Fonds d'aide à l'innovation en documentaire de création : résultats de commission du 17 mars 2026

Résultats des commissions

17 mars 2026


Aide au développement renforcé

Désobéiscience de Cécile Dumas et Cédric Piktoroff
Producteur : LOOK AT SCIENCES
Aide accordée : 45 000 €
Sur le dos de leurs blouses blanches, imprimée au pochoir, leur appartenance s’affiche comme un cri : « scientifiques en rébellion ». Loin de leurs labos et universités, ces chercheuses et chercheurs mènent des actions de désobéissance civile. Ce qui les emmène parfois devant les tribunaux. Hugo, Léa, Irénée, Sylvain ou Kaïna appartiennent à cette génération de scientifiques engagé·es face aux crises climatiques et environnementales. Ensemble, elles et ils interrogent la place de la science tout autant que leur propre rôle dans une société qui doit se réinventer. C’est une périlleuse mue politique que nous appréhendons au fil des mois.

Gym Boys de Léonard Ledoux
Producteur : PERSPECTIVE FILMS
Aide accordée : 60 000 €
Théo, jeune Français en errance, rejoint son frère en Corée du Sud. Au cœur du quartier d’affaires ultramoderne de Séoul, Théo déniche un petit club de boxe bancal, refuge improbable d’une communauté de sportifs en galère. Bientôt, il y vit et entraîne.
Trois ans plus tard, Théo dort toujours sur un tapis de sol, tout près du ring. À bout de bras, il s’acharne à maintenir en vie ce lieu désormais menacé de fermeture. En suivant ce voyageur qui n’est jamais rentré chez lui, on rencontre une troupe d’enfants qui a grandi trop vite et de boxeurs cabossés qui, jour après jour, apprennent à encaisser les coups.

J’ai toujours dit nous de Lucia Sanchez, co-écrit avec Cécile Vargaftig
Producteur : ANOKI
Aide accordée : 50 000 €
En 1970 meurt à Valencia, la ville où j’ai grandi, une femme qui s’appelait comme moi : Lucia Sanchez. Elle était ouvrière, poète, journaliste et leader du premier mouvement anarchiste féminin des années 30 : « Femmes libres ». Aujourd’hui elle est tombée dans l’oubli. Avec d’autres femmes, nous partons à sa recherche, persuadées qu’elle a quelque chose à nous dire. D’une Lucia à l’autre, d’une Espagne à l’autre, entre sa vie et les nôtres, une histoire fantôme se dessine. Celle d’un pays enfermé dans l’oubli.

Joining dots in the dark de Quentin Sombsthay
Producteur : WASTE FILMS
Aide accordée : 50 000 €
Au Kenya, une entreprise américaine exploite des centaines de personnes pour entraîner et optimiser les intelligences artificielles. Ces travailleurs du clic sont payés $2 de l’heure pour regarder du contenu violent : vidéos pornographiques, textes décrivant de la torture, images de guerre civile, etc. Toute la journée, ils annotent et affinent les datas qui serviront à améliorer les outils comme ChatGPT ou Meta AI. Ils souffrent depuis de « visions récurrentes », de troubles du stress post-traumatique découlant de ce travail au service des machines.
Entre récit polyphonique et expérimentations graphiques, Joining dots in the dark raconte les conséquences matérielles et psychiques de l’entraînement des IA sur ce nouveau prolétariat numérique.

La Parenthèse industrielle d’Olivier Bosson
Producteur : LA SOCIETE DES APACHES
Aide accordée : 50 000 €
Célia Wrobel, artiste et chercheuse, mène une enquête sur la société industrielle et son avenir face à la catastrophe écologique. Comme partenaire de terrain, elle fait revenir du passé un expert qui a pensé et mis en œuvre l’industrialisation de la société au XIXème siècle, Michel Chevalier (1806-1879). Leur voyage les amène à débattre avec des acteurs et des détracteurs de l’industrie, entendre quelle conscience ils ont de ces enjeux, et ouvrir le dialogue entre la raison écologique et le monde industriel. Célia cherche à comprendre avec qui faire alliance pour préparer la sortie de ce modèle.

Madre e Madonne de Giulia Montineri
Producteur : RUE DE LA SARDINE
Aide accordée : 40 000 €
Au cœur de la nuit, des chiennes-louves chassent dans la forêt. Elles traquent un mal invisible, répondent à un appel. Par-delà la forêt et les montagnes, dans un quartier populaire de Corte, Rosana vit avec sa mère Thérèse. Alors que la centenaire flirte déjà avec la mort, la vie de sa fille lui est consacrée. Dans leur HLM, les gens vont et viennent pour se faire désenvoûter de l’Ochju, le mauvais-œil. En 2019, je les consulte pour mes déboires amoureux. Depuis, elles m’absorbent dans leur antre et m’intègrent à leur lignée de guérisseuses. Le long de la rivière torrentielle, la meute continue d’avancer, aux côtés d’une silhouette de vieille femme.

Miss Sorcière de Nathanaël Ruiz de Infante
Producteur : MAISON FRACAS
Aide accordée : 35 000 €
Miss Sorcière raconte le passage à l’âge adulte d’une jeune dans une campagne isolée de l’Est de la France. En plein questionnement sur son futur, Lisa devient le personnage central d’une fable contemporaine qui raconte avec humour et mystère l’adolescente qu’elle a été et le paysage où elle a grandi.

Sentir c’est voir d’Éric Baudelaire
Producteur : POULET-MALASSIS
Aide accordée : 60 000 €
Tourné à l’Institut National des Jeunes Aveugles, ce projet prend la forme d’une collaboration avec des élèves atteintes de cécité qui filment leur quotidien avec leurs propres caméras. Entre cinéma d’observation et invention collective, il interroge la notion de regard et la construction des images lorsque la perception du monde repose sur d’autres sens que la vue. Peu à peu, le film fait émerger une expérience élargie de la perception et redéfinit l’idée même du visible grâce à celles qui ne « voient » pas, mais nous réapprennent à voir.

Talia après Talia de Pedro Speroni
Producteur : LES FILMS DE L’ŒIL SAUVAGE
Aide accordée : 50 000 €
Après 9 ans dans la prison de San Martin, Talia, 27 ans, est libérée et revient à Fuerte Apache chez sa mère. Sans suivi ni emploi à cause de son casier, elle affronte l’économie de survie et les tentations de la délinquance, tout en regrettant le « cocon » carcéral et en cherchant sa place.

28 avril 2026

Le programme de la Journée de la Création 2026

Depuis près de trente ans, le Festival de la Fiction de la Rochelle est un rendez-vous incontournable de la rentrée des professionnels de l'audiovisuel. Depuis 2025, ses organisateurs en proposent un autre...