9 films d'horreur et fantastiques français à voir ou revoir

9 films d'horreur et fantastiques français à voir ou revoir

31 octobre 2018
Cinéma
Grave de Julia Ducournau
"Grave" de Julia Ducournau Wild Bunch Distribution
Pour fêter Halloween, retour sur les plus beaux fleurons du cinéma horrifique hexagonal.

Les Visiteurs du soir (Marcel Carné, 1942)

A la fin du quinzième siècle, le diable envoie deux troubadours dans un château afin de répandre la discorde et le désespoir dans le cœur des hommes. En pleine Occupation, Marcel Carné réussit l'exploit de tourner cette superbe fable fantastique médiévale, avec une partie de l'équipe qui fera ensuite le légendaire Les Enfants du Paradis (le script de Prévert, Arletty en actrice, les décors d'Alexandre Trauner...). Un film qui résonne comme un vieux conte oublié, et qu'on n'oubliera plus jamais.

Les Yeux sans visage (Georges Franju, 1960)

Un chirurgien enlève des jeunes filles pour leur découper la peau du visage afin de soigner sa fille défigurée... On ne sait quoi admirer le plus dans le chef-d’œuvre de Franju : les visions surréalistes éclairées par Eugen Schüfftan (Metropolis de Fritz Lang, Le Quai des brumes de Marcel Carné), le jeu surpuissant d'Edith Scob et Claude Brasseur, l'angoisse cauchemardesque du sujet écrit par Boileau-Narcejac... Et puis, tout simplement, Les Yeux sans visage est un film qui fait, véritablement et profondément, peur.

Le Locataire (Roman Polanski, 1976)

Un homme timide emménage dans un appartement dont le précédent locataire s'est suicidé. Peu à peu, il va sombrer dans la paranoïa. A moins que ses voisins ne lui veulent vraiment du mal ? Revenant en France après le triomphe de Chinatown, Polanski signe un grand film sur la peur et la haine, des autres et de soi-même. Comme il joue également le rôle principal, ça en devient encore plus flippant.

Les Chiens (Alain Jessua, 1979)

Dans une banlieue parisienne moderne, les habitants prennent peur et décident de s'équiper en chiens de combat pour se défendre. Un médecin humaniste (Victor Lanoux) fait face à un maître-chien charismatique (Gérard Depardieu) pour empêcher la ville de sombrer dans l'autodéfense et le fascisme. Un vrai film de genre, poisseux, violent et glauque, dont le sujet frôle sans cesse le fantastique urbain le plus dérangeant.

Le Pacte des loups (Christophe Gans, 2001)

Film fantastique ? Film-somme, en tous cas : autour de la légende de la Bête du Gévaudan, Christophe Gans concentre tout ce qui fait vibrer au cinéma : l'aventure, l'Histoire, l'action, les combats au ralenti, les complots, le romanesque, les monstres, l'aventure... Tout, et bien plus encore.

Trouble Every Day (Claire Denis, 2001)

Quand Claire Denis fait un film de vampires, ça fait mal. La réalisatrice envisage les suceurs de sang comme des amants cannibales qui dévorent les corps pour les posséder à tout jamais. D'une violence et d'une originalité affolantes, loin de tout cliché (le film ne s'envisage même pas comme une relecture des clichés du genre), Trouble Every Day n'a pas l'importance qu'il mérite. A redécouvrir absolument.

Martyrs (Pascal Laugier, 2008)

Une famille ordinaire petit-déjeune quand surgit une jeune femme qui va la décimer au fusil de chasse. Pourquoi ? La réponse donnée par le deuxième long de Pascal Laugier est terrifiante, traumatisante, et nous emmène loin, très loin dans les abysses de l'horreur.

Evolution (Lucile Hadzihalilovic, 2016)

Une île mystérieuse, des femmes et des enfants tous de sexe masculin, un mystérieux médecin... Onze ans après le Innocence, Lucile Hadzihalilovic s'affirme comme l'héritière du surréalisme magique des Yeux sans visage de Franju avec son cinéma fait de visions sorcières. C'est beau.

Grave (Julia Ducournau, 2017)

Une étudiante végétarienne en école vétérinaire découvre le bon goût de la chair humaine. Le premier film de Julia Ducournau, en plus de révéler Garance Marillier, réconcilie deux cinémas avec ses visions frappantes : le cinéma arty et soigné, et le cinéma de genre le plus trash et saignant qui soit. De la cuisine fusion dans ce qu'elle a de meilleur.