Cofondateur du festival Cinélatino, Francis Saint-Dizier a contribué pendant près de quatre décennies à faire découvrir au public toulousain les films et les cultures d’Amérique latine. Au fil des années, la manifestation est devenue le fer de lance de la promotion et de la diffusion des cinémas d’Amérique latine en France et en Europe. Francis Saint-Dizier est décédé le 24 octobre 2026 des suites d’une maladie.
De l’ARCALT à Cinélatino
En 1989, avec son épouse Esther, Francis Saint-Dizier fonde l'Association Rencontres des Cinémas d’Amérique latine Toulouse (ARCALT) avec l’objectif de faire découvrir à un large public les cinémas d'Amérique Latine et de favoriser leur diffusion et leur distribution en France. Rapidement nommé Cinélatino, le festival a célébré sa 38ᵉ édition en mars dernier. Francis Saint-Dizier avait participé à chacune d'entre elles, d'abord en tant que vice-président de l'ARCALT, puis de 2009 à 2024 en tant que président.
« Dans cette fonction, avec les autres membres de l’association, il a réussi à maintenir l’envergure des activités de l’association et à préserver la source bénévole et militante du festival et des rencontres professionnelles tout en accompagnant leur professionnalisation », indique le communiqué de Cinélatino annonçant sa disparition. Médecin addictologue de formation, Francis Saint-Dizier « se montrait très concerné par les transformations sociales et politiques en œuvre et à venir, en Amérique latine, ici et ailleurs ».
Un fervent promoteur du cinéma sud-américain
L’engagement de Francis Saint-Dizier allait bien au-delà des projections de films et des rencontres, et touchait à l'Histoire et à la réflexion : il a notamment été le directeur de la publication de la revue Cinémas d'Amérique latine, créée en 1992 par l'historien du cinéma sud-américain Paulo Antonio Paranaguá et éditée par l'ARCALT, pendant plus de trente ans. Depuis 2015, Cinélatino avait également mis en place La Película [« le film » en espagnol, NDLR], une revue quotidienne proposée pendant la durée du festival et animée par de jeunes plumes.
Francis Saint-Dizier était également investi dans « Cinéma en construction », l'un des dispositifs professionnels de Cinélatino mis en place en 2002 avec le festival de San Sebastián afin d'aider à l'achèvement de projets cinématographiques en mettant en relation cinéastes et producteurs. Le dispositif a donné naissance à des œuvres remarquées comme Chili 1976 de Manuela Martelli, Gloria de Sebastián Lelio ou Los Silencios de Beatriz Seigner.
Francis Saint-Dizier était devenu président d'honneur de Cinélatino avec sa femme, tout en restant très impliqué dans l’organisation du festival. L'historienne Marion Gautreau, spécialiste de la photographie latino-américaine, occupe désormais la présidence de l'association.