Le court métrage à hauteur d'enfant

Le court métrage à hauteur d'enfant

16 mars 2023
Cinéma
"Les Liaisons foireuses" de Chloé Alliez et Violette Delvoye, court métrage en stop motion Vivement Lundi !

Chaque année, la Fête du court métrage est l’occasion d'affirmer haut et fort la vitalité et la diversité du format court. Alors que l’édition 2023 se tient jusqu’au 21 mars partout sur le territoire, focus sur cinq films du genre spécifiquement pensés pour le jeune public.


Le Tigre sans rayures (2018)

À partir de 3 ans

C’est l’histoire d’un jeune tigre né sans rayures… Moqué par ses congénères, le tigron courageux et déterminé entreprend un périple initiatique dans l'espoir de les retrouver. Un long voyage à travers la savane et les bois baignés de lumière. Et si cette aventure s’avérait finalement propice à son épanouissement ? Une nuit, au bord d’un étang, le félin voit enfin la magie opérer... Sous forme de conte délicat et poétique, cette coproduction (Folimage et Nadasdy Film) fait l’éloge de la différence et de la tolérance. Sélectionné au Festival de Clermont Ferrand en 2019, ce court métrage de huit minutes, sans paroles mais au dessin doux et aux couleurs lumineuses, est le troisième film du réalisateur mexicain Raul Robin Morales Reyes (Le Trompettiste, Les Pièces du puzzle). Ce touche-à-tout, également designer, musicien et danseur a choisi ici de recourir à la craie, au fusain et à la poudre de sanguine – des techniques de dessin traditionnelles et naturelles. Une texture brute et authentique en cohérence avec l’omniprésence de la nature dans le récit.

 

Cœur fondant (2019)

À partir de 5 ans

Au beau milieu de l’hiver, Anna, une taupe malvoyante, traverse la forêt pour aller célébrer l’anniversaire de son ami Lapin. Elle tient absolument à lui apporter un gâteau, un cœur fondant au chocolat. Sur le chemin, elle rencontre Lulu l’Araignée. Ce dernier tapisse d’affiches les arbres de la forêt pour avertir ses congénères de la présence d’un géant barbu mangeur de petits animaux. Tous deux poursuivent le voyage à travers le blizzard jusqu’à rencontrer le redouté colosse de poils. Mais celui-ci s’avère finalement d’une grande aide pour le petit peuple de la forêt... « L’habit ne fait pas le moine » : telle est la proposition de ce court métrage de 11 minutes. Écrit et réalisé par Benoît Chieux – passé par l’école de dessin Émile Cohl de Lyon –, illustré par le plasticien Damien Louche-Pélissier, Cœur fondant aborde les thèmes des préjugés, du handicap et de la peur de l’inconnu. Produit par Sacrebleu Productions, ce film en stop motion fait la part belle aux matières variées et texturées : la forêt a été créée grâce à du papier découpé, de la peinture sur celluloïd et des brindilles ; les marionnettes ont été fabriquées par Sophie Roze avec du textile et de la fourrure tandis qu’on doit l’aspect « nid douillet » de la barbe du géant à l’utilisation de coton. Un court métrage d’animation, créatif et joyeux, sélectionné dans la section Jeunes publics au Festival de Clermont-Ferrand en 2020.

 

Les Bouteilles à la mer (2020)

À partir de 6 ans

Théo, sept ans, vit au bord de l’océan. La solitude lui pèse, alors pour tuer le temps, il décide d’écrire une lettre à un enfant de l’autre côté de l’océan. Un message qu’il place dans une bouteille en verre. Chaque jour, muni de ses jumelles, l’enfant scrute l’horizon dans l’espoir d’une réponse. Les marées et les saisons défilent, mais le signe se fait toujours attendre. Théo envoie une deuxième lettre. Un jour, il reçoit un message… Avec « l’océan porteur d’espoir » comme fil rouge du récit, Les Bouteilles à la mer traite des thématiques de l’attente, de la patience et du doute à hauteur d’enfant. Ici seul l’océan réussit à sortir le garçon de son isolement, et permet in fine la rencontre de deux solitudes. La réalisatrice Célia Tocco – formée notamment au cinéma d’animation à l’Institut Sainte-Geneviève de Paris – a utilisé le dessin et la peinture 2D pour construire cette fable tendre et poétique d’une durée de 11 minutes. Cette coproduction (Les Films du Nord, La Boîte...Productions, Pictanovo), adaptée du livre éponyme pour enfants d’Hubert Ben Kemoun – illustré par Olivier Latyk (Ed. Flammarion, 2019) –, est sortie en salles en 2021 dans le cadre de Grandir c’est chouette, un programme de films courts animés destinés au jeune public.

 

Jeûne d’été (2020)

À partir de 10 ans

Une journée d’été, alors que le soleil brûle, Kader entame à 11 ans son premier ramadan. Cette étape-clé de la sortie de l’enfance pour les jeunes musulmans est aussi une manière pour le garçon, qui ne parle pas l’arabe, la langue de ses parents, de se réapproprier ses origines et sa culture familiales. Rudy, son meilleur ami, l’accompagne par amitié, mais également par défi. Le duo que tout oppose, inventif et débrouillard, tente de s’occuper comme il le peut dans un « espace où aucune infrastructure n’est prévue pour eux ». Ils jouent aux cowboys sur des airs à la Ennio Morricone (la musique est composée par Julie Roué). Mais avec la soif, la faim et l’ennui viennent aussi les conflits... Les deux amis – campés par Sabri Ouamar et Timi-Joy – sauront-ils faire preuve de ténacité ? Dans Jeûne d’été, Abdenoure Ziane compose un récit initiatique tout en finesse, nuances et humour. Formé au scénario à l’École de la Cité à Saint-Denis, le réalisateur adopte les codes du western pour parler du ramadan, un sujet peu abordé au cinéma. Cette production Melocoton Films, qui s’attache aussi à déjouer les clichés sur les cités, est son deuxième court métrage. Un film en compétition dans la section Jeunes Publics au Festival de Clermont Ferrand en 2020.

 

Les Liaisons foireuses (2021)

À partir de 13 ans

Lucie, Maya, Jimmy, et toute une bande de boutonneux font la fête. Les musiques en vogue s’enchaînent, des sentiments cachés surgissent... jusqu’au moment du traditionnel slow. Maya est tiraillée : Jimmy ou Lucie ? Deuxième projet du duo Chloé Alliez (au scénario) et Violette Delvoye (au storyboard), cette comédie – dont le titre fait référence aux Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos – dépeint les tourments adolescents entre réalisme, humour et second degré. Tournée en stop motion, cette coproduction (Vivement Lundi ! et Zorobabel) traite les sujets de l’appartenance au groupe, de la peur de la différence, de la quête d’identité ou encore de l’orientation sexuelle... Formées en animation à Bruxelles (École de la Cambre), les réalisatrices transmettent dans ce film de 11 minutes leur fascination à jouer avec les objets. Les personnages sont fabriqués au moyen d’objets recyclés : la tête est un interrupteur et le corps une prise électrique. Des installations originales en clin d’œil aux corps disproportionnés caractéristiques de l’adolescence. Ce « bricolage » créatif combiné à la technique du stop motion rend leurs gestes maladroits et « un peu pataud ». L’universalité du propos et l'animation innovante ont valu aux Liaisons foireuses de concourir en compétition officielle à Annecy en 2022.

Ces films ont bénéficié de l'accompagnement du CNC. 

LE SOUTIEN DU CNC AU COURT METRAGE

Le CNC soutient le court métrage dans toutes ses formes (fiction, animation, documentaire de création, essai et expérimental) et contribue à son financement à tous les stades, de l’écriture à la production, de la promotion à la diffusion. Cette action en faveur du court métrage est menée directement par le biais d’aides sélectives ou automatiques, par l’intermédiaire d’organismes que le CNC subventionne ou par des partenaires actifs, les collectivités territoriales.