« Neurodeck », le jeu vidéo qui vous met face à vos phobies

« Neurodeck », le jeu vidéo qui vous met face à vos phobies

22 juin 2021
Jeu vidéo
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Neurodeck
"Neurodeck" TavroxGames
Avez-vous peur des araignées ? Des clowns ? Ou même de la foule ? Sorti en mars dernier, Neurodeck met les joueurs face à leurs phobies dans un titre original développé par le tout jeune studio français TavroxGames. Son fondateur et créateur, Yannick Elahee, raconte comment il a pensé ce jeu de cartes qui s’aventure dans le monde torturé de la psychologie.

En quoi consiste Neurodeck exactement ?

C’est un jeu sur la santé mentale. Personnellement, j’en avais un peu marre des jeux de fantasy avec des dragons, des nains, etc.

Je voulais aborder ce sujet de la santé mentale, avec ces combats intérieurs qui peuvent exister en chacun de nous

C’est quelque chose qui m’inspire depuis une dizaine d’années. On a ainsi fait du « Deck Building », c’est-à-dire un jeu de cartes, sur un thème un peu différent.

Concrètement, comment ça se joue ?

On incarne un personnage qui va affronter ses phobies. Par exemple celle des araignées ou des serpents. On va progresser à travers le labyrinthe du subconscient, découvrir de nouvelles capacités, et affronter ses peurs au fur et à mesure du jeu

Les phobies sont représentées par un bestiaire, d’abord animalier, primaire, qui insiste sur les détails les plus effrayants. Pour ceux qui ont peur des araignées, on met en avant les pattes de l’animal. Mais notre bestiaire est aussi issu de la vie quotidienne quand on traite par exemple de la peur de la grossesse. Dans ce cas, on se focalise sur le ventre…

« Vulgariser certaines notions de psychologie »

Comment est née cette idée précisément ? Pourquoi la santé mentale ?

Je trouvais qu’il y avait un écart entre la représentation de la maladie mentale et la santé mentale. Ce sont deux choses très différentes. La santé mentale est peu abordée, et ça m’a semblé être un thème original. Et puis j’avais aussi fait un prototype de jeu il y a quelques années autour de l’œuvre de H. P. Lovecraft et de son univers, qui a beaucoup trait à la maladie mentale. Mon approche a été de dire qu’il y a aussi des gens qui ne sont pas à proprement parler malades, qui ne sont pas dans ce cas extrême, mais qui souffrent de leurs phobies. Au passage, cela permet aussi de vulgariser certaines notions de psychologie.

Justement, en quoi la dimension psychologique du jeu impacte-t-elle le joueur et son aventure ?

Quand on commence, on choisit une émotion qui sera représentée sous la forme d’un deck de cartes. Que ce soit la colère, la joie, la tristesse, le dégoût... L’idée étant de dire : quand on fait face à nos problèmes de santé mentale, quels sont les outils à notre disposition ? On s’inspire de la vie de tous les jours, mais ça reste un thème pour un jeu de combat.

« Le but n’est pas de soigner les gens ! »

Neurodeck n’a aucune vocation thérapeutique ?

Je ne suis pas psychologue et encore moins médecin. Je ne veux pas que les gens se disent qu’il y a une ambition thérapeutique dans ce jeu, ce n’est pas le cas. C’est de l’imaginaire. Il s’agit de s’amuser avec ses phobies. Le but n’est pas de soigner les gens ! D’ailleurs, le jeu s’adresse d’abord à ceux qui ont l’habitude des jeux de cartes de ce genre, comme Magic. Il faut être au fait des mécaniques de ce type de jeu. Même si on essaye aussi d’aller chercher un public plus large.

Combien de temps a-t-il fallu pour développer Neurodeck ?

On était environ sept ou huit à travailler dessus. Je suis le directeur créatif, mais j’ai travaillé avec pas mal de free-lances pour produire les différents éléments comme les visuels, la musique. Le tout a pris deux ans. On a une centaine de cartes actuellement dans Neurodeck, et il faut bien avoir en tête que c’est au moins une demi-journée de code et une demi-journée de graphisme pour créer une carte ! Et puis on se démarque des autres par la qualité de nos animations, entièrement faites à la main, et des illustrations avec pas mal de détails. Cela nous a pris du temps, mais on a du contenu de haute qualité.

Neurodeck est le premier titre du studio TavroxGames. Comment est-il né ?

Je conçois des jeux vidéo depuis six ou sept ans. J’avais développé un premier jeu en 2016. Après avoir créé le prototype de Neurodeck, on a trouvé des financements et le studio est né avec le jeu il y a deux ans. En ce moment, on travaille avec Goblinz Studio pour la production de DLC [contenu téléchargeable, NDLR] pour leur jeu Legend of Keepers. Et puis on attaque pour TavroxGames un puzzle game, un nouveau jeu qui se déroulera dans l’univers de l’Égypte antique.