Le cinéma argentique à l’honneur en Seine-Saint-Denis

Le cinéma argentique à l’honneur en Seine-Saint-Denis

28 septembre 2026
Cinéma
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« Quelques siècles de plus, 2025 »
« Quelques siècles de plus, 2025 » Raphaël Martin-Dumazer

Du 30 septembre au 3 octobre 2026, les villes de Saint-Denis et d’Épinay-sur-Seine accueillent les premières Rencontres du Cinéma Argentique. Cinéastes, projectionnistes, archivistes ou encore collectionneurs  vont s’y retrouver pour réfléchir ensemble aux moyens de préserver et de transmettre le cinéma argentique. Emmanuel Falguières, à la tête de l'association L'Abominable, fondée en 1996 et pensée comme un laboratoire cinématographique partagé, présente les enjeux de cette édition qui alternera entre projections, conférences et visites guidées.


Voir émerger et aboutir des mesures concrètes de sauvegarde des pratiques de l'argentique, de ses savoir-faire et de ses connaissances : c’est l’ambition de la première édition des Rencontres du Cinéma Argentique, qui se tient du 30 septembre au 3 octobre. Afin que ces pratiques se transmettent aux futures générations, les organisateurs souhaitent faire reconnaître comme patrimoine culturel immatériel les gestes du cinéma argentique, entre fabrication des films sur pellicule, particularité des projections et entretien dans le temps.

Fabriquer, projeter et protéger des films sur pellicule

« Nous souhaitons réunir l'ensemble de la chaîne du cinéma argentique en France », explique Emmanuel Falguières. « De la prise de vue jusqu'aux laboratoires en passant par la projection, les archives... Ce moment de rencontre s'inscrit dans un mouvement plus large : l'inscription des pratiques, connaissances et savoir-faire du cinéma argentique à l'inventaire national du patrimoine culturel immatériel. »

« Cette démarche est soutenue par notre association L'Abominable, le CNC et le Club des Collectionneurs du Cinéma. Nous portons cette ambition depuis deux ans déjà et espérons pouvoir valider cette inscription auprès de l'UNESCO en 2027. Pour soumettre notre candidature, il faut présenter des éléments dans plusieurs pays. En France, nous portons ce projet en particulier au ministère de la Culture. »

Rencontres et projections

Le mercredi 30 septembre au soir, le cinéma L’Écran de Saint-Denis proposera une soirée d'ouverture tout public. Au programme : la projection d'Un chant aveugle (16 mm sur DCP, 63 min, 2026) de Stefano Canapa et Natacha Muslera en leur présence, suivi de Hair, Paper, Water (16 mm sur DCP, 71 min, 2025) de Nicolas Graux - également présent - et Truong Minh Quy. « Les deux films choisis ont été tournés en argentique », détaille Emmanuel Falguières. « Ils ont été dotés par le ministère de la Culture des prix du patrimoine culturel immatériel : l’un au Cinéma du Réel et l’autre au Festival Jean Rouch. »

En amont des projections, les cinéastes participeront à une discussion avec des membres du ministère de la Culture sur les pratiques du cinéma argentique et le patrimoine culturel immatériel. Une rencontre plénière sur cette même thématique sera ouverte au public le lendemain. Les jours suivants, des ateliers de discussion sont prévus à la Maison des Sciences Humaines et sociales Paris Nord à Saint-Denis.

Huit ateliers de mesures de sauvegarde

« Nos rencontres sont hybrides », explique Emmanuel Falguières. « Au sens où certaines sont publiques (les projections, les visites) et d'autres réservées à des praticiens de l'argentique pour discuter des mesures de sauvegarde à inventer pour la pérennité de ce type de cinéma. L'idée est de réunir des personnes très différentes partageant la même pratique, qu'elles travaillent pour de grosses structures ou des petites sociétés, qu'elles viennent du public ou du privé, qu'elles participent à la conception, à la diffusion ou à la conservation des œuvres. »

« Nous allons nous réunir autour de huit ateliers de mesures de sauvegarde : Laboratoires, Cinéastes, Prises de vue, Distribution et Projection, Machines et Matériels, Formation, Conservation et Restauration et Amateurs et Collectionneurs. La restitution organisée le 2 octobre à 15h00 permettra de condenser, en une dizaine de minutes par atelier, toutes les mesures évoquées, pour ensuite construire un plan de sauvegarde à partir de ces échanges. »

La Seine-Saint-Denis, au cœur de l'histoire du cinéma argentique

Le jeudi 1er octobre, une balade urbaine entraînera les participants à la découverte des industries techniques du cinéma de la Plaine Saint-Denis. Le samedi 3 octobre, ce sont les anciens laboratoires Éclair à Épinay-sur-Seine qui ouvriront leurs portes, un lieu où l'association est en train d’installer son navire Argo.

« Ces visites sont ouvertes à tous », précise l’organisateur. « Elles nous permettent de mettre en avant le soutien de la Seine-Saint-Denis, qui nous a beaucoup aidés à mettre en avant notre association. C'est un département où la question de l'ancienne industrie photochimique est très importante. Les laboratoires Éclair sont un lieu historique en la matière, c'est pourquoi nous avons choisi de le réhabiliter en partie, sur 1500 m2, et d'y ajouter nos propres machines. Nous voulons y proposer à la fois un laboratoire partagé pour les cinéastes et une salle de projection de 89 places, entièrement dédiés à l'argentique. »

« C'est un projet important, soutenu par le CNC. Nous visons un lancement à la fin de l’année 2027. Quant aux Rencontres, nous aimerions lancer un mouvement grâce à cette première édition, puis nous réunir régulièrement, pourquoi pas en biennale ? Nous souhaitons que les idées qui y sont développées puissent grandir et devenir des projets concrets, indépendants et autonomes. »