L'inconnu du ciné-club Télérama, la séance "surprise" du Cinéma le Panthéon

L'inconnu du ciné-club Télérama, la séance "surprise" du Cinéma le Panthéon

28 février 2019
Cinéma
Plein soleil de René Clément
Pari Films - Titanus - DR Pari Films - Titanus - DR

Chaque mois, la salle parisienne, en collaboration avec le magazine Télérama, programme une séance spéciale donnant carte blanche à une personnalité. Cette dernière présente le film de son choix et se confie sur sa vision du cinéma lors de ce rendez-vous favorisant la découverte.


Se rendre au cinéma sans savoir quel film va être projeté ni quelle personnalité sera mise à l’honneur. C’est le principe des séances L’inconnu du ciné-club proposées chaque mois par Télérama et le Cinéma du Panthéon. Depuis mars 2011, le journal et la salle parisienne organisent ainsi ces « cartes blanches » laissées à une personnalité qui présente le film de son choix après « un échange autour d’extraits et anecdotes ». « L’inconnu du ciné-club est né d’une envie de Laurent Rigoulet de Télérama. Il en est le porteur, l’animateur et le concepteur. C’est un journaliste qui fait des entretiens avec des personnes du cinéma et pas seulement de ce milieu-là. Il a eu cette idée d’organiser un rendez-vous mettant une personnalité à l’honneur. Elle raconte la construction de sa cinéphilie et sa rencontre avec le septième art », nous explique le Cinéma du Panthéon.

Une programmation surprise

« On discute du choix des invités avec Laurent Rigoulet. Mais c’est lui qui prend contact avec eux la plupart du temps. » Plus d’une soixantaine de personnalités ont déjà accepté de se prêter au jeu de ces séances surprises. Première invitée de L’Inconnu du ciné-club en mars 2011, Nicole Garcia a par exemple fait découvrir au public La Fièvre dans le sang d’Elia Kazan. Ces rendez-vous mensuels ont également accueilli Jacques Audiard (qui a misé sur Main basse sur la ville de Francesco Rosi), Agnès Varda (Travolta et moi de Patricia Mazuy), Arnaud Desplechin (The Exiles de Kent Mackenzie), Etienne Daho (Plein soleil de René Clément), Pierre Richard (Les Belles Nuits de René Clair) ou encore Tony Gatlif  (Le Salon de musique (Jalsaghar) de Satyajit Ray) et Florence Loiret-Caille (Deep End de Jerzy Skolimowski).

Le chanteur Christophe à L'inconnu du ciné-club Télérama Cinéma du Panthéon/DR

Si la programmation faite par l’invité permet de remettre en lumière des pépites oubliées ou des classiques, son choix peut également surprendre dans la ligne éditoriale habituelle de ce ciné art et essai ou de ce rendez-vous mensuel. « Lorsqu’on a invité Thomas Ngijol, il nous a présenté I’m Still Here, The Lost Year of Joaquin Phoenix de Casey Affleck, un film sorti de manière presque anonyme en France dans lequel Joaquin Phoenix blague qu’il arrête tout. Pour les spectateurs de la séance, c’était un vrai ovni… », se souvient le cinéma en précisant malgré tout que ce genre de programmation décalée « n’arrive pas souvent ». « Il y a eu des moments forts. Christophe est venu chanter lors des cinq ans du ciné-club. Il y a beaucoup de séances autour de la musique également. Tous les trimestres, il y a d’ailleurs un ciné-club consacré à la musique qui s’appelle La Boum. Il n’y a pas forcément d’invités, la séance est présentée par Laurent Rigoulet et des journalistes ‘musique’. »

L’envie de découverte

Depuis son lancement, ce rendez-vous mensuel fait le plein de spectateurs. La salle affiche ainsi régulièrement complet, rassemblant aussi bien « le public Télérama » que ses propres fidèles. « C’est un public spécifique qui ne vient pas forcément à d’autres ciné-clubs ». Ce genre de rendez-vous permet au cinéma « d’avoir des événements qui fonctionnent bien et de faire vivre le lieu ». L’inconnu du ciné-club permet d’ailleurs au cinéma « d’avoir de temps en temps un public nouveau, qui découvre la salle par ce biais ». Des spectateurs attirés aussi bien par la possibilité d’aller à la rencontre d’une personnalité que par la promesse de découverte. « Le côté surprise attire clairement : c’est un peu une façon de contrecarrer cette idée de sur-communication qu’on impose maintenant avec les réseaux sociaux, les téléphones portables, la data... Les gens sont bombardés d’information : on va les chercher, on leur propose tout le temps de la matière. Là, nous jouons sur autre chose : sur le désir de faire de nouvelles rencontres, d’avoir des contenus différents, de se laisser surprendre… C’est rare », conclut le Cinéma du Panthéon.