Samuel Le Bihan : « Pour Alex Hugo, il a fallu que j’apprivoise la montagne »

Samuel Le Bihan : « Pour Alex Hugo, il a fallu que j’apprivoise la montagne »

03 février 2022
Séries et TV
Samuel Le Bihan dans la série « Alex Hugo », diffusée sur France Télévisions.
Samuel Le Bihan dans la série « Alex Hugo », diffusée sur France Télévisions. François LEFEBVRE - FTV
Depuis 2014, il est ce flic marseillais parti s’isoler dans les montagnes qui réunit une audience phénoménale, sur France Télévisions, à chaque enquête qu’il mène. Très à son aise dans ce personnage qu’il a taillé à sa mesure, l’acteur de 56 ans nous raconte « son » Alex Hugo, ou comment il est devenu une star du petit écran.

C’est déjà le 20e épisode d’Alex Hugo, diffusé cette semaine sur France 3. Vous imaginiez en faire autant quand vous avez commencé ?

Non, c’est sûr. (Rires.) Après, il faut préciser que c’est assez calme comme tournage... Ça prend un mois par épisode en gros. Donc ça s’est fait tranquillement, naturellement. On ne s’est pas installé comme une série qui ferait 8 ou 10 épisodes par an. On n’est pas sur un rythme soutenu. D’ailleurs, la série est assez contemplative dans sa forme. Un rythme qu’on ne retrouve plus tellement en télé. C’est assez doux. Ça demande de l’engagement évidemment. Mais je n’ai pas un sentiment d’effort à faire…

Il y a un petit côté polar écolo dans Alex Hugo
Samuel Le Bihan

Qu’est-ce qui vous motive encore dans ce personnage ?

C’est un personnage très inspirant. Il a cette manière à lui d’aborder la justice, une idée basée à la fois sur la nature qui l’entoure et la nature humaine. La façon qu’il a d’aller dans cette montagne, pour s’apaiser, pour se soigner, sans qu’on sache vraiment d’où viennent ses douleurs. Il y a une part de mystère en lui. Une forme d’autorité douce aussi. Je le trouve très agréable à incarner. D’autant qu’il porte des valeurs fortes, une conscience de l’environnement. Il y a un petit côté polar écolo dans Alex Hugo. Sans être militant, subtilement, dans la façon dont le personnage contemple cette nature, à chaque fois, on rappelle à quel point c’est beau, c’est fort. C’est une manière de remettre les choses en perspective.

Votre approche du personnage a changé depuis ses débuts à l’antenne ?

Je m’étais inspiré du livre au départ [“La Mort et la Belle Vie” de Richard Hugo, NDLR], où le personnage est décrit comme quelqu’un d’assez fragile, de très sensible. Donc j’ai voulu essayer de construire ça, mais ça ne m’allait pas vraiment... Je n’étais pas très satisfait de ce que ça pouvait rendre. Je trouvais plus intéressant de me servir de ce que je suis personnellement. Par moments, je peux être quelqu’un d’un peu brusque. Un peu rugueux. Je trouvais intéressant de ramener ce personnage à quelque chose de plus taiseux, quelqu’un de plus maladroit dans ses rapports humains. Un rapport plus direct, plus charnel presque.


Vous discutez encore du personnage avec les créateurs de la série, Franck Thilliez et Niko Tackian ? Ou ils vous laissent faire à votre façon ?

Un peu des deux. On en parle. On échange. Mais dans les scripts, il y a de l’espace pour les comédiens. On peut s’approprier des choses au milieu du suspense, du polar, de situations difficiles qui sont très écrites. Ils nous donnent de la matière brute et c’est à nous de l’incarner.

Je suis allé m’épuiser là-haut pour me faire des souvenirs
Samuel Le Bihan

L’autre personnage central d’Alex Hugo, c’est la montagne. Vous êtes un montagnard dans l’âme ?

C’est un élément fondamental pour la série, c’est vrai. Et moi, je ne connaissais pas la montagne quand j’ai commencé. Alors il a fallu que je l’apprivoise. Dès que je suis arrivé sur la série, je suis parti tout de suite faire des randonnées, je suis allé m’épuiser là-haut, parce qu’il fallait que je me fasse des souvenirs. Il fallait que je transpire. Que j’ai une relation physique avec ces espaces, qui étaient, pour moi, des murs froids, du minéral... Il fallait que je les gravisse, pour les défier. Ça m’a permis de construire un rapport émotionnel avec eux.

Alex Hugo est un rôle d’extérieur, très physique. Il demande une vraie préparation, non ?

Oui, il y a des journées qui sont vraiment épuisantes. Très dures. Quand on va faire de l’escalade, qu’il faut refaire la scène, qu’on se retrouve accrochée à la paroi toute la journée... Il faut être en forme physiquement, c’est clair. Ça demande de l’engagement.

La dernière fois qu’on vous a vu au cinéma, c’était dans Les Yeux jaunes des crocodiles de Cécile Telerman, en 2014. Vous n’avez plus le temps ?

C’est vrai. C’est la télé qui m’a fait des propositions ces dernières années. J’ai pu m’y exprimer artistiquement. Et puis au théâtre aussi. Mais je reviens au cinéma cette année ! Ce sera encore avec Cécile Telerman à la réalisation ! Ce qui est fou, parce que je n’avais même pas fait le lien. C’est un hasard. Mon dernier film, c’était avec elle. Et celui de mon retour au cinéma ce sera avec elle aussi. C’est une comédie qui s’appelle Mon chat. On l’a tournée l’an dernier avec Pascal Elbé et Zabou Breitman.