Meurtres à… (France 3) : les raisons d’un succès

Meurtres à… (France 3) : les raisons d’un succès

07 août 2018
Séries et fictions TV
Meurtres à la Ciotat
Meurtres à la Ciotat François-LEFEBVRE-FTV

De la Savoie au Mont Saint-Michel en passant par le Pays d’Oléron et la Bourgogne. Avec sa série de fictions unitaires Meurtres à…, France 3 a trouvé le compromis parfait entre enquêtes policières et régions. Mais pourquoi ces rendez-vous plaisent-ils tant aux téléspectateurs ?


Poids lourd de TF1 en termes d'audiences, le divertissement The Voice a pourtant été à deux doigts de voir s'échapper la place de leader des audiences télé le 18 mars 2018. Avec 5 229 000 téléspectateurs au compteur (26,4% de part d'audience), le télé-crochet n'a devancé que d'une courte tête un des rendez-vous incontournables de France 3 : un épisode de la collection Meurtres à… Inédit, le téléfilm Meurtres en pays d'Oléron a ainsi permis à la Trois de rassembler 5 179 000 personnes (23,3% de PDA). Mais quelles sont les raisons du succès de cette collection diffusée depuis 2013 sur la chaîne publique ?

Un patrimoine mis en valeur

La proximité avec les téléspectateurs est l'ADN de France 3. Quoi de mieux, pour se rapprocher d'eux, que de mettre à l'honneur leur région dans d'autres rendez-vous que les émissions et journaux locaux ? Avec la collection Meurtres à, tournée à chaque fois dans un nouveau lieu en France, la chaîne attire ainsi les habitants de la région concernée ainsi que tous les Français curieux de découvrir des paysages qu'ils ne connaissent pas toujours.

Il y a une proposition de polar dans une région, mais elle n'est qu'un prétexte pour découvrir notre patrimoine culturel
à souligné Anne Holmes à l'Express
responsable de la fiction de France Télévisions (et jusqu'à avril 2018 directrice de la fiction de France 3)

« Je ne connaissais pas du tout Lille. C'est une façon vraiment privilégiée de découvrir la ville puisqu'on rentre dans des décors inouïs ! (…) Quand il y a des beautés, autant les montrer !", confiait d'ailleurs en juin dernier, à RTL2, Laurence Katrian, la réalisatrice de Meurtres à Lille.

La région, un personnage à part entière

Attrait supplémentaire de cette collection : les lieux choisis – Rouen en 2014, La Rochelle en 2015, ou encore Saint-Malo en 2013 et Bitche en 2018 - ne servent pas seulement de simples toiles de fond pour une enquête policière. Tout comme Jacques Deray, qui a fait de Marseille le troisième personnage principal de Borsalino, l'intrigue s'inscrit pleinement dans la culture et les spécificités de la région choisies. Les Thermes étaient ainsi au cœur de Meurtres à Brides tandis que la fontaine Sainte Agathe - lieu dans lequel les nourrices du Morvan se rendaient en pèlerinage – est l'élément central de Meurtres dans le Morvan dont le tournage vient de commencer. De quoi faire découvrir certaines légendes locales et les cultures régionales. « Les téléspectateurs ont envie de revenir à leur quotidien, leur culture, leur patrimoine", a d'ailleurs confirmé Fanny Rondeau, directrice de la fiction de France 2, au Parisien/Aujourd'hui en France en février 2018

De l'authenticité et une cible « familiale »

A chaque épisode, un duo d'acteurs différent mène l'enquête. L'occasion pour les téléspectateurs de retrouver des visages bien connus, notamment des comédiens déjà vus dans des séries à succès : Rebecca Hampton, Laetitia Milot, et Dounia Coesens de Plus belle la vie (France 3), Lucie Lucas de Clem (TF1), Xavier Deluc de Section de recherches (TF1), Isabelle Vitari de Nos Chers voisins (TF1), Loup-Denis Elion (Scènes de ménages – M6), Cécile Bois de Candice Renoir (France 2)…  Côté casting, on a également pu découvrir Olivier Marchal, Line Renaud, Frédéric Diefenthal, Pierre Arditi ou encore, plus surprenant, les présentateurs télévisés Claire Chazal, Stéphane Bern et Michel Cymes. Des comédiens et animateurs qui représentent tous déjà un attrait pour les téléspectateurs ravis de les retrouver au cœur d'une série policière. Un genre qui est l'un des préférés du public sur le petit écran, preuve en est le classement des 100 meilleures audiences télé (Médiamétrie) de 2017 dans lequel on retrouve plus de 32 fictions policières dont Le Tueur du lac (TF1), Section de Recherches (TF1) et Capitaine Marleau (France 3).

Les épisodes de cette collection mettent également à l'honneur des personnages proches des téléspectateurs. Des Monsieur et Madame Tout-le-monde naturels et sincères, bien loin des héros sans faille de certaines séries. Laissant les scènes « trop violentes » au placard, la chaîne a créé un rendez-vous qui « peut se regarder en famille », a précisé Anne Holmes à L'Express. Une recette gagnante.

 

Le CNC, fidèle soutien de la collection Meurtres à… de France 3

Partenaire privilégié du cinéma, de la culture numérique, des jeux vidéo et de l'audiovisuel, le CNC a aidé financièrement plusieurs épisodes de la collection à succès Meurtres à de France 3. Les fictions tournées à Brides-les-Bains (Mon voisin productions), Châteauroux (Superwoman production), Colmar (Télécip), Douarnenez (Ryoan), La Rochelle (JLA productions), Aix-en-Provence (Endemolshine fiction), Avignon (PM SA), Avoriaz (Terence films), Bruges (A prime group), Collioure (La boîte à images), Etretat (Capa Drama), Grasse (TV Presse productions SAS), Guérande (Merlin productions), l'Ile d'Yeu (Scarlette production), l'Ile de Ré (Fantastico), La Ciotat (Neutra production), Omaha Beach (Fit production), Orléans (A la vie production), Pérouges (HBB 26), Sarlat (Lizland films), Strasbourg (Mother production), Toulouse (Paradis films), Valenciennes (GMT productions) ou encore au Pays Basque (Merlin productions), à l'Abbaye de Rouen (Albertine productions) et en Martinique (Eloa prod) ont été soutenues avec l'aide automatique à la production au titre du Fonds de soutien audiovisuel. Les épisodes Meurtres à Lille (Superwoman production), Rocamadour (Fantastico), Saint-Malo (Fantastico) et Carcassonne (Kwai) ont bénéficié de leur côté de l'aide sélective du CNC à la Production dans le cadre du Fonds de soutien audiovisuel.