Fondé en 2014 à La Réunion par Arnauld Boulard, Gao Shan Pictures est un studio d’animation structuré autour d’un modèle multi-sites, avec des implantations à La Réunion, Angoulême et Annecy. Le studio intervient sur l’ensemble de la chaîne de production, de la création de concepts à la fabrication en 2D et 3D, et s’inscrit dans une dynamique de développement à la fois locale et internationale.
Sa croissance s’est construite progressivement, à partir d’opportunités de productions, notamment autour du long métrage Adama de Simon Rouby, qui a marqué l’implantation initiale à La Réunion. Comme le souligne son fondateur Arnauld Boulard : « La Réunion n’était pas sur ma carte. Je regardais plutôt Los Angeles, Shanghai… » Ce contexte illustre une évolution non planifiée vers la structuration d’un studio, initialement conçu comme un support de production, avant de devenir un acteur reconnu de l’animation.
Des œuvres à forte identité artistique
Gao Shan Pictures s’est progressivement positionné sur des projets à forte singularité artistique, souvent reconnus en festivals, plutôt que sur des productions purement orientées vers le box-office. Le studio a contribué à des œuvres telles que J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin, Le Petit Nicolas - Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? d’Amandine Fredon et Benjamin Massoubre, Mars Express de Jérémie Périn ou encore la série Samuel créée par Émilie Tronche.
Cette ligne éditoriale repose sur une vision précise de la production : « Nous avons une approche très artisanale… nous nous adaptons au projet, pas l’inverse. » Ce positionnement permet au studio d’accompagner des réalisateurs et réalisatrices sur des propositions esthétiques variées, en mobilisant des outils techniques diversifiés selon les besoins.
Un modèle économique fondé sur la complémentarité des territoires
Le développement de Gao Shan Pictures s’appuie sur un modèle hybride, combinant attractivité des talents et accès aux financements territoriaux. Comme le rappelle Arnauld Boulard : « Le producteur vient chercher le talent… mais aussi l’argent. »
Les implantations à Angoulême (au sein du Pôle Magelis) et à Annecy (Papeteries – Image Factory) offrent un accès privilégié aux grands écosystèmes français de l’animation. Cette organisation multi-sites permet de mutualiser les compétences et de simplifier les processus de production pour les partenaires. « Pour les clients, avoir un interlocuteur unique sur plusieurs territoires, ça simplifie tout. »
Un engagement fort en faveur du territoire
L’ancrage territorial constitue un axe structurant de la stratégie du studio. Gao Shan Pictures s’inscrit dans une démarche de développement éthique visant à valoriser les talents locaux et à renforcer l’écosystème des industries culturelles et créatives.
La Réunion, en tant que territoire d’origine, occupe une place centrale dans cette stratégie, en raison de sa diversité culturelle et de son positionnement géographique. Le studio y mène plusieurs actions structurantes. Notamment, la création du campus Rubika Réunion (Lauréat La Grande Fabrique de l’Image – France 2030) ouvert en septembre 2024 pour former les talents réunionnais et de l’Océan Indien de demain ainsi que le développement du Pôle territorial des ICC (Lauréat AMI France 2030) pour structurer durablement l’écosystème des industries culturelles et créatives dans la région.
Aujourd’hui, environ 30 % des artistes du studio sont originaires de La Réunion, un chiffre en progression, reflet de la montée en compétence locale : « Aujourd’hui, nous pouvons dire aux jeunes : oui, c’est possible ici. », revendique Arnauld Boulard.

Une contribution active au développement régional et international
Au-delà de La Réunion, Gao Shan Pictures participe activement au développement de la filière dans l’ensemble de l’océan Indien. Le studio est notamment impliqué dans la cofondation du Festival International du Film de l’Océan Indien (FIFOI) qui met en lumière la richesse créative de la zone indo-océanique.
Depuis 2023 à Madagascar, Gao Shan Pictures accompagne le projet ONY, une initiative d’Ahélya Randriambolaina et Orelsan pour la professionnalisation d’entrepreneurs ICC et le développement de projets créatifs (musique, cinéma, animation & jeux vidéo) sur le territoire malgache. Enfin, en collaborant avec des acteurs de la région (Afrique de l’Est, Afrique du Sud), cette dynamique s’inscrit dans une ambition plus large : positionner le territoire comme un hub entre l’Europe et les marchés émergents dans la zone indo-pacifique, ce dont témoigne Arnauld Boulard :
« Nous observons aujourd’hui l’émergence progressive d’un cinéma dans la zone indo-pacifique qui dépasse le seul cadre de l’animation pour s’inscrire dans une dynamique globale. Depuis quelques années, plusieurs longs métrages réunionnais, parfois tournés en créole, ainsi qu’un nombre croissant de courts métrages sélectionnés dans des festivals internationaux comme Clermont-Ferrand ou présentés au FIFOI témoignent de la structuration d’un écosystème en pleine expansion. »
« Ce mouvement se caractérise par une grande diversité d’origines (Tanzanie, Maurice, Madagascar, La Réunion) et par une volonté commune de faire émerger des récits ancrés localement mais pensés pour circuler à l’international. Dans l’animation, le développement reste plus contraint en raison des coûts élevés, ce qui favorise encore les formats courts, mais participe néanmoins à cette dynamique. L’enjeu central réside désormais dans la capacité à structurer des modèles de coproduction régionaux adaptés, capables de dépasser les limites des systèmes de financement nationaux, afin de consolider durablement ce cinéma en devenir. »
Une démarche RSE structurée
Depuis 2022, Gao Shan Pictures a engagé une démarche de responsabilité sociétale (RSE), incluant un premier bilan carbone simplifié. Cette démarche vise à formaliser et renforcer les engagements du studio dans une logique d’amélioration continue. La démarche RSE du studio s’articule autour de plusieurs axes, notamment environnementaux et sociaux.
Le studio développe des solutions technologiques visant à réduire l’empreinte carbone de ses productions. L’adoption de technologies de rendu en temps réel (notamment Unreal Engine) et de rendu GPU a permis une réduction significative des temps de calcul et une baisse d’environ 80 % de la consommation électrique sur certains projets. Cette innovation a conduit à une sélection au Prix de l’Innovation des César & Techniques 2025.

Chez Gao Shan Pictures, les femmes représentent 41% des effectifs (permanents et intermittents) et près de la moitié des œuvres déléguées sont portées par des réalisatrices. Le studio est engagé dans le programme « Parcours de Femmes » porté par Les Femmes s’Animent (LFA), avec la production du court métrage Poule à Facettes. Enfin, avec le soutien à la SAACRE (Sororité & Adelphité de l’Audiovisuel et du Cinéma de La Réunion), le studio renforce la représentativité des femmes dans le secteur des ICC.
Dans un effort d’adaptation des pratiques et de renforcement de cette dynamique d’inclusion, près de 5,8 % des effectifs sont en situation de handicap.
Une présence affirmée dans les grands festivals
Le studio participe régulièrement aux principaux marchés et festivals internationaux, notamment le Festival de Cannes et le Festival International du Film d’Animation d’Annecy. En 2026, Gao Shan Pictures est présent sur la Croisette avec plusieurs films :
- In Waves, réalisé par Phuong Mai Nguyen (Silex Films), coproduit et animé par Gao Shan Pictures, ouverture de la Semaine de la Critique
- Jim Queen, coréalisé par Marco Nguyen et Nicolas Athané (Bobbypills), participation à l’animation, Séance de Minuit du Festival de Cannes
- Lucy Lost, réalisé par Olivier Clert (Xilam Films), participation à l’animation, séance spéciale du Festival de Cannes
Par ailleurs, le projet Les Chiens ne font pas des chats d’Alain Gagnol, actuellement animé au studio, figure parmi les œuvres sélectionnées en Work in Progress à Cannes Animation. Ces sélections témoignent de la reconnaissance du travail du studio ainsi que de l’efficacité des dispositifs de soutien régionaux, en partenariat avec le CNC.
Gao Shan Pictures s’inscrit aujourd’hui comme un acteur structurant de l’animation française et internationale, à la croisée de plusieurs dynamiques : production artistique, développement territorial et innovation industrielle. Son modèle repose sur une articulation entre ancrage local et ouverture internationale, avec pour objectif de contribuer à l’émergence d’un écosystème durable dans l’océan Indien et au-delà.