Les Enfants des Lumière(s) : "Une semaine de tournage magique !"

Les Enfants des Lumière(s) : "Une semaine de tournage magique !"

23 novembre 2020
Cinéma
Tournage Les Enfants des Lumière(s) © Laure Farantos
Tournage Les Enfants des Lumière(s) © Rémi Chanaud
Tournage Les Enfants des Lumière(s) © Dorothée Poulle-Liégès
Tournage Les Enfants des Lumière(s) © Dorothée Poulle-Liégès
Tournage Les Enfants des Lumière(s) © Rémi Chanaud
Tournage Les Enfants des Lumière(s) Laure Farantos
 
 
 
Premier retour d’expérience de tournage avec la classe de 5e du collège Marcel Pagnol de Saint-Ouen-l’Aumône.

Définir le rôle de chacun au cours d’un tournage, comprendre les spécificités de chaque métier, travailler sur le vocabulaire technique du cinéma, découvrir plusieurs œuvres cinématographiques en salles, aborder l’histoire du cinéma par le biais d’une visite à la Cinémathèque française, analyser l’affiche cinématographique et son évolution… autant  de pistes explorées par Les Enfants des Lumière(s) qui permettent de révéler aux élèves toute la magie du cinéma.

Découvrir par la théorie et la pratique les métiers du cinéma

Destiné aux enfants scolarisés en zone d’éducation prioritaire, Les Enfants des Lumière(s) est un programme d'éducation artistique et culturelle créé par le CNC en partenariat avec les académies de Paris, Versailles, Créteil. Chaque classe participe pour une durée de deux ans à ce dispositif qui permet aux élèves de découvrir par la théorie et la pratique les métiers du cinéma.

Ainsi, du 13 au 16 octobre dernier s’est déroulé sur le site de l’Abbaye de Maubuisson le tournage du Voleur de 4 couleurs. Un court métrage écrit et réalisé par les élèves de 5e du collège Marcel Pagnol de Saint-Ouen l’Aumône (95), accompagnés par leurs professeurs et par des professionnels du cinéma.

Aux côtés de la réalisatrice et scénariste Angèle Gohaud, du chef opérateur Marc Wieviorka et de l’ingénieur son Rémi Chanaud, les élèves se sont essayés aux différents métiers du cinéma. « Nous avons repris le projet en septembre, après des mois de pauses dus au confinement. On a dû aller très vite, finir le scénario, trouver les décors, choisir les acteurs. C’était un vrai défi. À l’approche du tournage, j’ai senti l’implication des élèves arriver, implication qui a grandi au fur et à mesure du tournage. Ils se sont réapproprié le projet, ont pris des initiatives, fait des propositions de mise en scène... Ils ont vraiment pris à cœur leurs rôles en tant que techniciens, et ont pu cadrer, mixer, percher eux-mêmes, sous la houlette de Marc et Rémi. J’ai été très contente de les voir investis et autonomes dans le projet et j’ai l’impression que cela leur a permis de grandir et de développer un esprit d’équipe dans la classe. » raconte Angèle Gohaud.

Montrer qu’un métier, une passion peuvent être un plaisir inspirant

Ce qui a motivé Rémi Chanaud a participé à cette aventure ? « L’idée n’était pas celle d’avoir la prétention de former des perchistes ou ingénieur(e)s du son en 5e, ni d’à tout prix créer des vocations de futur(e)s technicien(ne)s du cinéma. Simplement, face aux élèves, j’avais envie de créer des envies pour l’après : qu’elles débouchent un jour dans les tournages ou ailleurs peu importe finalement, montrer qu’un futur (un métier et/ou une passion) peut être un joyeux plaisir inspirant, à condition d’être rigoureux, concentré, attentif. »

Après une première année où les élèves sont invités à découvrir l’univers du cinéma par différents biais (projection de films, décryptage des images, analyses en classe des techniques cinématographiques employées, construction d’une critique, rencontres avec des cinéastes, des techniciens, écriture d’un scénario…), la deuxième année est dédiée à la réalisation d’un court métrage avec l’aide des professionnels du cinéma (réalisateur, scénariste, chef opérateur, monteur…) et de l’équipe pédagogique.

La classe de 5e d’Elsi Mopin, professeure de français, et de Dorothée Poulle-Liégès, professeure d’anglais, toutes deux coordinatrices du dispositif, a ainsi écrit le scénario original et mis en scène Le Voleur de 4 couleurs. L’histoire de Lucas, un collégien qui a une fâcheuse tendance à voler des stylos, parti faire du skate avec son grand frère dont il est très proche. Quand son frère se blesse et perd connaissance, Lucas se retrouve transporté dans un univers parallèle...

Être dans un film, c’est s’amuser, prendre du plaisir, encourager le monde… cela nous rapproche

Une première expérience de cinéma qui suscite l’enthousiasme collectif : « Le dispositif Les Enfants des Lumière(s) porte très bien son nom : nos élèves ont été mis en lumière, non seulement sous le feu des projecteurs mais aussi en développant des connaissances et une confiance en eux précieuses et pérennes.» témoigne Elsi Mopin. « J’ai adoré quand je filmais, les acteurs étaient sérieux. J’ai aimé filmer, m’occuper du son, de la perche, c’était intéressant et pour une première fois, on a vraiment de la chance ! » explique la jeune Nour-Sherinne Ouaguer.

A la fois devant et derrière la caméra, les élèves apprennent rapidement à être sur tous les fronts. Oumar Camara révèle avec sérieux : « Je trouve que la vie d’acteur n’est pas toujours facile. J’ai aussi été caméraman (cadreur), et je me suis senti à l’aise pour filmer. J’ai l’impression que notre film sera très bien même s’il y a des faux raccords… je serai fier de moi quand on me verra dans le film ou à la caméra. Être dans un film ce n’est pas être la star, c’est s’amuser, prendre du plaisir, encourager le monde et ne pas rabaisser les autres. J’ai l’impression que cela nous rapproche. » Et Dorothée Poulle-Liégès d’ajouter : « Etant passionnée de cinéma, ce projet ne pouvait que m’enthousiasmer, mais il est aussi une réelle satisfaction car il aura permis de fédérer une classe et une équipe. Le tournage a été une semaine magique. Tous les élèves y ont pris part ! ».

A la suite du tournage du film, les élèves vont s’atteler au montage, qui devrait s’achever en décembre. Ils travailleront ensuite à la création de l’affiche officielle de leur court métrage, qui sera diffusé au printemps 2021 sur la chaîne Youtube du CNC.
 

La parole aux élèves

« Je ne savais pas qu’il fallait autant de choses pour tourner un film ! Parfois il fallait attendre et c’était un peu ennuyeux mais c’était super d’avoir fait la rencontre des professionnels, que je remercie. Leurs métiers sont très difficiles ! » Fenda Yatera.

« J’ai été ingénieur du son, puis après j’ai fait perchman, mais ça fait beaucoup travailler les bras ! On a eu cette grande chance d’avoir ce projet très bien, c’était la meilleure semaine du monde et Angèle était très gentille avec nous, ainsi que Rémi et Marc. J’espère les revoir un jour. » Rayan Hamraoui

« Sur le tournage, j’ai joué plusieurs rôles : acteur secondaire, réalisateur, making-of, etc. C’est un projet qui me tient à cœur et que je garderai en mémoire très longtemps. Je suis pressé de voir le résultat et de présenter notre film à tout le monde au CNC. » Mohamed Abderrahmane

 « Grâce à ce projet j’ai appris plein de choses mais ce que j’ai le plus aimé c’est les commandes du son. C’était une grande expérience pour moi. » Ikram Lahjaouj

 « Sur le tournage, j’ai fait un peu de tout, j’étais à la caméra, j’ai beaucoup aimé. Cela s’est bien passé, mais on a eu des péripéties comme la pluie, le froid, les personnes hors champ… » Jennyfer Matchelieu Fokam

 « J’ai appris des métiers dans le cinéma, comme ingénieur du son, perchman (perchiste), réalisateur, caméraman etc. J’ai passé des bons moments pendant le tournage. Merci à Angèle, Marc et Rémi pour tout ce qu’ils ont fait pour nous. Et merci aux professeurs aussi. » Abdoulaye Diam


Le CNC remercie la municipalité de Saint-Ouen-l’Aumône, les équipes du site de l’abbaye de Maubuisson et le conseil départemental du Val d’Oise.