« Un sac de billes » : quand Christian Duguay adapte le roman de Joseph Joffo

« Un sac de billes » : quand Christian Duguay adapte le roman de Joseph Joffo

01 mars 2019
Cinéma
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Un sac de billes
Un sac de billes Quad - Main Journey - Gaumont

Un film à (re)voir ce vendredi 1er mars à 20h50 sur Ciné + émotion.


Roman autobiographique de Joseph Joffo, Un sac de billes met en lumière l’Occupation allemande en France lors de la Seconde Guerre mondiale. Dans ce roman - son premier - publié en 1973, l’auteur raconte notamment la difficile fuite à travers la France de deux adolescents parisiens de confession juive qui tentent de rejoindre la Zone libre. Ce livre a été adapté une première fois à l’écran en 1975 par Jacques Doillon.

Il aura fallu attendre plus de quarante ans pour qu’un autre réalisateur fasse revivre Un sac de billes au cinéma. En janvier 2017 sort ainsi en salles une seconde adaptation du roman signée Christian Duguay qui remporte, quelques mois plus tard, un Prix spécial du public lors de la 21è édition de Colcoa, le festival du film français à Hollywood. Après avoir été contacté par Nicolas Duval, Laurent Zeitoun et Yann Zenou de chez Quad  pour ce projet, le réalisateur s’est plongé dans ce livre qu’il « n’avait jamais lu » - « Le livre est assez peu connu au Québec ». « En le découvrant j’ai été frappé par la ténacité, la conviction et la force de cette histoire pleine d’espoir. C’est une épopée lumineuse, racontée du point de vue des enfants, sur le monde autour d’eux et sur la manière dont la réalité les rattrape », expliquait-il avant la sortie du film.

Embarqué par l’intrigue, il a malgré tout souhaité « repartir à zéro sur le scénario » et a rencontré, pour forger son récit, Joseph Joffo. « Entre l’ouvrage, devenu mon livre de chevet, et ce que m’a raconté Joffo, j’ai entrevu le lien entre Joseph et mon cinéma ; on retrouve en effet le mythe du père dans tous mes films. La figure paternelle, pour moi, est céleste, elle apporte confiance. En revanche, dans le livre, le père est évoqué, mais il n’est pas la colonne vertébrale du récit ». Contrairement à son prédécesseur Jacques Doillon qui est resté fidèle au manuscrit de Joseph Joffo, Christian Duguay a donc pris quelques libertés avec l’intrigue originelle. « Le livre est à la première personne mais il a été écrit trente ans après les faits. À l’inverse, le film épouse constamment le point de vue d’un petit garçon sans le recul du narrateur du livre. Il s’agit d’un récit initiatique au cours duquel ils vivent des événements si incroyables que lorsque Jo revient à Paris, presque deux ans plus tard, il n’est plus le même », précisait-il. Sa vision d’Un sac de billes est à (re)découvrir ce vendredi soir à 20h50 sur Ciné + émotion.