A Plague Tale : Innocence, les secrets d’un jeu vidéo made in Bordeaux

A Plague Tale : Innocence, les secrets d’un jeu vidéo made in Bordeaux

18 juin 2019
Jeu vidéo
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A Plague Tale
A Plague Tale Asobo Studio
A Plague Tale : Innocence, dernier-né du studio bordelais Asobo, nous transporte au Moyen Âge, en pleine épidémie de peste. Aurélie Belzanne explique dans un entretien accordé au CNC comment le studio français a mis au point cette aventure à la réalisation graphique très poussée.

Pourquoi avoir choisi l’époque du Moyen Âge et la problématique de la peste pour A Plague Tale : Innocence ?

C’est une période méconnue mais clé de l’Histoire de France. Les épidémies qui ont frappé la France correspondaient à ce que nous recherchions pour permettre à nos jeunes héros d’être confrontés à des dangers nombreux et très différents comme la peste noire, l’Inquisition, le brigandage... Nous nous sommes beaucoup inspirés des nombreuses villes médiévales qui entourent Bordeaux.

Comment avez-vous élaboré le synopsis ?

Le synopsis s’est construit autour des deux héros, de leur histoire dans la grande Histoire, comme un conte populaire d’autrefois. Nous suivons le voyage d'une jeune fille nommée Amicia et de son petit frère Hugo dans un royaume de France pris dans la tourmente de la peste noire. Le cinéma, bien sûr, et surtout l’animation des studios Ghibli, nous ont inspiré pour la richesse des histoires et les voyages initiatiques de leurs petits héros.
 
La direction artistique est très minutieuse. Quelles ont été vos influences cinématiques ?

Nous avons puisé dans beaucoup de types de références : des films comme Black Death de Christopher Smith (2010) ou le Macbeth de Justin Kurzel (2015) aux peintures des grands maîtres du clair-obscur. L’art apocalyptique du peintre polonais Zdzisław Beksinski a aussi été très présent dans notre élaboration de certaines scènes. La superbe bande-son composée par Olivier Derivière et jouée par des instruments d’époque est venue compléter l’ambiance et donner à l’aventure toute sa dimension.

En termes de scénario de jeu, qu’était-il important de valoriser ? La stratégie ? L’adresse ? La réflexion ?

Côté gameplay, nous aimions la simplicité et la forte immersion d’un jeu comme Ico [jeu d’aventure du studio SCE Japan sorti en 2001, ndlr]. Nous avons choisi de mettre toute l’interactivité au service de l’histoire que nous racontions et des environnements traversés. L’idée de devoir observer pour ensuite agir était importante pour nous, car les héros sont des enfants. Ils ne peuvent pas agir comme des adultes dans ce monde chaotique. Il fallait donc que cela s’adapte à leur condition et à leurs capacités d’enfants.
 
De quoi êtes-vous le plus fier dans A Plague Tale : Innocence ?

Aujourd’hui, c’est surtout de voir que les joueurs comprennent ce que nous voulions faire passer en terme d’émotion. Les retours sont très forts. C’est extrêmement motivant. Nous sommes à chaque fois très touchés par les messages et par les sessions live auxquelles on assiste.

A Plague Tale : Innocence, un jeu d'aventure sur consoles et PC, en partenariat avec Focus Home Interactive, a été soutenu par le Fonds d’aide au jeu vidéo du CNC.