A l’occasion de la présentation des résultats de l’observatoire de l’égalité femmes-hommes le 26 novembre 2025, Gaëtan Bruel, président du CNC, a repris l’annonce faite au Festival de Cannes 2025 par la ministre de la culture, suite aux recommandations du rapport des députés Erwan Balanant et Sandrine Rousseau, d’aller plus loin en faveur de la parité dans les équipes de films. Cela en engageant au CNC une réflexion sur un « malus parité », face au constat d’un essoufflement des effets concrets de la mesure du « bonus parité » dans le cinéma, en vigueur depuis le 1er janvier 2019, et des indicateurs de la parité dans la filière cinéma.
Ainsi la part des films remplissant les conditions pour bénéficier du « bonus parité » s’établissait, en 2025, à 33,5%, en recul par rapport aux années précédentes, 37,3% en 2024 et 39,9% en 2023. Par ailleurs, la proportion des films réalisés par des femmes est retombée à 24 % en 2024, soit son plus bas niveau depuis 2019. De manière générale, cette part n’a que très peu évolué sur la décennie malgré la mise ne place du bonus. Enfin, en 2025, le devis moyen des films réalisés par des femmes est inférieur de 44 % à celui des films réalisés par des hommes.
Cette réflexion, après concertation avec les professionnels, a abouti à l’élaboration de la mesure « malus/ bonus parité », adoptée par le conseil d’administration du Centre le 7 juillet. Le malus parité et sa mesure miroir de bonus portent un changement de paradigme : les productions paritaires pourront être récompensées ; mais celles qui ne seront pas paritaires seront pénalisées.
Ce mécanisme vise à encourager les sociétés de production à embaucher des femmes sur des postes clés afin d’atteindre l’objectif de 40% de ces postes occupés par des femmes à l’horizon 2030.
Ainsi, pour les films entrant en production à partir du 1er janvier 2027, une majoration de 10% du soutien investi par société de production s’appliquera aux productions de films ayant fait appel à au moins 40% de femmes sur des postes d’encadrement. En effet miroir, les productions qui ne respecteront pas une part minimum de femmes au sein des équipes de production verront le soutien généré diminué de 10%.
Afin de simplifier le calcul du seuil permettant de bénéficier du « bonus parité », le système de barème de points existant disparaît au profit d’une liste unique de postes dont un minimum doivent être occupés par une femme.
Cette liste est établie en fonction du genre de l’œuvre :
- Pour les films de fiction et documentaire, une liste de respectivement 15 et 13 postes a été définie, avec un seuil de 6 postes pour déclencher le bonus.
- Pour les films d’animation, sont identifiés 21 postes pour l’animation 2D et 24 postes pour l’animation 3D, avec un seuil de déclenchement du bonus supérieur ou égal à 9 pour l’animation 2D et 10 pour l’animation 3D.
Enfin, pour permettre aux producteurs d’adapter progressivement leurs équipes le seuil de déclenchement du malus fera l’objet d’une évolution entre 2027 et 2030. A partir du 1er janvier 2027, le seuil est fixé à 3 postes pour les œuvres de fiction, 5 pour les œuvres d’animation et à 2 pour les documentaires. L’augmentation se fera par palier jusqu’en 2030 pour atteindre 6 postes pour la fiction, 9 pour l’animation 2D, 10 pour l’animation 3D et 6 pour le documentaire. En dessous de ces seuils, le soutien généré sera minoré de 10%.