5 films et séries tournés à Sarlat et dans sa région

5 films et séries tournés à Sarlat et dans sa région

12 novembre 2018
Cinéma
Les toits de Sarlat
Les toits de Sarlat Mathieu Anglada, Office de Tourisme Sarlat Périgord Noir

A l’occasion du 27e festival de Sarlat, qui se tiendra du 13 au 17 novembre dans cette belle ville médiévale du Sud-Ouest, nous avons demandé à Thierry Bordes, le directeur adjoint de l’association Ciné Passion en Périgord et responsable du bureau d’accueil des tournages de la Dordogne, pourquoi cette région était si attractive. Depuis les années 1920, les tournages de films, de séries et de téléfilms se multiplient dans les alentours de Sarlat. Souvent des projets historiques, mais pas seulement. En voici cinq qui représentent l’éclectisme et la richesse des lieux.


Le Capitaine Fracasse (1929), d’Alberto Cavalcanti

Au XVIIe siècle, un jeune noble désargenté doué en escrime suit une troupe de comédiens. Le Capitaine Fracasse est l’adaptation du roman de cape et d’épée de Théophile Gautier, tourné en noir et blanc, et sans dialogues.

« Le Capitaine Fracasse fut l’un des premiers à avoir été mis en scène en décors extérieurs, à Sarlat, ville parfaite pour une production historique grâce à ses ruelles anciennes, ses pierres homogènes... Depuis, grâce à ses cités médiévales, ses grottes, son fleuve (la Dordogne) et ses châteaux, la région du Périgord a souvent été choisie comme décor de films. La diversité des paysages est un énorme atout pour nous. Et c’est une terre d’accueil, les habitants sont fiers que des fictions soient tournées dans des lieux qu’ils connaissent et qu’ils aiment. Depuis 1928, des centaines de films ont été tournés ici. Cela ne cesse d’augmenter, puisqu’en 2017, nous avons comptabilisé 170 jours de tournage dans la région. »

Les Duellistes (1977), de Ridley Scott

Drame inspiré du Duel, de Joseph Conrad, suivant un Hussard (Harvey Keitel) querelleur au début du XIXe siècle. Censé se dérouler à Strasbourg, à Lubeck et à Tours, le film est principalement tourné en Dordogne, que ce soit pour ses intérieurs (plusieurs châteaux ont servi de décors) qu’en extérieurs (les forêts verdoyantes de la vallée de Beune, les ruelles de Sarlat, la falaise de La Roque-Gageac…).

« Le tournage de ce film de Ridley Scott illustre deux aspects phares des prises de vue dans la région : le Périgord a une bonne réputation auprès des artistes français et étrangers, et la plupart des réalisateurs de films historiques nous choisissent comme ‘territoire prétexte’. L’action des Duellistes ne se déroule pas en Dordogne, et pourtant la plupart de ses scènes ont été filmées ici. Nous sommes spécialisés dans ce type de production, aussi bien pour des petits que des gros budgets. Nous avons des milliers de décors référencés, comme des intérieurs de châteaux, des gouffres exceptionnellement profonds, des extérieurs le long de falaises, dans la forêt ou au bord de l’eau. Une partie des Visiteurs 2 (1998) a par exemple été tourné dans les cuisines du château de Beynac, Luc Besson y a aussi posé ses caméras pour Jeanne D’Arc (1999), Laurent Boutonnat a filmé son Jacquou le Croquant (2005) dans plusieurs villages du coin. Christophe Gans a mis en boîte une partie du Pacte des loups (2001) dans les châteaux de Puyguilhem, de Jumilhac et de Biron... Notez que parfois, les artistes aiment tellement les lieux qu’ils peuvent changer la location de l’histoire en cours de création. Pour l'adaptation en mini-série (2011) de Rani, des BD de Jean Van Hamme et Francis Vallès se déroulant entre l’Inde et l’Auvergne, l’intrigue a finalement été transposée en Dordogne, à Tursac et dans le cloître de l’abbaye de Cadouin. »

Les Misérables (1982), de Robert Hossein

Adaptation fidèle du roman de Victor Hugo avec Lino Ventura, Evelyne Bouix, Michel Bouquet… Les Misérables se déroule au début du XIXe siècle, principalement dans les rues de Paris.

« Dans Les Misérables de Robert Hussein nous sommes le Paris qui n’existe plus ! Quand je vous parle de ‘territoire prétexte’, il faut préciser que c’est souvent le cas pour représenter la capitale française à différentes époques. Avoir servi de lieu de tournage des Misérables en est un exemple emblématique. C'est un gros atout de pouvoir proposer cela plutôt que de reconstruire de faux décors. »

Nicolas Le Floch(2010), de Nicolas Picard-Dreyfus

Nicolas Le Floch est un enquêteur du XVIIIe siècle, qui travaille d’abord à Paris avant d’être envoyé dans différentes villes de France pour élucider des crimes. En 2010, la majeure partie de l’épisode 6 – saison 3 a été filmé en Dordogne.

« Depuis quelque temps, les tournages de séries et de téléfilms se multiplient à Sarlat et dans ses environs, et c’était déjà le cas avec Nicolas Le Floch. Un fond de soutien pour les tournages a été créé en 2008, qui profite aussi bien aux productions cinématographiques que télévisuelles. Nicolas Le Floch a par exemple mis en avant des demeures historiques magnifiques. Plus récemment, l’épisode 10 de Capitaine Marleau filmé au château de Beynac et dans les carrières de chaux de Saint-Astier a fait un carton ! On avait organisé une avant-première pour cet épisode 'spécial Périgord' et ça a été un grand succès. Idem pour Meurtres à Sarlat, diffusé l’an dernier, qui a enregistré les plus grosses audiences de la saga 'Meurtres à…'. »

Les Fauves (2019), de Vincent Mariette

Les Fauves est un thriller se déroulant de nos jours, en Dordogne, avec Lily-Rose Depp et Laurent Lafitte, qui enquêtent sur la disparition de plusieurs jeunes.

« On sait bien que grâce à cette diversité de paysages, notre riche histoire, notre train de vie et notre gastronomie, on est à la fois une région attractive pour le tourisme et le lieu idéal pour les films historiques, mais on cherche aussi à s’ouvrir à des projets contemporains comme Les Fauves. On veut donner une image de la Dordogne réaliste. Régulièrement, on parvient ainsi à raconter des histoires qui se déroulent effectivement dans le Périgord, et qui parlent de l'époque à laquelle ils sont filmés. Dès 1970, Claude Chabrol a par exemple tourné Le Boucher dans le village de Trémolat. Cette année, c’est Les Fauves (sortie prévue en janvier 2019), qui a été filmé dans un camping et dans une grotte du coin, ces lieux servant à la fois de décors pour le tournage et de lieu de l’action. Ce projet a profité de l’avance sur recettes du CNC et du fonds d’aide à la production cinématographique et audiovisuelle, géré par le conseil départemental de la Dordogne, qui aide les productions tournées dans la région à hauteur de 200 000 euros par an. On est très fiers d’avoir initié ce thriller, qui se déroule dans la Dordogne d’aujourd’hui. »