Le Festival International Jean Rouch, nommé d'après le célèbre cinéaste et ethnologue qui l'a fondé en 1982, sera une nouvelle fois consacré aux documentaires liés aux sciences humaines et sociales, avec un traditionnel coup de projecteur donné aux questions environnementales.
Un festival, plusieurs lieux
Le public pourra profiter - gratuitement - des œuvres en compétition : une trentaine de films sélectionnés par Alexia Vanhée et son équipe, ainsi que des rendez-vous cinéphiles dans plusieurs lieux culturels de la capitale, notamment Le Musée de l'Homme (pour des séances également libres et gratuites), la BnF (Bibliothèque nationale de France) et le cinéma Reflet Médicis. Le Musée du Quai Branly accueillera les cérémonies d'ouverture et de remise de prix de l'édition 2026 les jeudis 7 et 14 mai à 19h00.
La sélection 2026
La sélection se divise en trois sections : la Compétition internationale, la section « Cap sur l'environnement » et un coup de projecteur « Filmer en territoire hostile », mélangeant des œuvres de cinéastes émergents ou confirmés venus du monde entier, qui seront invités à présenter leurs films au public.
Cette année, huit productions et coproductions françaises ont été sélectionnées. En compétition internationale, Thomas Uzan viendra présenter dès le 7 mai De plomb et de charbon, documentant le quotidien de Marocains fouillant des mines désaffectées ; Anaïs Mak dévoilera Le Buffle d'eau, inspiré par son histoire familiale et l'exode massif de la Chine communiste dans les années 1970 ; Francescu Artily montrera Un monde sans les mots, œuvre intime d'un fils filmant son père corse pour tenter d'en savoir plus sur son engagement politique. Deux coproductions sont également au programme : Le Royaume de Kartil de Tamar Kalandadze et Julien Pebrel, un projet conçu entre la France, la Géorgie et le Qatar ; et Le Renard et la Lune de Mehrdad Oskouei et Soraya Akhalaghi, un film franco-iranien.
Sur les six films proposés dans le cadre de la section « Cap sur l'environnement », la moitié sont français : Mare Sapiens d'Aurélie Darbouret et Jeff Daniel Silva, Ballet Boréal de Thomas Grandrémy et Simon Maraud, et Le Peuple saumon de Camille Ropert. Le premier, muet et filmé sous l'eau à l'aide de son direct, propose une expérience sous-marine de la baie de Marseille ; le deuxième s'intéresse au travail difficile d'un cueilleur thaïlandais employé au nord de la Suède pour ramasser des baies sauvages ; le troisième suit plusieurs membres de la communauté Namgis, luttant contre l'aquaculture industrielle à Alert Bay, au Canada.
Zoom sur les séances spéciales
Le Festival International Jean Rouch ne s'arrête pas à sa remise de prix, puisque du 14 au 30 mai, dans la foulée de la Compétition, d'autres projections et rencontres sont prévues. Notamment des reprises des œuvres primées, à partir du 21 mai.
La veille, le Musée de l'Homme accueillera les séances spéciales du GREC, un ensemble de courts métrages soutenus par le CNC. C'est Paris-Téhéran de Daniel Bahrami qui représente la résidence Horizon(s) : le réalisateur y filme sa propre mère, qui, après avoir vécu trente-sept ans en France, prend la décision de repartir dans son pays natal, l'Iran. Dans le programme « SAWA SAWA », Intersecting Memory de Shayma’ Awawdeh relate le quotidien en temps de guerre des habitants d'Hébron, en Palestine, durant la Seconde Intifada.
Trois réalisatrices seront par ailleurs à l'honneur de l'« Introduction Cinéma au Féminin » : Janis Reyes Hernandez avec El Barco del pollo, le récit filmé de son départ de Cuba ; Anna Quehen avec Atando Cabos, l'histoire d'une femme faisant le deuil de sa grand-mère loin de son pays d'origine, l'Uruguay ; et Joséphine Faisant avec Elliniko, un film sur la succession de crises économiques qui ont frappé la Grèce, vue à travers la décrépitude de l'aéroport d'Elliniko.
Le travail des étudiants mis en lumière
Autre temps fort du festival, le programme « Cinéaste en devenir » est chargé de mettre en lumière le travail d'étudiants en Master Cinéma. Comme l’an dernier, les universités d'Aix-Marseille et de Paris Nanterre ont soumis chacune deux courts métrages : Les Ondes déferlantes de Chérine Zidour et Ubelka d'Eléane Courvoisier pour la première, et Fos in Translation d'Adrien Audrain et Profession Fakir de Camille Constantini (du parcours en anthropologie visuelle) pour la seconde.
L'université de Caen-Normandie participe également à l’événement à travers la session « Création en documentaire et recherche en sciences sociales » : Alice Da Rosa, Misia Forlen et Olive Lerouvillois y proposeront ainsi Nos chemins de désir. Enfin, pas moins de quatre films seront dévoilés par des étudiants en Master 2 documentaire de création de l'école documentaire Ardèche Images : Leur Armure de Margot Douay, Les Parts de feu de Dylan Mentheour, Tant qu'il y aura des doudous de Nina Rolland et On est que des petites ruptures de Maya Saurel Deiss.