Il était une fois… le programme Apollo

Il était une fois… le programme Apollo

03 juin 2021
Cinéma
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Apollo 11 de Todd Douglas Miller
Apollo 11 de Todd Douglas Miller Pathé
À l’occasion des 60 ans du programme Apollo, lancé en mai 1961, retour sur les meilleurs films, fiction et documentaire confondus, ayant dépeint cette extraordinaire épopée technologique et humaine.

Footprints on the Moon (Bill Gibson, 1969)

C’est le tout premier documentaire à avoir raconté les premiers pas de l’homme sur la Lune. Sortie en septembre 1969, soit à peine deux mois après l’alunissage de Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins, cette compilation d’images filmées à Cap Kennedy, au centre spatial de Houston et à bord de la fusée elle-même, était narrée par Wernher von Braun, l’ingénieur d’origine allemande qui joua un rôle central dans le développement des missions lunaires du programme Apollo. Après son exploitation en salles, le film disparut de la circulation, avant de ressurgir en DVD en 2010.

Moonwalk One (Theo Kamecke, 1970)

Un autre film précurseur, lui aussi resté longtemps invisible. Signé Theo Kamecke, ce récit de l’aventure du programme Apollo se présentant comme un « documentaire de création » fut largement oublié après sa sortie au cinéma, au début des années 70. Mais en 2007, un groupe de cinéastes à la recherche d’images d’archives autour des missions Apollo découvrit que Theo Kamecke conservait chez lui deux grosses boîtes métalliques, contenant la seule copie 35 mm de la version intégrale de Moonwalk One. Un trésor pour les historiens de la conquête de l’espace ! Le film fut alors restauré numériquement, et ressortit en salles en 2009, pile à temps pour célébrer les 40 ans des premiers pas de l’homme sur la Lune. Influencé par le 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, rythmé par une bande originale psychédélique signée Charles Morrow, le film frappe par sa dimension sensorielle, immersive et « planante », mais aussi par quelques scènes spectaculaires, comme le décollage de la fusée depuis le lanceur Saturn V, un moment capturé par 240 caméras !

For All Mankind (Al Reinert, 1989)

S’il fallait ne voir qu’un seul documentaire sur le programme Apollo, ce serait peut-être celui-ci. Sorti en 1989, pour célébrer le trentième anniversaire du 21 juillet 1969, For All Mankind est l’un des récits les plus complets et les plus solides sur le sujet, relatant méticuleusement les espoirs, les doutes, les échecs et les succès d’une Amérique aux yeux braqués sur les étoiles, depuis le discours de la « nouvelle frontière » de John Fitzgerald Kennedy jusqu’au « petit pas » de Neil Armstrong. Porté par une musique de Brian Eno, ponctué par les interventions des astronautes des différentes missions Apollo, le film est signé Al Reinert, futur coscénariste d’Apollo 13.

Apollo 13 (Ron Howard, 1995)

Ironiquement, le film le plus célèbre sur le glorieux programme Apollo ne relate pas un triomphe, mais un (semi) échec. Celui de la mission Apollo 13, la troisième du programme spatial américain, en 1970, qui faillit tourner à la catastrophe quand, à mi-parcours, à plus de 300 000 kilomètres de la Terre, le réservoir à oxygène explosa. Une infortune résumée par une réplique devenue légendaire – « Houston, we have a problem », dite par Tom Hanks, dans le rôle de l’astronaute Jim Lovell. Tout ça étant du cinéma, cette phrase n’a, en réalité, jamais été prononcée. Lovell avait dit : « Houston, we’ve had a problem. » (« Nous avons eu un problème » et non « Nous avons un problème »). À noter qu’Ed Harris, qui joue ici le rôle du directeur de vol Gene Kranz, avait incarné l’astronaute John Glenn en 1984, dans L’Étoffe des héros, consacré au programme Mercury, qui précéda historiquement le programme Apollo. Quant à Tom Hanks et au réalisateur Ron Howard, ils produisirent ensemble trois ans plus tard De la Terre à la Lune, une minisérie documentaire HBO en douze épisodes, consacrée à l’épopée d’Apollo.

The Last Man on the Moon (Mark Craig, 2014)

Il y a Neil Armstrong, le premier homme sur la Lune. Et puis il y a Eugene Cernan, « The Last Man on the Moon ». Le onzième et dernier Américain à avoir foulé le sol lunaire, en décembre 1972, lors de la mission Apollo 17. Derrière le portrait de cet oublié des livres d’histoire, qui reconnaît dans ce documentaire avoir sacrifié sa famille à son rêve, se cache une réflexion sur la mystique du programme Apollo, sur le prix payé par une poignée d’hommes pour accomplir une mission à laquelle ils conféraient une dimension quasi divine.

First Man – Le Premier Homme sur la Lune (Damien Chazelle, 2018)

Après le succès de La La Land, Damien Chazelle retrouve Ryan Gosling et démystifie l’aventure de la conquête spatiale, en racontant le parcours de Neil Armstrong comme un lent processus de deuil, celui d’un père de famille frappé par la mort de sa petite fille. Adapté de la biographie officielle de Neil Armstrong, signée James R. Hansen, le film a heurté les plus cocardiers des spectateurs américains, car il ne montre pas Armstrong planter la bannière étoilée sur le sol lunaire. Une polémique qui démontre qu’on ne joue pas impunément avec l’imagerie officielle de la conquête spatiale.

Apollo 11 (Todd Douglas Miller, 2019)

Le dernier documentaire en date sur l’odyssée d’Apollo 11 est aussi l’un des plus impressionnants. Son réalisateur, Todd Douglas Miller, a en effet retrouvé des images 70 mm inédites totalement époustouflantes, aux couleurs d’une incroyable vivacité. Le film donne ainsi l’impression au spectateur d’être soudain propulsé au cœur de l’action : aux côtés de Neil Armstrong et de ses acolytes quand ils enfilent leurs combinaisons ; à Cap Kennedy, au milieu des ingénieurs regardant leur écran, une cigarette vissée aux lèvres ; ou parmi les badauds venus assister en famille à l’événement, qui font un pique-nique en attendant le compte à rebours. Un véritable voyage spatio-temporel, proprement étourdissant.