres au paradis a débuté. A-t-il pu avoir lieu comme d’habitude ou avez-vous été obligés de décaler la production ?

Cette saison a été impactée par la crise sanitaire, le planning a été décalé de quatre mois.

Vous filmez en Guadeloupe, dans la commune de Deshaies. Pourquoi là-bas ?

Cette commune a été choisie dès la première saison de la série, elle correspond parfaitement à l’univers onirique qui était recherché, alliant grandes baies de sable blanc, rivières et forêt tropicale luxuriante.

C’est l’ancien presbytère de la commune qui fait office de décor pour le commissariat, c’est bien ça ?

En effet, le presbytère de Deshaies a tout de suite été retenu pour son style et sa position dominante sur la baie. Durant la période hivernale, il est transformé pour faire le bonheur des touristes et des fans de Meurtres au paradis, qui peuvent le visiter.

Tourner sur une île des Caraïbes, c’est un rêve ou cela engendre quelques complications supplémentaires, par rapport à un studio dans une grande ville par exemple ?

Les décors et les panoramas sont tous des endroits existants transformés pour l’occasion. Cela engendre plus de déplacements, mais cela nous assure aussi un rendu de grande qualité.

La Guadeloupe étant la réunion de deux îles, l’une volcanique et l’autre corallienne, elle concentre, à une heure de trajet à la ronde, une diversité suffisante de paysages et de bâtis. Nous pouvons ainsi tout imaginer sur place. Nous sommes dans un studio à ciel ouvert.

Les habitants, les communes, l’ONF [l’Office National des Forêts, NDLR] ou le Conservatoire du littoral sont toujours ouverts à nos démarches. La Région Guadeloupe nous aide aussi beaucoup depuis dix ans, elle nous apporte son soutien en toutes occasions, principalement cette année. Elle insuffle ainsi cette idée aux autres corps d’État et à la population que notre industrie est bénéfique pour le développement de l’île.

Au niveau de la météo ? Il y a certainement une particularité de la production liée au climat tropical ?

Oui, nous sommes soumis à la période cyclonique, de juillet à septembre. Depuis le début de la série, il y a dix ans, nous avons essuyé beaucoup de pluies, un ouragan, mais rien jusqu’à aujourd’hui ne nous a empêchés d’avancer et de finir dans les temps. En fait, la plupart du temps, il fait 28 degrés, un beau ciel bleu parsemé de nuages et un grand soleil.

Tournage de "Meurtres au paradis" DR/Red Planet Pictures pour la BBC/BBC Studio/Skyprod

 

Personnellement, quel est votre rôle au sein de cette production internationale ?

Je représente la société de production de service qui elle-même représente le producteur délégué étranger sur notre sol. Durant le tournage, je travaille en collaboration avec le producteur exécutif irlandais (Mark Devlin), afin de trouver une symbiose entre les équipes française et anglaise. Parallèlement, je m’assure que les données collectées pour échafauder les dossiers du crédit d’impôt international et les demandes d’aide en région soient de qualité et optimisées. Nous sommes responsables juridiquement et fiscalement de toutes les dépenses en euros effectuées par la production, ainsi que de toutes les embauches sur le territoire français.

Travailler sur une série anglo-saxonne, quand on est français, cela engendre des complications ? Des incompréhensions dans la façon de faire ?

Il n’est pas chose commune de faire travailler 50 Anglais et 50 Français de concert pendant près de six mois, mais une fois la barrière de la langue brisée, nous assistons à la synthèse du meilleur des deux mondes !

Êtes-vous déjà en train de préparer le tournage de la saison 11 ?

Il est encore trop tôt pour aborder cette question, particulièrement cette année où la situation sanitaire rend tout incertain...